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 Requiem for a dream [ Midorima ]

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Ailier Fort
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MessageSujet: Requiem for a dream [ Midorima ]   Sam 23 Sep - 13:49

...
Requiem for a dream.....
avec Midorima Shintaro



Les choses changent…. Parfois.

Le temps a beau faire office d’antalgique, il y a parfois des blessures tellement profondes qu’elles ne se referment pas. Il y a parfois des douleurs tellement fortes qu’on ne peut les supporter autrement qu’en cherchant à avoir encore plus mal ailleurs…. C’était un dilemme paradoxal. Soigner le mal par le mal….. Une notion que Shuzo Nijimura avait appris à connaitre et dans laquelle il était passé maitre dans l’art.

Tout était allé tellement vite qu’il n’avait pas eu le temps de comprendre ce qui lui était réellement arrivé. Tout s’était enchainé sans qu’il ne puisse rien faire pour l’en empêcher. Il le savait pourtant. La maladie de son père n’était pas quelque chose dont l’on guérit si aisément. On avait bien prévenu les membres de la famille Nijimura que les risques de rechute étaient élevés. Mais Shuzo n’y avait pas cru. Il s’était mis des œillère en se disant que s’il avait guéri une fois, il pourrait très bien surmonter cette épreuve encore une fois.

Sauf que ce ne fut pas le cas….

Son père était tombé malade exactement comme la première fois. Ses poumons s’étaient montrés fébriles. Il s’essoufflait, il toussait, il s’étouffait…. Son transfert médical dans un climat plus arride n’avait rien changé. Et quand Shuzo avait reçu un appel de l’hôpital pour l’avertir du décès de son père, ce dernier n’y avait pas cru spontanément. C’était qu’une farce. Une mauvaise blague comme celles que faisait souvent Izuki, son ancien camarade du lycée Seirin.

Shuzo avait tout laissé tomber. Son travail d’éditeur qu’il avait réussi à obtenir dans la même boite que son père, ses amis…. Il s’était centré sur lui-même pour amorcer une lente descente aux enfers qui n’était pas sans rappeler sa vie de jadis. Il avait beau essayer de se rattraper aux branches, il n’y arrivait pas. Il n’avait jamais eut aussi mal de toute sa vie. Le genre de douleur qui vous comprime le cœur au point de vous rendre fou.

Il avait commencé par ne plus se rendre à son travail. Il refusait tous les appels qu’on laissait sur son portable. Même à Tatsuya il ne donnait plus signe de vie. Même à Na-chan aussi…  Il avait racheté un paquet de cigarettes. Mon dieu….. Mon dieu ce que ça faisait du bien. Cette fumée âcre qui entre dans les poumons, cette sensation de bien-être et de soulagement. Il avait l’impression d’avoir un peu moins mal comme ça…. Mais ça ne dura pas bien longtemps…

Shuzo trainait les rues. Il airait souvent seul le soir et il était tombé dans un cercle vicieux duquel il lui était dorénavant impossible de s’extirper. La nicotine ne suffisant plus à lui offrir un peu d’apaisement il était passé à quelque chose de plus dur, de moins légale aussi…. Les trafics de stups, ce n’était pas ce qui manquait à Tokyo. Il suffisait simplement de savoir où trouver. Et ce jour-là, c’est justement ce que Shuzo allait chercher

Une cigarette entre ses doigts fins, il avançait dans la ruelle sombre en trainant les pieds. Il évitait de croiser son reflet dans les vitrines des boutiques qu’il était en train de longer. Il n’avait nullement envie de voir ce à quoi il ressemblait actuellement. Des cernes épaisses ayant élu domicile sous ses yeux gris, ses cheveux noirs plus longs qu’autrefois étaient en bataille autour de son visage au teint cireux qui trahissait son malaise. Shuzo était mal en point. Il avait perdu en muscle et paraissait plus maigre qu’avant. Plus de sourire sur son visage. Plus de brillant dans ses yeux…. Il se sentait vide, perdu…. Il se sentait davantage mort que vivant.

