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 Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]

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Ailier Fort
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Date d'inscription : 21/07/2016
MessageSujet: Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]   Mer 26 Oct - 19:17

...
Rendez-vous arrangé peu arrangeant...
avec Haizaki Shougo



Alors…. Au choix : soit le voisin du dessus fait quelque chose urgemment pour que son abrutit de clébard arrête de japper toute la nuit. Ou soit c’est moi qui me charge de le faire taire…. A vie ! Non parque là, je commence en à avoir plein le derrière de passer mes nuits avec les hurlements du cabot en guise de berceuse. Je n’ai jamais fait de mal à un animal mais si ça continu comme ça, je vais finir par passer à l’acte. Au diable les associations de protection des animaux. Vous voulez ma place et dormir deux heures par nuit ? Nan ? Voila, on est d’accord

J’ai eu beau me retourner dans le lit, allumer mon mp3 et mettre mon casque sur les oreilles, rien n’a faire. Je l’entendais toujours. Sérieux, j’ai même frappé au plafond avec un balai… ouais…. Comme une petite mémé. Ca crains. Je fais autohonte là.

C’est donc de cette charmante manière que ma journée commença. 8h du matin, le chien ne dit plus rien. Foutage de gueule. Je ne sais pas ce qui me retiens de mettre ma musique à fond là tout de suite maintenant. Juste pour le plaisir de réveiller le voisin du dessus et de lui pourrir sa matinée autant qu’il m’a saccagé ma nuit. Mais non. Je fais rien. Je suis bien élevé…. Au lieu de ça je file sous ma douche et je m’habille. Un jeans, une ceinture, un sweat léger à manche trois quart. Je parcourt le chemin qui sépare ma salle de bain de ma cuisine –  en gros je fais deux pas quoi….. – et je me prépare une tasse de thé. Un thé noir. Bien serré. Et sans sucre. Il me faut au moins ça pour me réveiller. Etrange…. Comment est-ce que je peux avoir besoin d’être réveillé alors que je n’ai pas dormi ? Bah…. Je suis trop fatigué pour méditer là-dessus.

Pas de cours aujourd’hui. Heureusement vu qu’on est samedi. J’aurai pu profiter de mon week end comme bon nombres d’étudiant mais au lieu de ça je vais me rendre à mon baito au karaoke pour gagner de l’argent. Oh je ne me plains pas, bien au contraire. Je trouve même ca plutôt cool de pouvoir gagner des yens pour se payer ensuite ce que l’on veut sans avoir à quémander auprès de papa et maman. Je n’ai jamais quémandé quoique ce soit à mes parents et très tôt j’ai su assumer mes besoins et mes envies seul comme un grand  ( oui… une partie en volant mais c’était y a longtemps ! Prescription ! ) . Haaaaaaa je fantasme déjà sur ce que je vais pouvoir m’offrir avec mon tout premier salaire fraichement acquis : une guitare.

J’ai commencé à apprendre à jouer de la guitare à Los Angeles. Au début, ça ressemblait à rien et je n’avais pas songé que les cordes puissent faire à ce point mal aux doigts. Mais finalement, j’ai progressé et j’ai pris de plus en plus plaisir à travailler mes accords et à pouvoir sortir quelques petites mélodies. J’aurai bien pris ma guitare avec moi quand je suis revenu à Tokyo mais j’étais déjà chargé comme une mule. Tant pis,je m’en payerai une neuve à l’occasion. Une belle guitare sèche. Ou une guitare folk. Haaaaaaa j’hésite !

Mais bon, l’heure tourne et pour le coup je n’ai plus le temps d’hésiter. Je dois rejoindre le karaoké sinon je vais finir par me faire tuer. Je ne suis jamais arrivé une seule fois en retard et je ne pense pas qu’Imayoshi ait à se plaindre de mon travail. Mais ce type est un poil bizarre et mon petit doigt me dit que je ferai bien de ne pas lui donner l’occasion de me reprocher quoique ce soit….

J’attrape ma veste, je ferme mon appartement et je me rends au boulot. Sur le chemin j’ai mis mon mp3 en route et j’ai posé mon casque sur les oreilles. Le temps passe plus vite ainsi et comme je n’ai aucune envie de prendre les transports en commun il va me falloir un petit moment pour arriver jusqu’à mon lieu de travail.

Comme chaque matin depuis que je suis revenu à Tokyo j’attends le message de Shin-chan. Il ne tarda pas à arriver sur ma boite de réception et un sourire étire mes lèvres. Il me souhaite une bonne journée et me conseille de me munir de mon lucky items – un cachalot…. – car nous ne sommes que 8em au classement.

Un cachalot…. Je ne peux m’empêcher de ressentir une pointe de compassion pour mon ami alors que je sais qu’il va parcourir toute la ville à la recherche d’une peluche à l’effigie de cet animal.

Mes doigts pianotent rapidement une réponse à son attention

Hey Shintaro ! Merci beaucoup pour le conseil. A vrai dire c’est plus d’un bon lit que j’aurai besoin… Bon courage pour trouver le cachalot du jour. Passe une bonne journée


Je m’apprêtais à ranger mon téléphone dans ma poche quand il se mit à vibrer. Mon sourire s’élargit de nouveau en voyant que je venais de recevoir un message de Na-chan. Elle me demandait si j’avais passé une meilleure nuit et si j’avais trouvé un moyen d’assassiner discrètement le chien du voisin. La pauvre… je n’ose même pas lui dire que ce fut encore pire que toutes les nuits précédentes. Je n’eus même pas le temps de lui répondre qu’un second message de sa part fit vibrer mon téléphone. « J’ai une surprise pour toi aujourd’hui ! Ne me demande pas ce que c’est, tu verras à ton karaoke »

Une surprise…..

Ce qu’il y a de con avec les surprises c’est qu’on ne sait jamais si elles sont bonnes ou mauvaises. Vous avez déjà ressenti ça vous ? Vous savez, quand on vous dit «  J’ai une surprise ! » et que vous souriez bêtement en répondant «  super » mais qu’intérieurement une petite voix en vous vous murmure « putain fais chier qu’est ce que ca va être cette merde ». Bah voila… c’était exactement ce que je ressentais à ce moment-là. Enfin… je me rassure quand même en me disant qu’il s’agissait de Na-chan et que venant d’elle, cela pouvait qu’être une bonne surprise. Et puis la perspective de la voir passer me faire coucou au boulot rend cette journée un peu meilleure. Je suis impatient ~

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Qui dit samedi dit aussi plein de clients ! En temps normal…. Parce que là pour un samedi c’est carrément super calme. Tellement que je suis accoudé au comptoir en train de regarder les gens passer sur le trottoir devant la vitrine. Mes paupières sont lourdes et ne demandent qu’à se fermer. Mais je lutte.

Il faut dire qu’il fait plutôt beau dehors. Nous sommes au printemps, les cerisiers sont en fleurs et tous les japonais se pressent dans les parcs pour les admirer. La saison de la floraison est tellement courte qu’il faut en profiter durant ce petit laps de temps. C’est convivial, on retrouve ses amis, on rit, on mange, on boit plus que de raison… Je me souviens encore d’un Hanami qu’on avait passé avec les gars de la bande. C’était le dernier avant mon départ. J’avais arrêté mes conneries depuis un moment mais je passais encore les voir de temps en temps. Ce Hanami là avait été super. On avait ri, on s’était amusé, on avait tous oublié momentanément nos problèmes. J’avais même fais une photo de Na-chan sous un cerisier aux pétales roses qui virevoltaient autour d’elle. Elle était chouette cette photo. Je l’ai encore dans un dossier de mon pc.

Imayoshi arrive et me demande d’aller apporter les consommations dans la 7. Je prends un plateau et je regarde le morceau de papier sur lequel est indiqué la commande. Je prépare les boissons et je vais les apporter dans la salle. Je suis accueilli par trois filles bien plus jeunes que moi qui me sourient. Je leur répond et dépose tout sur la table. L’une d’entre elle, une brune avec deux tresses sur le côté du visage qui n’est pas sans me rappeler ma petite sœur, m’explique qu’elles ont un soucis avec la machine à Karaoke. Je vais donc la dépanner et lorsque c’est fait je retourne au comptoir. Je commence à faire un peu de rangement histoire de ne pas être payé à rien foutre mais Shoichi m’explique qu’un client vient d’arriver et que je dois m’occuper de lui dans la salle 3.

Je me dirige donc vers cette fameuse salle et je frappe à la porte avant d’y pénétrer. L’espace d’une fraction de seconde je me demande si je ne me suis pas trompé ou si le garçon en face de moi est bien celui que je crois. Mais ça semble être le cas parce qu’on dirait qu’il est tout aussi surpris que moi.

« Haizaki ? »

Bah mince alors… Je ne m’attendais pas à le revoir. Et encore moins ici. Je lui aurais bien demandé ce qu’il foutait la mais la réponse semblait tellement évidente que je m’abstiens pour ne pas passer pour un parfait crétin.

« Je ne m’attendais pas à te voir ici. Tu es de retour dans la capi… oh attends…. »

Tilt ! Une petite ampoule s’illumine dans mon cerveau. Na-chan n’avait-elle pas parlé d’une surprise au karaoké ? Okay… d’accord…. Je vois le genre de la surprise….. La petite peste. Elle avait arrangé un coup monté pour faire venir Haizaki ici. Qu’on ne me fasse pas croire que parmi les milliers de Karaoke de la ville il soit tombé dans l’unique ou je travaille…. Tsss…. Qu’est ce que je disais sur les surprises hein ??? Des fois j’en ai marre d’avoir raison…

« Laisse-moi deviner. C’est Hideaki qui t’a rencardé ici. Je suis désolé de te décevoir mais je crois qu’elle ne viendra pas…. Ça sens le coup monté à des kilomètres à ronde si tu veux mon avis. Et si tu le voulais pas, je m’en fou je te le donne quand même. »

Je me laisse tomber dans une banquette moelleuse de la salle.

« J’ai horreur de ce genre de plan foireux mais maintenant que tu es là tu vas par te taper le chemin du retour à Shizuoka sans boire un coup. Tu veux quoi ? »


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Ailier Fort
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MessageSujet: Re: Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]   Jeu 27 Oct - 16:04

"Non mais tu plaisantes, aller à Tokyo en moto ! Ça va prendre une éternité et ça va coûter la peau du cul en essence ! Non et non : tu prends le bus comme d'habitude. Ça coûte déjà bien assez cher comme ça. On a des soucis d'argent je te rappelle, il n'y a pas idée d'acheter une moto hors de prix dans une situation pareille. Légalement tu n'as même pas le droit de la conduire en plus ! Haizaki Shougo, des fois je me dis que je devrais t'emmener moi-même au commissariat ; une nuit au frais te ferait le plus grand bien !".

Ça tourne en rond dans ma tête comme un vieux manège. J'm'étais juré de plus jamais monter dans c'foutu bus. Et pourtant v'là que j'en descends. Après un savon pareil, j'ai pas trop eu l'choix faut dire. Ça va qu'la journée promet d'être sympa parce que c'est l'genre de truc qui m'fout en boule pour plusieurs jours. Ce qui m'emmerde le plus, c'est qu'elle a raison. Et que ça m'fait culpabiliser. Je DÉTESTE culpabiliser. Ça m'fout un goût crade en bouche, comme si j'avais bouffé d'la terre. J'lui rapporterais ptet une babiole histoire d'la calmer, même si j'sais qu'elle m'engueulera parce que j'aurais encore dépensé d'la thune pour rien. C'ma mère, j'aime pas la mettre comme ça. Enfin.