Au bout de quelques minutes de marches, il réussit à rejoindre l’endroit qu’il cherchait. Il y trouva un garçon portant une veste d’anorak noir. Sans hésitation aucune il s’approcha de lui et le regarda de yeux ternes

« Salut….. J’aimerai la même chose que la dernière fois »

Le mec eut un rictus tout en enfonçant ses mains dans ses poches

« Je crois pas non…..tu m’as toujours pas payé mec »


Shuzo piaffa d’agacement avant de le regarder. C’est vrai qu’il n’avait pas payé mais il été un peu à sec ces derniers temps. Pourtant il avait besoin de sa dose sans quoi ça allait réellement poser un problème grave et urgent

« Allez sois sympa…. Juste cette fois et je te paie les deux en une seule fois d’accord ?

- Ca va pas le faire non


-Je t’ai toujours payé putain ! Tu peux bien attendre une semaine de plus bordel ! »


Le mec l’empoigna par le col avant de lui donner un grand coup de pied dans l’estomac. Shuzo en eut le souffle coupé. Plié en deux, il ne vit pas l’autre coup arriver, là, dans sa nuque, l’assommant et le faisant tomber sur le sol

« Arrête tes conneries Nijimura ! Y a un mec du 13em qui dit que tu lui dois un paquet de thunes. J’ai pas envie que tu me prennes pour un pigeon alors démerde toi pour me payer et seulement après tu auras ce que tu veux ! »

Le brun affalé au sol eut un moment d’attente avant de se relever et d’agripper le manteau du dealer récalcitrant. Ce dernier le projeta contre terre vivement et Njimura sentit sa tête frapper contre le sol. Les coups se mirent à pleuvoir et il ne put que se recroqueviller pathétiquement pour se protéger. Même ça, ça ne faisait plus aussi mal qu’autrefois….

Lorsque l’autre homme eut fini, Shuzo resta un instant immobile, le corps endolori. Il se releva avec lenteur et gémit de douleur quand son corps tout entier lui envoya des signaux de détresse. Il n’aspirait qu’à une seule et unique chose : rentrer chez lui. Il ne s’était pas encore faire expulser de son logement, ce qui ne tarderait sans doute pas à l’allure où allait les choses, alors il voulait en profiter un minimum.

Quelques pas seulement finirent par le convaincre qu’il ne pouvait pas se permettre de rester dans cet état. Il peinait à se déplacer et sa vision se troublait un peu plus à chaque instant. Il devait se faire soigner…. Et tant pis pour les frais de santé, il aviserait une fois sur place.

L’endroit où il se trouvait n’était qu’à quelques encablures d’un hôpital de la ville. Il ne fichait de savoir lequel. Il n’allait pas faire la fine bouche en plus Il prit donc le chemin de cet établissement et une fois sur place, il évinça le regard inquiet de la secrétaire qui lui donna un dossier. Il s’en saisit et alla s’assoir pour attendre son tour. Le dossier entre les mains, il le regardait sans pour autant trouver la force de le remplir…. Il se sentait vaseux comme jamais et sa tête le lançait avec force. Il aurait tant aimé être chez lui….

Une infirmière aux cheveux noirs et ondulés s’approcha de lui et lui demanda de le suivre jusqu’à une salle de soin. Il obtempéra sans opposer de résistante et au prix d’un effort physique qui lui parut colossal, il arriva à rejoindre la destination indiquée. Il s’allongea sur le fauteuil de soin tandis qu’elle lui expliquait qu’un médecin allait venir s’occuper de lui. Très bien…. Qu’on en finisse rapidement et qu’il rentre à l’appartement.

La porte s’ouvrit quelques minutes plus tard. Il tourna la tête dans la direction du médecin qui faisait son entrée. Blouse blanche, stéthoscope autour du cou, il avait tout du toubib stéréotypé que l’on voyait dans les nombreuses séries télé. Toutefois la couleur de ses cheveux était amusante. Verte…. Tout comme ses yeux dissimulés derrière ses lunettes. Shuzo bloqua un instant sur cette silhouette qui semblait tout droit ressurgir de son passé. Il avait presque l’impression de rêver.

Les yeux légèrement écarquillés, il s’était redressé en position assise. Sa bouche s’était légèrement entrouverte alors qu’il reconnaissait enfin la personne qui lui faisait face

« Midorima ? C’est toi ? »


Le regard gris de l’ancien capitaine déchu passa sur le corps du garçon qui était autrefois son ami. Il se laissa retomber en position allongé, plaquant un bras en travers de ses yeux

« Super…. Manquait plus que ça….. »



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Arrière
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MessageSujet: Re: Requiem for a dream [ Midorima ]   Sam 23 Sep - 23:58

Requiem for a dream
feat. Nijimura Shuzo




La vie de Shintaro était réglée comme du papier à musique.