Chanter m'fera le plus grand bien. J'ai rendez-vous avec Hideaki dans un nouveau karaoke. J'sais pas trop pourquoi elle m'y fait v'nir alors qu'on a des habitudes. Elle a ptet des copines à m'présenter ? Pourvu qu'ce soit pas un mec... ça s'rait la meilleure celle-là, tiens ! Nan, c'est forcément autre chose. Il fait bon dehors à c't'heure, c'est sympa, mais après deux clopes grillées elle arrive toujours pas et j'aime pas trop avoir l'air d'un clochard comme ça d'vant le machin. J'rentre.

Bonjour m'sieur, une salle fumeur pour deux siouplaît, oui parfait voilà, merci. Plus qu'à attendre. C'est ni moche ni joli. Sofas, table basse, écrans, sono, micros... ça ressemble à tous les autres karaoke que j'connais. J'regarde un peu c'qu'on nous propose : les grands classiques de la j-pop, les trucs à la mode, les sempiternelles chansons traditionnelles... pour sûr, c'pas pour l'originalité que Hide m'a traîné ici ! J'vais lui envoyer un texto à la pouffiasse, ça commence à sentir l'roussi cette histoire. Elle me l'aurait dit si elle avait dû décommander, nan ? Toc toc, entrez.

Et là...

Là je sais pas c'qui s'passe. Mon cerveau fait un gros blanc. Limite y'a l'bruit de l'ordinateur qu'a planté. Soit j'ai une méga hallu soit le serveur qui vient d'rentrer ressemble comme deux gouttes d'eau à Shuzo. J'le regarde, il m'regarde, il dit mon nom et il s'met à m'parler mais je bite rien de c'qu'il raconte. Cette voix...

C'est une blague ? Une fissure dans l'espace-temps ? Y'a un énorme truc qui bouillonne en moi. Un mélange de nostalgie, d'ahurissement et une colère... une putain d'colère qui vient du fond d'mes entrailles. Hideaki, p'tite connasse, c'est pour ça qu'tu voulais m'emmener ici ? Parce que tu savais très bien que si tu m'disais que cet enfoiré travaillait ici, j'allais t'cracher à la gueule ? Et toi là ! Shuzo... tu m'parles comme si de rien n'était, comme si ça f'sait pas mille ans qu'on s'était pas vu et qu'tu t'étais pas barré à l'autre bout du monde. Tu t'prends pour qui sérieux ? De t'radiner comme ça dans MA salle de karaoke, dans MA vie ? J'retire c'que j'ai dit : ça va être une journée d'merde.

J'sais même pas quoi dire. J'en tremble putain. J'arrive même pas à penser correctement, j'ai juste envie d'le frapper. J'ai envie d'tout défoncer dans ce karaoke à la con. T'as pas changé putain. T'es le même. T'as grandi ouais, tu m'sures bien trente centimètres de plus qu'au collège. Mais ton visage, tes cheveux, tes yeux... j'les connais par coeur. J'ai envie d'te prendre dans mes bras. Tu m'as manqué enfoiré ! J'suis trop content d'te revoir mais bordel j'ai envie d'te démolir la face. C'est pas tout ça mais faut qu'je sauve la mienne, parce que là ça commence à devenir super bizarre.

"- "Tu veux quoi ?", tss... t'es sérieux ? Ça fait un siècle qu'on s'est pas vu et c'est tout c'que tu trouves à dire ? Ça t'a pas apporté beaucoup d'neurones les states !"

J'ai un rire nerveux. En fait j'dis rien d'plus intelligent que lui. Hide va en entendre parler. Le savon d'ma mère c'est rien à côté de c'qui l'attend. Elle va s'en manger une j'crois. Sacrée p'tite conne...

"- Pu-tain j'te jure. C'est un plan foireux t'as raison. J'me suis tapé trois heures de bus moisi pour m'éclater au karaoke et à la place j'me tape le retour de Shuzo en mode Jedi : on a rien vu v'nir, c'est la surprise du siècle !"

J'peux pas lui dire que j'ai envie d'le câliner comme un nounours, y'aurait rien d'plus bizarre. J'peux même pas être d'accord avec moi-même là-d'ssus. Alors j'le regarde avec un visage mi-amusé mi-furax, les coudes posés sur les g'noux, comme un chiard qui vient d'voir le Père Noël.
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Ailier Fort
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MessageSujet: Re: Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]   Ven 28 Oct - 8:54

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Rendez-vous arrangé peu arrangeant...
avec Haizaki Shougo


Depuis ce matin je savais que ça serait une journée pas comme les autres. Et une fois de plus je ne me suis pas trompé : c’est une journée spéciale. Shougo Haizaki est là, devant moi. Ca en revanche je ne l’avais pas vu venir. Il a tellement changé que j’ai mis plusieurs secondes avant de réaliser que c’était bien lui. Ses cheveux n’ont plus cette couleur cendrée que je lui ai connu au collège. Ils ne sont plus aussi hirsutes non plus. Sa coiffure et leur couleur d’ébène accentuent encore plus son côté voyou. A croire qu’il faisait tout pour grossir le trait de bad boy que tout le monde veut lui coller. Il joue à fond la carte de la provocation. Comme moi à l’époque où j’avais teint mes cheveux en blond pisseux…. J’ai bien cru que ma mère allait faire une crise cardiaque quand elle m’a vu revenir comme ça à la maison…

Na-chan est une petite maline, y a pas à dire. Mah…. Je ne lui en veux pas pour avoir organisé ce coup monté. Si elle ne l’avait pas fait, j’imagine que Shougo n’aurait jamais voulu me revoir. Et à vrai dire, je ne crois pas que j’aurais été chaud pour le voir moi aussi. Et pourtant, maintenant qu’il est en face je peux difficilement cacher la satisfaction que j’ai de l’avoir retrouvé. Il a beau m’envoyer son regard noir plein de mépris et de rancœur. Je ne lui en veux pas car je sais que c’est justifié. L’amertume de la culpabilité, je connais, j’ai ce sale gout de merde dans la bouche depuis quatre ans alors je ne suis plus  à un peu plus d’acidité prés…

- "Tu veux quoi ?", tss... t'es sérieux ? Ça fait un siècle qu'on s'est pas vu et c'est tout c'que tu trouves à dire ? Ça t'a pas apporté beaucoup d'neurones les states !"

Un sourire étire les lèvres. Moi aussi je suis heureux de te retrouver Shougo. Bah quoi ? C’est bien ce qu’il cherche à me dire non ? Depuis le temps que je le connais, je sais interpréter son langage particulier. Et vu qu’il n’y a qu’ainsi qu’il sait exprimer ses sentiments, je vais lui répondre de la même manière

« Bah quoi ? Je ne vais pas te laisser crever de soif. J’ai pas envie d’avoir un cadavre dans mon karaoké. Ca ferait désordre et j’ai pas envie d’être viré ».

Je soupire. Tout ça me replonge bien des années en arrière et la nostalgie a choisi un bien étrange moment pour remonter à la surface. Shougo et moi on se ressemble tellement. C’est pour ça qu’on se tapait dessus aussi souvent autrefois… J’étais bien plus jeune que lui quand j’ai touché le fond du trou. Shougo prenait le mauvais chemin et j’avais envie de lui éviter de se retrouver au raz des pâquerettes comme je l’avais été. A cette époque c’est Na-chan qui m’a aidé à remonter la pente. Je pensais pouvoir être celui qui aiderait Haizaki à remonter la sienne…

Sauf que je me suis planté. Et en toute beauté….

Il a beau dire toutes les conneries qu’il veut sur le basket et son désintérêt pour ce sport. On me la fait pas à moi. Je savais très bien que le basket était le seul filet qui lui restait pour le pas tomber dans le gouffre. Il s’y donnait à fond, il faisait partie d’un groupe. Alors oui quelques fois il faisait des rechutes en séchant l’entrainement, en n’arrivant pas à l’heure ou en ne venant pas aux matchs. Mais un pain dans la gueule et un coup de pied au cul suffisaient en général à le reconnecter avec la réalité.

Quand Akashi l’a viré de l’équipe je m’y suis vivement opposé. Selon moi c’était la plus grosse des conneries à ne pas faire. Je n’avais rien contre Kise, bien au contraire. Je le trouvais excellent et très prometteur mais cela ne justifiait aucunement de dégager Shougo comme cela avait été fait. Je me rappelle encore de ce jour comme si c’était hier. J’étais allé trouver Akashi dans les vestiaires et je lui ai dit ma façon de voir les choses. Kuroko et les autres avaient senti le vent de la tempête arriver et ils s’étaient rapidement carapatés pour nous laisser seuls. Je voulais lui faire prendre conscience de la connerie monumentale qu’il venait de faire. Pour notre équipe mais surtout pour Shougo. Mes yeux gris s’étaient heurtés à ceux d’Akashi. Et ma colère faisait face à son insensibilité. Il avait eu ces mots qui résonnent encore au fond de moi. « C’est moi le capitaine maintenant. Mes décisions sont irréfutables et absolues. Même toi tu peux plus rien contre ça ».

Ca m’avait fait mal. Mon orgueil avait été piétiné et ma confiance en lui avait été bafouée. J’avais l’impression de me sentir trahi. Comme si j’avais donné au diable les clefs du paradis… En quelques mots Akashi m’avait détruit. Je ne m’étais pas senti aussi mal depuis longtemps. La santé de mon père était telle que le reste de ma famille était déjà partie aux Etats-Unis. Je vivais seul à Tokyo. Je perdais le basket et tout ce que j’avais…. J’avais l’impression de n’être plus rien d’autre qu’un pantin dans les mains d’un capricieux destin. J’avais tellement mal que j’avais soudainement envie de quitter tout ça. Ma famille me manquait et je voulais la retrouver. Je voulais quitter Teiko qui, par le biais de son nouveau capitaine, m’avait rejeté. Je voulais quitter Midorima qui était myope comme une taupe et qui ne me voyait pas. Je voulais quitter Shougo et ses emmerdes, j’avais déjà tellement à faire avec les miennes…

Ce soir-là j’ai quitté Teiko plus furieux que jamais. Na-chan m’a retrouvé dans notre QG dans un état épouvantable. Un clope dans la main gauche, une bière forte dans l’autre et la tronche à moitié défoncée d’avoir dû me battre contre des connards qui avaient squatter notre banc. Elle ne m’avait pas fait la morale. Elle avait bien vu que ça n’allait pas. Elle m’avait juste pris dans ses bras et moi…. J’avais pleuré sans être capable de lui expliquer quoique ce soit.

Après ça, j’ai essayé de trouver Shougo. Je voulais lui parler. Je ne voulais pas qu’il pense que moi aussi je l’avais abandonné. Mais Haizaki a toujours été quelqu’un d’imprévisible et d’insaisissable. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser avoir eu raison : le basket était bien son dernier filet qui l’empêchait de sombrer et maintenant qu’Akashi lui avait retiré, Haizaki était sans doute parti en cacahuète quelque part…. Et puis le jour de mon départ à Los Angeles est arrivé. Quatre ans se sont écoulés avant que je le retrouve, le cul posé sur la banquette de mon karaoke.

"- Pu-tain j'te jure. C'est un plan foireux t'as raison. J'me suis tapé trois heures de bus moisi pour m'éclater au karaoke et à la place j'me tape le retour de Shuzo en mode Jedi : on a rien vu v'nir, c'est la surprise du siècle !"

Je ris ouvertement et je ne peux m’empêcher de lui sortir un truc trop tentant

« En mode Jedi….. Attends de voir mon sabre laser, là tu serais vraiment surpris ! »

Je me tasse dans le canapé moelleux. Ils sont confortables ces banquettes finalement. Je bosse ici quasi quotidiennement et je réalise que je ne m’étais encore jamais assis dedans. Faut dire que le karaoke est flambant neuf. Manquerait plus qu’on ait du mobilier pourri ça serait la honte quand même.