Si cela était déjà le cas lors de son entrée au lycée, une dizaine d’années plus tard cela était passé un cran au dessus. Rien n’était laissé au hasard et il suivait chaque jour un programme rigoureux sans aucune place pour l’imprévu. Si jamais un problème survenait, il avait forcément un plan B, voir un plan C. Et c’était le cas depuis le début de ses études supérieures.

A 25 ans, Midorima était un petit génie en sa profession. Sortit major de sa promotion lors de son diplôme de fin de lycée, toutes les portes lui étaient ouvertes et il avait naturellement choisi celle de la médecine. Après tout, il en rêvait depuis tout petit. Son entrée à l’université s’était passée sans accro mais ce fut plus difficile que prévu de quitter ses amis du lycée et surtout Takao qui avait choisi une voie complètement différente de la sienne. Bien sur le duo magique de Shutoku était resté en contact, et encore aujourd’hui, ils passaient la plupart de leur temps libre en commun ensemble.

Temps libre qui se faisait de plus en plus rare pour ne pas dire inexistant... Depuis un peu plus d’un an maintenant Shintaro était donc interne dans un hôpital de Tokyo, pas le plus gros ni le mieux côté, mais celui où ses capacités seraient les mieux mises en valeurs. Il avait été conseillé par l’un des professeurs de technique chirurgicale de son université qui avait tout de suite remarqué son doigté et sa précision en la matière. Il savait qu’il ferait des miracles dans quelques années.

Enfin, pour en revenir au temps libre de Midorima, ce dernier s’était bien amoindri depuis qu’il passait la plus grande partie de son temps entre les murs de l’établissement de santé, ne sortant que pour dormir –quand il ne le faisait pas dans les salles de repos- et faire quelques courses. Ses week-end de libre se comptaient sur les doigts d’une main depuis qu’il était là-bas et il n’avait eu qu’une seule et unique semaine de congés afin d’éviter le surmenage.

Du coup, il lui était devenu presque impossible de voir ses amis, mis à part Takao qui venait quand même lui rendre visite –ou l’embêter- quand il finissait son travail plus tôt, comme s’il n’avait rien d’autre à faire cet abruti. Il ne pouvait plus se payer le luxe de jouer au basket ou même un morceau au piano, sa famille se plaignait souvent de son absence, notamment sa sœur qui vivait mal son départ de la demeure familiale.

Pour dire les choses clairement, mis à part les patients qu’il rencontrait lors de ses consultations médicales, la vie sociale de Shintaro se réduisait au néant le plus total.

Mais il s’en convenait très bien, le vert n’avait jamais été un grand fan des contacts physiques poussés, si l’on écartait les différents coéquipiers qu’il avait pu avoir au basket, il ne fréquentait personne, et ceci n’était pas un hasard. Maintenant, il ne fréquentait plus que d’autres médecins, ou des malades et il n’avait aucun problème avec cette idée.

Bien sur, il ressentait parfois le manque de certaines personnes avec qui il eut partagé de bons moments lors de sa jeunesse, surtout Takao qui, même s’il l’embêtait, était vraiment un ami fantastique. Mais il n’était pas le seul, tous les joueurs ayant joué avec lui aussi bien à Shutoku qu’à Teiko lui manquait un peu... Cela faisait des années qu’il n’avait pas vu Murasakibara, Kise, ni même Nijimura. Pourtant il lui avait promis de rester avec lui, l’enfoiré. Enfin, la vie était ainsi faite, des entrées et des sorties, et maintenant il n’avait plus le temps de gérer ce genre de désagréments. Ceux qui voulaient rester le faisaient, les autres pouvaient bien partir et voler au vent qu’il ne courrait pas après.

Point rassurant pour quiconque connaissait l’ancien shooteur miracle, il n’avait en aucun cas abandonné son addiction pour l’horoscope d’Oha Asa et se baladait encore aujourd’hui dans tout l’établissement avec son objet chanceux. C’était d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle il était si connu dans l’hôpital et aux alentours. Il avait reçu un tas de questions à ce sujet, notamment de la part des patients qui se demandaient pourquoi, outre les cheveux verts, cet homme se baladait avec une passoire ou un vase en terre cuite... Il prenait toujours le temps de répondre clairement aux interrogations, espérant sortir toutes ces personnes de leur ignorance à ce sujet.