«  Si ca peut te rassurer, ce matin je ne m’était pas non plus préparé à retrouver ta tronche… Sympa ta nouvelle coupe, tu dois les faire tomber comme des mouches avec ça »

Un long soupire s’échappe de mes lèvres. Je m’avachi carrément dans le canapé et repose ma tête sur l’arrière de la banquette. Je ferme les yeux.

« J’imagine que ca te démange de m’en coller une. Note que je ne peux pas t’en vouloir… à ta place j’aurai aussi envie de me défouler un bon coup. Et, en toute franchise, je le mérite bien »



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Ailier Fort
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MessageSujet: Re: Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]   Jeu 1 Déc - 17:15

Ah bah s'il est d'accord sur l'fait qu'il mérite un bon coup d'poing dans la tronche, j'ai plus rien à faire !

Je sais pas c'qui me retient d'lui en foutre un. J'ai vraiment envie d'lui éclater la tronche et d'le démolir à l'intérieur aussi. Fumier, tu m'as abandonné... tu m'as laissé seul comme un con alors que j'avais besoin d'toi. T'étais un vrai pote, j't'aimais plus que mon propre frère. Et t'es parti. J'sais que t'as pas vraiment choisi, ça sentait l'sapin pour ton daron et que si t'avais pu, tu l'aurais soigné d'un coup d'baguette magique. Je sais tout ça. Mais j'peux pas m'empêcher d't'en vouloir à mort. T'as pas idée de c'que ça m'a fait. Tu m'as trahi. Et ça fait mal putain d'repenser à tout ça d'un coup. J'pensais avoir foutu tout ça aux oubliettes, ton nom, ton visage, même ton ancienne adresse, et d'un coup ça m'revient comme un boomerang dans la face. J'ai rien oublié en fait. J'voulais juste pas y penser parce que bordel, ça fait mal.

Ça m'fait mal mais en même temps j'kiffe. Tu m'parle avec ton flegme naturel et ça fait du bien. Ouais ça fait du bien de t'avoir tout près comme ça après des années. C'est naturel, j'ai pas à m'casser la tête avec toi. Les p'tites habitudes reviennent tout d'suite. J'suis content qu'tu sois revenu au pays. Ça veut dire qu'ton père va mieux ? Ça fait combien temps que t'es revenu d'ailleurs ? J'me rends compte que j'ai des tas de questions à t'poser. Mais plutôt que parler, j'me lève, j'fous mes mains dans mes poches et j'te fais face. J'te regarde de haut, j'en profite quelques secondes. J'essaye même pas d'jouer au dur avec toi, j'sais que ça prend pas de toute façon, mais mon regard doit quand même être furax. J'inspire.

"- Tu m'as d'mandé c'que je veux. J'veux l'alcool le plus fort que vous servez dans c'foutu karaoke : m'en fous du prix, apporte carrément la bouteille et case-toi une bonne heure de pause parce qu'on va avoir des choses à s'dire."

Voilà, c'est tout c'que j'parviens à sortir. J'arrive pas à atterrir, j'ai l'impression d'être comme dans un d'ces rêves chelous qu'on sait que c'est un rêve mais qu'on contrôle pas pour autant. J'aimerais remonter l'temps pour rater mon bus et en même temps, j'ai envie d'avancer pour être trois mois après et agir avec Shuzo comme si de rien n'était. Zapper cet instant bizarre où j'sais pas quoi dire et pas quoi faire, où j'me reconnais à peine tellement j'suis ému. Y'a vraiment que toi pour m'foutre dans un état pareil, p'tit con...

Va chercher cette foutue bouteille et quand tu r'viendras, je s'rai d'attaque pour mieux t'parler. Mais steuplaît vas-y vite parce que j'crois que j'vais pleurer et j'ai pas envie que tu m'vois comme ça.
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Ailier Fort
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MessageSujet: Re: Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]   Sam 10 Déc - 0:25

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avec Haizaki Shougo



Honnêtement je ne sais pas ce qui est passé par la tête d’Akina. Elle nous connait tous les deux sur le bout des doigts. Elle devait fatalement se douter que ce genre de rencontre n’allait pas nous mettre de bon poil. J’ai encore un peu de mal à réaliser d’ailleurs. Ce mec devant moi est-ce vraiment Haizaki. Le doute n’est plus permis mais mon cerveau refuse d’assimiler l’information.

Il ne dit rien après ce que je viens de lui lancer. Je le vois juste se lever et venir se planter devant moi. Les mains dans ses poches et son regard hargneux braqué sur moi. Il aurait fait pisser dans son froc n’importe quel blaireau avec sa tête de bad boy et son air mauvais. Mais moi, j’en ai connu d’autres et des plus coriaces. Je ne vacille pas. Je ne détourne pas le regard non plus. J’encre mes iris grise dans ses yeux noirs. Il veut me coller un marron ? Je ne vais pas l’en empêcher. Je l’aurai bien mérité ce pain dans la gueule après tout….

Mais non, j’attends et rien ne vient. Pas de coup de poings. Il ne m’agrippe pas par le col pour le jeter au sol non plus. Il ne fait rien d’autre que me surplomber de toute sa hauteur en me déversant ces quelques paroles qui étirent mes lèvres dans un sourire semi amusé, semi satisfait

"- Tu m'as d'mandé c'que je veux. J'veux l'alcool le plus fort que vous servez dans c'foutu karaoke : m'en fous du prix, apporte carrément la bouteille et case-toi une bonne heure de pause parce qu'on va avoir des choses à s'dire."

Une bouteille d’alcool ? Rien que ça ? Il ne voulait pas un pétard et un rail de coke en supp ? Non mais !