Aujourd’hui, son objet du jour était une peluche. Malheureusement, il n’avait absolument pas le temps de s’arrêter dans un magasin de jouets, il avait donc dû en prendre une qui était déjà chez lui, il avait choisi au hasard parmi les deux seules qu’il possédait et était parti à la hâte, s’il avait su que cette simple boule de poils allait ramener avec elle tous les souvenirs qu’elle contenait...

En fait il n’avait rien vu venir, tout comme la première fois qu’ils s’étaient retrouvés. Bien que cette fois-ci laissa un goût plus amer dans la bouche du vert. Ce dernier s’était dirigé en salle de soins après qu’une infirmière soit venu coupé court à sa pause, il termina son café en une gorgée et se saisit de son lucky item avant d’y aller. L’infirmière l’avait seulement prévenu que le patient semblait assez mal-en-point et faible physiquement mais rien de plus vu que le dossier ne semblait pas avoir été rempli. Midorima se saisi du document et d’un stylo avant d’ouvrir la porte et salua le patient avant de marquer un temps d’arrêt considérable en reconnaissant son identité.

-Bonsoir.

Il eut quand même un doute, après tout, il y avait beaucoup de japonais aux cheveux noirs, au teint pâle et... Non, il n’y avait que lui qui ressemblait à ça, enfin, disons plutôt qu’il l’aurait reconnu entre mille à force d’avoir posé son regard sur lui durant sa jeunesse... Même s’il ne ressemblait plus vraiment à celui d’autrefois.

-Midorima ? C’est toi ?

Le vert ne répondit pas, trop abasourdi par la vision devant ses yeux, il sentit son cœur se serrer violement, ça faisait mal, putain c’était douloureux cette sensation. Il ne savait pas ce que c’était, de la tristesse, de la déception, de l’amertume, de la colère, du dépit, de la rancune... Tout à la fois, c’était puissant et infect.

-Super…. Manquait plus que ça…

Midorima ne releva pas la remarque et se saisit de son stylo pour commencer à remplir le dossier sans avoir besoin de poser trop de questions, il savait déjà une partie des réponses, à savoir nom, prénom, date et lieu de naissance et groupe sanguin. Cependant, il appliqua le protocole à la lettre et fit comme s’il ne le connaissait pas, de toute façon, il ne le reconnaissait pas donc cela revenait au même.

-Bien, je suis Midorima Shintaro, je serais votre médecin, puis-je vous demander ce qui vous amène ici ?

Rien qu’en le regardant, Shintaro pu deviner que la santé de son très ancien capitaine était vraiment détériorée, pour ne pas dire qu’il était dans un état catastrophique. Maigre, les joues creusées et des poches énormes sous les yeux, il ne voulait pas y croire mais le brun semblait souffrir de démons bien particuliers.

La soirée allait être longue.




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Ailier Fort
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MessageSujet: Re: Requiem for a dream [ Midorima ]   Dim 24 Sep - 9:42

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Requiem for a dream.....
avec Midorima Shintaro



Shuzo n’avait plus conscience du néant total dans lequel sa vie était maintenant plongée. Il avait progressivement fait le vide autour de lui sans même s’en rendre compte. Ou si…. Si se rendait bien compte et n’en avait que faire. Il ne voulait pas de l’affection qu’on pouvait lui porter. Il ne voulait pas de l’aide qu’on pouvait lui offrir.

De fil en aiguille il avait évincé toutes les personnes qui tenaient à lui. La première à faire les frais de cette purge sociale fut Tetsuya Kuroko, son petit ami de l’époque. Ils avaient vécu ensemble depuis le lycée. Qui aurait pu croire que Nijimura le repousserait de la sorte après la mort de son père. Il aurait plutôt mieux valu qu’il s’accroche à lui pour ne pas sombrer. Mais il était tellement malheureux qu’il n’arrivait plus à voir toutes ces magnifiques choses que Tetsuya arrivait à lui apporter. Son sourire chaleureux au réveil, ses regards passionnés….. Toutes ces choses qu’il avait aimé et qu’il avait repoussé jusqu’à les détester. Il ne supportait plus ses mains sur son visage. Son regard, autrefois si envoutant, lui donnait dorénavant la nausée. Il n’arrivait plus à s’accrocher à lui et il était certain de ne plus vouloir s’accrocher à qui que ce soit. Ca faisait trop mal lorsque l’heure de la séparation inévitable arrivait. Tellement mal….

Alors même s’il l’avait aimé du plus profond de son être, Shuzo avait fini par repousser définitivement Kuroko. Ce dernier avait quitté leur appartement, ne laissant derrière lui que des traces de leur passé commun. Une brosse à dents, une paire de chaussons…. Autant de petits objets du quotidien qui avaient fini dans un sac poubelle que Nijimura avait jeté sur un coup de colère. Geste impulsif qu’il avait regretté après coup…. Tetsuya lui manquait….

Le cercle vicieux était lancé. Se faire mal pour oublier qu’on avait mal ailleurs….. Il avait lentement amorcé une descente aux enfers qui n’en finissait plus de le happer vers les ténèbres. Il en était arrivé à un point où il n’avait plus aucun regret. Il était persuadé qu’il ne manquerait à personne et qu’il n’avait plus sa place ici. Il ne faisait que faire souffrir tout le monde de toute façon…. Il faisait souffrir Tetsuya…. Il faisait souffrir Na-chan…..

Hideaki avait toujours occupé une place spéciale pour lui. Lorsqu’il avait commencé à déconner une nouvelle fois, elle s’était empressé de lui venir en aide et il s’était appliqué à la repousser comme il l’avait fait pour tout le reste de son entourage. Elle avait tenu bon plusieurs mois avant que Shuzo ne commette l’irréparable : il l’avait giflé sur un coup de colère. Elle était partie pour ne plus jamais revenir…. Et il n’était pas allé la récupérer non plus. Finalement, même si ça ne s’était pas passé comme il l’espérait, il avait réussi à accomplir son objectif : celui de se retrouver seul….

Il n’était pas fier…. Il avait même honte de lui lorsqu’il repensait au comportement odieux qu’il avait eut avec ses amis d’avant. Ils lui manquaient tellement…. Il avait tellement envie de les revoir, de passer du temps auprès d’eux comme autrefois. Mais tout ça n’était plus qu’une époque révolue. Quelque chose qui n’existerait désormais plus que dans ses fantasmes et ses espérances les plus folles.

Allongé sur son lit d’hôpital, Shuzo essayait de reprendre une respiration régulière. Il avait mal…. Tout son corps semblait être en feu…. Il tremblait. Il n’aurait même pas dû venir ici en fait. A peine l’avait-on fait entrer dans la pièce d’examen qu’il ressentait déjà le besoin pressant de devoir s’en aller. Les murs étaient tellement blancs qu’ils en devenaient presque éblouissants….

Lorsque la porte s’ouvrit et qu’il reconnut l’homme qui serait son médecin, il ne put empêcher une exclamation de surprise. Ses cheveux verts ne pouvaient appartenir qu’à une seule et unique personne…. Encore plus quand celui-ci portait dans ses mains une peluche qui avait visiblement un vécu chargé au vu de son pelage un peu élimé. Shintaro avait toujours été quelqu’un d’extrêmement soigneux, autant dire que ce nounours, qui devait être son lucky items, devait revêtir une importance particulière pour lui…. Elle lui disait quelque chose, cette peluche, sans qu’il arrive pour autant à resituer le souvenir. Son cerveau était embrumé tout comme ses pensées.

Il s’était laissé retomber sur le lit et avait mis son bras en travers de ses yeux. C’était dur d’être là, face à lui. S’il y avait bien une seule et unique personne sur cette planète à laquelle il aurait voulu épargner la vue de l’être pathétique qu’il était devenu, c’était lui….

-Bien, je suis Midorima Shintaro, je serais votre médecin, puis-je vous demander ce qui vous amène ici ?

Un petit rire s’échappa des lèvres de Shuzo. C’est un rire un peu enrayé, comme s’il avait perdu d’habitude à force d’avoir tant pleuré ses derniers mois. Il retira son bras de ses yeux et il ouvrit ses derniers qu’il braqua sur son médecin, vu que c’était ainsi qu’il s’était présenté. Tout en grimaçant, il se redressa en position assise avant de prendre la parole d’une voix serrée par la douleur et la fatigue

« Arrête ton cinéma tu veux ? Depuis quand tu me vouvoie ? Je sais parfaitement qui tu es pour t’avoir embrassé à deux reprises…. Alors sois gentil, épargne-moi ta mascarade »