Pour l’heure de pause cela pourrait peut-être s’arranger par contre. Je me lève et me retrouve à sa hauteur. Je le pousse un peu pour pouvoir passer et me diriger vers la porte. Je l’ouvre puis je me retourne pour le regarder

« Tu poses ton cul sur le canapé et tu bouges pas. Je te préviens que si tu as l’intention de te tirer pendant que je suis partie tu risques fort de t’en mordre les doigts ! »


Haizaki n’était pas quelqu’un de lâche au point d’utiliser un subterfuge si couard mais j’ai bien remarqué qu’il n’a pas l’air dans son état normal. Il est chamboulé par nos retrouvailles. Qu’il veuille l’avouer ou non. Ses yeux brillent d’une lueur étrange. Son visage est plus fermé aussi. Je suis vraiment désolé de le mettre dans un tel état émotionnel mais je ne vais pas m’excuser pour autant. Parce que je suis bien trop heureux de le retrouver après tant d’années. Et Shougo avait raison sur un point : ils allaient avoir beaucoup de choses à se raconter

Finalement après quelques négociations que je suis certains de regretter plus tard, Imayoshi a accepté de me laisser une longue pose. A charge de revanche m’a-t-il dit. Je ne peux m’empêcher de me demander quelle sera la revanche en question…

Je vais dans le frigo et je prends un litre de coca. Je profite de la présence de Shoichi pour qu’il puisse m’encaisser afin qu’il ne pense pas que je vole la marchandise du karaoké. C’est du passé tout ça. S’il fut un temps où je n’en aurait rien eut à cirer de voler un truc, maintenant ce n’est plus le cas. Je suis reparti moi ! ouais !

Armé de mon litre de soda et de deux verres, j’entre dans la pièce où Haizki m’a attendu. Je vois tout de suite à son regard que la boisson apportée ne correspondant pas à ses attentes. Je ne lui laisse pas le temps de protester et je pose tout sur la petite table et se m’affale à côté de lui

« Non ce n’est pas de l’alcool et non je n’irai pas te chercher autre chose. Désolé si ca ne te plait pas mais notre établissement interdit la vente d’alcool aux mineurs… Je viens tout juste d’être embauché ici, j’ai pas envie de me faire virer même si c’est pour ta belle gueule »


Je m’enfonce un peu plus dans le sofa et je croise ma jambe droite par-dessus mon genou gauche. D’un signe de tête, je lui fais comprendre que s’il a soif il peut se servir. Qu’il ne compte pas sur moi pour jouer les barmans !

«  J’ai une heure de pause. Je suis tout à toi…. »


Je tourne la tête et ancre mon regard dans le sien

« J’ai l’impression que tu as changé et à la fois pas tant que ca… C’est bizarre… » Je soupire « Faudra que je pense à remercier Na-chan…. A vrai dire, je suis réellement content de te retrouver Shougo …. »



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MessageSujet: Re: Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]   Jeu 22 Déc - 16:09

J'ai pas l'intention d'me casser.

J'suis pas lâche à ce point, j'ai juste envie d'chialer tranquille. Et dès qu'il passe la porte j'ai aucune peine à m'laisser aller. Je déteste pleurer mais y'a des moments comme ça où ça sert à rien d'lutter. Alors j'chiale comme un gosse qui vient d'apprendre la mort d'sa mamie. Je m'effondre dans un des canapés d'la petite pièce et je m'écoute sangloter. C'est pas des gros pleurs non plus mais quand on m'connaît c'est l'équivalent des chutes de Nachi. J'pose une main devant mon visage, j'renifle, mes épaules tressautent un peu, j'ai du mal à respirer. C'est la détresse. J'pourrais réfléchir mais j'ai pas envie. D'toute façon j'aurais trop d'mal à organiser tout l'bordel dans ma tête.

Shuzo pourrait revenir à tout moment alors j'me force à me calmer quand même. J'ai vraiment pas envie qu'il m'voit comme ça. Ça lui f'rait trop plaisir. Non, c'pas ça. En fait ça lui f'rait peut-être peur et même si ça lui f'rait une bonne leçon, j'ai pas envie de l'inquiéter. J'relève la tête, mes yeux tout gonflés par les sanglots, j'renifle une dernière fois et j'soupire pour évacuer. Ça fait du bien n'empêche. Pas d'mouchoir alors j'utilise la vieille technique de la manche ; c'est crade mais efficace. Voilà, j'suis zen. J'suis de nouveau moi.

Il entre pile à c'moment. Et j'repère tout de suite que c'est pas une bouteille d'alcool qu'il m'a rapporté. J'écoute son excuse avec un air déconcerté et j'en reviens pas. Mec, t'es tellement rentré dans les clous ! La dernière fois que j't'ai vu tu séchais les cours ET les punitions qu'allaient avec, et maintenant tu m'dis que tu respectes le règlement intérieur ? Tu t'la joues serious business et c'est moi qu'a changé ? C'est l'hôpital qui s'fout d'la charité ! Tu m'arraches un pouffement de rire, ducon. J'ris parce que j'sais pas quoi faire de c'que tu viens de dire.

"- Ouais."

Va falloir trouver mieux. J'le regarde, j'essaye de construire une phrase correcte dans ma tête avant d'la dire et d'un coup j'me demande pourquoi j'ferais des efforts comme ça pour ce mec.

"- C'était cool les states ? T'as dû voir des trucs géniaux et rencontrer plein d'monde, hein. Entre les gratte-ciel, les nénettes et ton père t'as pas dû manquer d'occupations. D'ailleurs t'en as tellement pas manqué qu't'as même pas trouvé l'temps pour m'envoyer une carte ou un mail ou j'sais même pas quoi pour m'dire que t'allais bien. J'étais là comme un con à m'demander mais bon bah, au bout d'un moment j'ai laissé tomber quoi. Tu m'as rapporté un p'tit souvenir au moins j'espère !"