Shuzo se laissa retomber mollement sur son lit, sa tête s’enfonça dans l’oreiller moelleux qui y était posé. Une mèche de ses cheveux noirs tomba sur son visage alors qu’il se plaça en position fœtale recroquevillé sur le côté afin d’essayer de soulager un peu l’une de ses cotes particulièrement douloureuse. Quitta à être maintenant confronté à Midorima, autant se laisser complétement aller. Il n’y avait plus rien a sauver chez lui. Plus de fierté. Plus d’égo….. Il était qu’un déchet et Shintaro allait avoir le temps de s’en apercevoir par lui-même. Il avait toujours était un garçon brillant et intelligent. Il n’allait donc pas mettre longtemps à comprendre l’addiction dans laquelle Shuzo s’était noyé.

« Ne me regarde pas comme ça…. »

Allez quoi ! Il était médecin, des jeunes paumés comme lui, il avait dû en voir des tas durant sa carrière. Un de plus ou un de moins….

« Tu vas me poser une tonnes de questions bien pénibles j’imagine…. »


Il prit une grande inspiration qui dilata ses poumons et lui arracha une grimace qui déforma son visage. Putain… ça faisait longtemps qu’il n’avait pas eu aussi mal… il avait perdu l’habitude de recevoir des coups et dans ses souvenirs les plus lointains il ne se souvenait pas que c’était si atroce à supporter. Ou alors souffrait-il d’autre chose ?

« Nijimura Shuzo…. 27 ans…. Tokyo ….. Né le 10 juillet. C’est ça que tu voulais ? J’ai tellement une sale tronche que tu n’avais pas reconnu…. Note que je ne peux pas t’en vouloir…. Je me reconnais pas non plus quand je croise mon reflet dans le miroir le matin …. »

Nijimura ferma les yeux. Il aurait aimé être loin d’ici. Loin de lui… et parallèlement il était rassuré que ce soit Midorima qui s’occupe de son cas. Il avait l’impression que la prise en charge des soins ne serait pas aussi pénible à ses côtés. Les hôpitaux…. Il avait tellement horreur de cet endroit…. Il y avait passé trop de temps au chevet de son père. Et tout ça pour quoi ? Pour rien…. Pour qu’il disparaisse…. Pour qu’il l’abandonne….

Une nouvelle grimace crispa son visage alors qu’il se recroquevilla un peu plus. Penser à son père lui était toujours aussi douloureux. Cela faisait presque un an et il n’avait toujours pas réussi 0 surmonter la tristesse pour faire son deuil. Il vivait braqué vers le passé, trainant sa nostalgie et sa mélancolie comme des boulets à ses chevilles….

Il rouvrit ses yeux et son regard gris, légèrement voilé et humide se posa sur Midorima

« Tu vas m’aider ? »

Plus qu’une simple question. C’était presque une supplication. Il mettait tout son orgueil de côté pour quémander son aide…. Pourquoi maintenant ? Pourquoi à lui alors qu’il s’était appliqué à dégager chaque personne qui avait essayé de l’aider ? Ses yeux d’un verts si brillants, son visage à la fois si doux et sévère…. Shuzo prenait-il enfin conscience qu’il ne servait à rien de se noyer dans les ténèbres et que cela ne lui ramènerait jamais la personne qu’il avait perdu….



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MessageSujet: Re: Requiem for a dream [ Midorima ]   Lun 25 Sep - 0:07

Requiem for a dream
feat. Nijimura Shuzo




Shintaro n’avait jamais touché au tabac ni à la drogue. Quelques fois à l’alcool pendant les repas de famille où il était coutume d’en boire un verre, et il avait été bourré par Takao afin de fêter son passage à la majorité, mais rien de plus. Ce n’était pas tant le côté illicite ou néfaste pour la santé qui repoussait le vert, bien qu’il ne faisait rien pour se mettre en danger, mais c’était plutôt qu’il ne voyait pas l’intérêt de tels « plaisirs ».

Paradis artificiels, il n’y avait pas de meilleur mot pour les définir. Une sensation de bonheur, d’allégresse, de bien-être, d’oubli de soi, de supériorité, la sensation de voler... Pour finir par se brûler les ailes et s’écraser au sol douloureusement. De l’argent parti en fumée ou liquider et mélanger dans son propre sang. Attaquer son corps avec un poison déguisé en félicité. Dépendre d’une poudre, d’une bouteille et d’une tige de goudron, d’une seringue ou d’un cachet... Tenter de s’évader, abandonner un monde trop cruel pour un imaginaire illusoire, et revenir brutalement à la réalité en ayant envie de repartir pour plus longtemps encore.

Non, rien de tout cela n’intéressait Shintaro. Et son avis avait été renforcé par la visualisation des dégâts de ces produits sur divers patients.

Déjà physiquement, c’est ce qui était visible en premier lieu, la manière la plus simple de reconnaître ces personnes dévorées par leurs démons. Amaigris, pâle à la limite du transparent, l’air fatigué avec des cernes et des poches creusés à la pelle, le regard terne, et toujours cette expression de désespoir... Ils avaient tous besoin d’aide sans oser la demander, sans même vraiment la vouloir au final. Mais le pire était à l’intérieur, les poumons, le foie, le sang, le cœur, les artères, tout était à foutre en l’air.

Outre la santé, il y avait aussi l’argent, l’alcool, la drogue et le tabac représentaient toujours un budget considérable, notamment lorsque les personnes addictes le sont au point de quitter leur boulot. Sans revenu et avec des dépenses aussi conséquentes, la plupart finissaient à la rue ou endettés après n’avoir pu payer loyer et factures.

Une mort sociale et mentale, isolement et rejet des autres, paranoïa, dépression, solitude, mélancolie, manque, addiction. Un bonheur artificiel et éphémère qui permet d’oublier un instant ses problèmes avant d’en accumuler de nouveaux.

Midorima avait vu assez d’alcooliques et de drogués pour savoir comment les reconnaître, et il n’aurait jamais cru trouver ces critères en lui. Il ne lui avait suffi que d’un coup d’œil sur son visage creusé et son teint blafard pour le deviné. Et bordel c’était trop douloureux, il avait voulu pleurer sur le coup, et le frapper aussi, lui foutre une bonne beigne pour lui remettre les idées en place. Seulement il semblait en avoir reçu assez pour la soirée et ce n’était pas la peine d’aggraver ses blessures, il était venu pour se faire soigner et non pour que cela empire.

Nijimura Shuzo, capitaine de la génération des miracles et ancien joueur respecté de basket. Il n’avait pas fait un brillant parcours scolaire, mais le brun avait toujours su attirer l’attention et susciter l’admiration de Midorima. Et il avait fait battre son cœur si vite, si fort, il avait hanté ses rêves et ses pensées. Il avait été comme une partie de lui, une petite partie, aussi bénéfique que douloureuse pour lui.

Et il venait à nouveau de rentrer dans sa vie, presque aussi violemment que la dernière fois, il y a 10 ans.

Jamais il n’aurait pensé vivre ça un jour, c’était comme si on venait de lui arracher le cœur et qu’on sautait à pieds joints dessus, le voir comme ça, si mal en point, ce n’était pas possible. Pas lui.

Shintaro s’était toujours attendu à devoir un jour soigner un de ses anciens amis, Murasakibara pour du diabète, Kise pour intoxication au parfum, Kuroko pour indigestion au milkshake, Aomine pour des problèmes sportifs, Takao parce qu’il se serait fait rentré dedans à force de traverser sans vérifier à gauche et à droite... Mais jamais il n’aurait cru possible de voir Nijimura Shuzo...souffrant de problèmes de drogue. Du moins c’est ce qu’il semblait refléter, et Shintaro ne s’est que peu de fois trompé, malheureusement.

Comment était-il tombé là dedans ? Pourquoi ? Aucune idée, mais il voulait le savoir. Et puis il ne pouvait rester les bras croisés dans sa blouse alors qu’il semblait tellement souffrir.

-Arrête ton cinéma tu veux ? Depuis quand tu me vouvoie ? Je sais parfaitement qui tu es pour t’avoir embrassé à deux reprises…. Alors sois gentil, épargne-moi ta mascarade.

Ah oui ces baisers, il s’en souvenait très bien. C’était ses deux premiers, et il devait bien avoué que le second était bien mieux que le premier. Il ne pensait d’ailleurs pas qu’il s’en rappellerait, après tout Nijimura avait du embrassé un tas de gens, alors que Shintaro... Cela se comptait sur les doigts d’une main.

Midorima posa la peluche sur le bord d’une commode et s’approcha de la table de soin avec un tabouret à roulette avant de s’asseoir dessus et de regarder son patient impassiblement et en silence.