J'avais pas vraiment l'intention d'être aussi sec et ironique mais d'un autre côté, il l'a pas volé. J'le mate à la recherche de désolation quelque part dans ses yeux. J'tiens pas à c'qu'il demande pardon, c'est trop tard d'toute façon, ça sert plus à rien. Mais s'il pouvait souffrir un peu, ressentir au moins une once de c'que moi j'ai ressenti, ça m'ferait plaisir.
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Ailier Fort
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MessageSujet: Re: Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]   Ven 30 Déc - 23:47

...
Rendez-vous arrangé peu arrangeant...
avec Haizaki Shougo



Honnêtement si on m’avait  dit ce matin que je reverrai Haizaki dans la journée, je ne sais pas si j’aurai eu le courage de me lever. Je serai certainement resté en mode loque sous ma couette, préférant faire la carpette plutôt que d’affronter mes responsabilités.
Parce qu’à son sujet, j’en ai un paquet, de responsabilités. Shougo doit certainement être celui qui me déteste le plus sur cette planète. Et pourtant, durant ma courte vie j’en ai déçu des gens… Mes parents, mon petit frère, Na-chan…. Le seul que je n’ai peut-être pas déçu ça reste Midorima. Un exploit.

Forcément que je suis  responsable de ce qui lui ai arrivé, à Haizaki. Il s’est fait dégager comme un malpropre par Akashi et je n’ai pas levé le petit doigt pour l’aider. J’étais tellement tourmenté par ma propre vie que je n’ai pas réussi à me préoccuper de celle des autres. Je le savais pourtant. Je savais qu’il aurait fallu que j’aille le trouver pour avoir une conversation avec lui. Au moins pour lui afficher clairement mon soutient et l’informer que je n’étais d’accord avec les agissements du nouveau capitaine. Mais je n’en ai pas eu l’occasion. Et Haizaki a du se mettre à penser que je faisais le mort et que je me fichais pas mal de lui maintenant qu’il ne faisait plus parti de l’équipe. C’était faux… bien évidemment….

Puis mon départ… Je me suis taillé comme un voleur. Honteusement. En catimini. Je n’ai rien dit à personne. Il n’y avait que Akashi et Shintaro qui savaient où je me terrais. J’étais malheureux comme ce n’est pas permis de l’être. Bien trop malheureux pour me soucier de Shougo. Je crois même que s’il serait venu vers moi je l’aurai envoyé balader. Qu’est-ce que j’en avais à faire de ses petits problèmes à cette époque ? Mon père était mourant, on m’obligeait à quitter mon pays…

Mais tout ça c’était du passé maintenant. J’étais de retour. J’ai beau avoir envie de renouer les liens avec les personnes d’autrefois, je ne suis pas assez con pour croire que ça serait possible ou même facile. Mais maintenant qu’Akina avait tout bien  négocié pour que je me retrouve nez à nez avec Shougo, autant y aller franco !

Quand je me pointe avec les boissons qui ne sont pas celles qu’il escomptait, je vois à sa mine blasée que je le déçois. Boire un verre ou même une bouteille avec lui ne me fait pas peur ! C’est pas comme si ça serait la première fois. Mais là, je suis au taff et j’ai pas vraiment envie de pointer au chômage pour sa belle gueule. J’ai besoin de thunes ! J’ai vu une putai… une belle paire de basket que j’aimerai pouvoir m’offrir ! Ca, et ma guitare !!

«  Fais pas cette tronche. Si tu veux vraiment qu’on se bourre la gueule ensemble on se fera ca un jour où je bosse pas »

Et un jour où il n’y aura pas Imayoshi dans un périmètre de moins d’un mètre… Qui sait ce que mon collègue serai capable de dire ou de faire s’il ne voyait raide ! Il serait même capable d’aller raconter ça à Takao ( parce qu’ils sont potes parait-il…. Le monde et d’une étroitesse effarante… ) qui allait le dire à Midorima… et bim ! Je vais me retrouver avec un sermon en bon et due forme sur le dos. Merci mais je passe mon tour. Du coca c’est bien aussi…

Je me fous dans le canapé et je regarde Shougo. La remarque acerbe que j’attendais ne met pas longtemps avant de fuser. Je me la prends en pleine gueule et en plein cœur . Et c’est pas ce que j’ai connu de plus agréable. Dissimulé sous cette petite intervention sympa se cachait une ironie à peine atténuée et pleinement assumée par le brun.

"- C'était cool les states ? T'as dû voir des trucs géniaux et rencontrer plein d'monde, hein. Entre les gratte-ciel, les nénettes et ton père t'as pas dû manquer d'occupations. D'ailleurs t'en as tellement pas manqué qu't'as même pas trouvé l'temps pour m'envoyer une carte ou un mail ou j'sais même pas quoi pour m'dire que t'allais bien. J'étais là comme un con à m'demander mais bon bah, au bout d'un moment j'ai laissé tomber quoi. Tu m'as rapporté un p'tit souvenir au moins j'espère !"

Ses yeux sont rougis… Je le vois bien malgré tout ce qu’il tente de faire pour me le cacher. Il a pleuré… Je prends une seconde claque dans la gueule. Je me rend compte à quel point mon absence a du être compliqué à gérer pour lui. Je ne pensais pas autant…. J’ai vraiment déconné sur toute la ligne avec lui. Et ça m’énerve parqueuse rien de ce que je pourrai dire ou faire ne saura excuser mon comportement et mon silence pendant ces quatre dernières années. Je me retrouve dans la même impasse que celle dans laquelle j’étais avec Na-chan. Comment expliquer à quelqu’un qu’on l’a abandonné ? Parce qu’en définitive c’est ce que j’ai fait pour tous les deux… j’ai beau me cacher derrière des arguments à deux balles… je les ai abandonné… Lâchement… pour me protéger… et sans penser à eux…. Quel con.

« C’était cool ouais…. »

Je me penche pour prendre la bouteille de coca. Je m’en serre un verre mais je ne serre pas Shougo. S’il a soif il a qu’à se sortir les doigts et se servir tout seul comme un grand.