-Ne me regarde pas comme ça…

Le regard de jade ne bougea pas et il continuait de le fixer, imperturbablement, toujours sans aucune parole. Il n’avait rien à dire de toute façon, il ne savait pas quoi dire, il ne savait pas par quoi commencer. Une morale ? C’était idiot, Nijimura devait bien savoir que c’était mal. Il ne pouvait pas non plus faire comme si de rien était et lui demander des nouvelles, c’était évident que sa vie était sans doute un fiasco complet et qu’une tonne de problème menaçait de s’échouer à tout moment pour l’emporter encore plus loin. Il se sentait si mal devant lui, comme s’il avait triché à un moment donné, comme si ça vie à lui ne lui revenait plus quand il le voyait souffrir autant.

-Tu vas me poser une tonnes de questions bien pénibles j’imagine… Nijimura Shuzo…. 27 ans…. Tokyo ….. Né le 10 juillet. C’est ça que tu voulais ? J’ai tellement une sale tronche que tu n’avais pas reconnu…. Note que je ne peux pas t’en vouloir…. Je me reconnais pas non plus quand je croise mon reflet dans le miroir le matin ….


-J’ai déjà noté tout ça.

Le vert se permit de soupirer légèrement, chose qu’il n’aurait jamais fait devant un patient normal, mais le cas devant lui était loin de l’être. Et puis ils avaient mélangé leur salive alors il pouvait bien se permettre d’expulser de l’air un peu plus vite en sa présence, voilà.

-Comme si je pouvais ne pas te reconnaître, tu es encore plus bête qu’Aomine quand tu t’y mets.


Et pourtant ce dernier n’avait pas la lumière à tous les étages.

Midorima baissa les yeux sur sa feuille et remplissait encore quelques lignes d’observations. Il n’avait pas envie que ce soit vrai, mais les faits étaient bien devant lui, c’était dur d’écrire tout ça, de savoir qui était là, on l’avait prévenu que son métier n’était pas des plus faciles pourtant.

-Tu vas m’aider ?

La question avait cloué sur place le médecin et il fixait le brun devant lui en silence, pendant quelques instants qui avaient dû paraître des heures pour chacun d’eux. Toujours sans lui avoir répondu, Shintaro se leva de son tabouret et s’approcha de la table ou l’autre était allongé.

-Tu ne serais pas aussi mal en point je t’aurais giflé. Et tellement fort que tu en aurais perdu toutes tes dents espèce d’abruti. Tu m’as bien regardé ? Tu as cru que j’allais te faire 3 pauvres pansements et que j’allais te laisser partir ? Je croyais que tu me connaissais mieux que cela...


Cette fois, le vert poussa un soupire d’exaspération et posa le dossier encore dans ses mains pour attirer à lui une petite table avec divers instruments.

-Tu peux t’asseoir ? J’aurais besoin de t’ausculter.

Le brun semblait peiner à se mouvoir mais il réussit tout de même à se redresser en position assise. Le plus dur était plutôt pour Midorima à l’instant, il saisit le tshirt du brun dans les mains et, tout en rougissant légèrement, l’aida à le lui retirer. D’habitude il n’avait aucun problème avec ce geste et il avait déshabillé beaucoup de monde depuis son internat, sauf que là, c’était quand même Nijimura... Et qu’il s’était déjà imaginer exercer le même geste, mais dans d’autres finalités... C’était donc gênant à souhait.

-Hm... Désolé mais je dois le faire... Tu comprends bien qu’avec un tshirt ce n’est pas évident... Et puis...puis voilà...

Une fois le vêtement retiré, il le plia et le déposa dans un coin avant que son regard ne se pose sur le torse amaigri et rempli d’hématomes de son ancien capitaine. Il l’avait déjà vu ce torse lors de l’adolescence, mais jamais dans cet état, même s’il se battait quelques fois. Il garda cependant un regard neutre, ne voulant pas que Shuzo décèle une quelconque de ses interrogations intérieures, ce n’était pas le moment qu’il se sente jugé ou autre.

-Bien, je vais commencer par vérifier ton souffle et prendre ta tension, et je te soignerai après.

Midorima s’approcha du corps et retira son stéthoscope de son tour de cou pour le planter dans ses oreilles et l’approcher de sa poitrine.

-Attention c’est froid. Tu vas prendre une grande inspiration et expirer fort.





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Requiem for a dream [ Midorima ]
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