« Y a plein de filles qui se baladent à moitié à poils. Perso je m’en tape un peu des meufs… Je préférais mater les mecs torses nus sur la plage…. Les beaux surfers, tu vois le genre ?  Y a plein des palmiers, la mer, la chaleur… Je pouvais fumer des clopes sans qu’on viennes m’emmerder et je ne n’avait plus le basket pour ruiner mes journées de repos… Que demander de mieux ? »

D’ailleurs… en parlant de fumer… Shuzo s’en serait bien griller une là, tout de suite maintenant. Il avait promis à Midorima de ne plus fumer une fois de retour à Tokyo mais la tension était tellement grande entre lui et Shougo qu’il avait besoin de l’évacuer d’une façon on d’une autre.

« J’imagine que t’as pas une clope à me dépanner…. »

Finalement je me léve sans rien ajouter et je sors en laissans la porte ouverte derriére moi. Je sais qu’un de mes collègues, Daisuke, est fumeur. Je vais a l’accueil lui emprunter une cigarette et son briquer avant de retrouver Shougo. Je referme la porte et allume le petit batonet blanc salvateur. Je le porte à mes lèvres et aspire la fumée. Désolée Midorima…. C’était ou pleurer comme un gamin….  

« Je ne te suffit pas comme cadeau ? Mon retour n’est pas la plus belle chose au monde que tu espérais ? Je suis déçu…. Vraiment…. »

J’évite son regard en tournant la tête sur le côté. C’est bien plus difficile que ce que j’avais imaginé… Je n’avais d’ailleurs pas pensé pouvoir le revoir un jour. Et être confronté à lui me donne l’impression de me reprendre tout mon passé en pleine face d’un seul coup. Mes erreurs comme mes succès. Mes moments de bonheurs comme ceux de détresse…. Tout refaisait surface et je n’arrivais plus vraiment à gérer. Ma main tenant la cigarette se faisait un peu plus tremblante. J’espère que Haizaki ne l’aura pas remarqué

« Je suis parti sans rien te dire…. Parce que je ne pensais pas avoir un jour la chance de revenir. C’était égoïste de ma part. Mais je préférais couper les ponts une bonne fois pour toute avec ma vie à Tokyo…. Je pensais…. Idiotement sans doute… que ça me ferait moins mal que de continuer à vous parler, à vous savoir poursuivre votre vie sans moi à vos côtés. »

Je le regarde enfin

« Et je n’ai aucune autre excuse à te donner…. Et je ne pense pas avoir le droit de te demander de me pardonner. »




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Ailier Fort
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MessageSujet: Re: Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]   Jeu 16 Fév - 17:29

J'écoute pas c'qu'il répond.

J'voulais pas de réponse en fait. J'sais pas c'que je veux. Est-ce que j'veux quelque chose au moins ? À part qu'il souffre un peu, voire beaucoup. À part ça, ouais, est-ce que j'veux la moindre chose ? À l'évidence non. Du coup j'arrête d'écouter dès les premiers mots et j'regarde ailleurs, j'essaye de l'ignorer mais juste le flot d'sa voix m'rappelle qu'il est là. Et plus j'l'entends parler, plus j'ai envie qu'il la ferme. Ça m'intéresse pas. J'm'en fous. Ta gueule. Il s'barre un instant chercher sa clope à la con, j'en profite pour faire le point. J'devrais me casser. C'est c'que je devrais faire mais j'reste vissé là comme un débile et quand il revient, quand j'le vois à nouveau, ça s'remet à bouillir en moi.

J'l'ai sentie. La p'tite émotion cachée au fond d'sa gorge alors qu'il fait genre qu'il plaisante. Ça met tout mon corps en alerte. D'un coup mes oreilles sont dressées, à l'écoute comme celles d'un prédateur. J'serre mes poings au fond d'mes poches. Mon coeur s'emballe. Y'a un truc qui vient, j'le sens. J'le vois à ses doigts peu assurés sur sa clope. Ça y est, plus rien n'm'échappe. Et ça y est, il craque, j'entends enfin c'que j'veux entendre.

La peine. Le regret. La douleur. J'les savoure. J'peux presque les voir aussi bien qu'la fumée de sa clope, ça flotte dans l'air et ça embaume la pièce. Ça vient s'greffer dans mon corps et c'est tellement bon. J'me sens victorieux. C'est d'la jouissance qui coule en moi, en même temps qu'la colère. Ouais, d'la colère parce que ce p'tit enfoiré, quand même, il est bien en train d'avouer qu'il a voulu m'mettre de côté pour penser qu'à sa gueule. Il est bien en train d'dire qu'il a fait exprès de pas m'contacter ; il savait c'que ça ferait mais il l'a fait quand même. Il m'a délibérément fait mal. Il savait qu'ça ferait plus mal qu'un coup d'poing ou qu'un coup d'couteau. Il sait c'que c'est la trahison. Et il m'la imposée en toute conscience. Parce que c'était mieux pour lui.

Quand ses yeux s'accrochent aux miens, j'espère bien qu'il y voit toute ma haine. Parce que là c'est clair : j'le hais. Comme j'ai rarement haï quelqu'un. J'crois bien qu'la seule personne que je hais autant c'est mon père. Et Shuzo sait que putain, j'le hais comme personne peut le haïr. Alors ouais, j'espère que là il se chie bien dessus en m'regardant.

J'prends le temps de savourer sa p'tite gueule déconfite et j'lui en laisse pour mesurer l'impact de ses paroles. Il sait que quand j'vais parler à mon tour, ça va faire mal. Alors j'le laisse un peu crever de l'intérieur avant d'me décider.

"- On est au moins d'accord sur un truc : t'as pas l'droit de m'demander pardon. Parce que c'que t'as fait, Nijimura, ça se pardonne pas."

J'insiste sur son nom d'famille. Il sait c'que ça implique : les prénoms, c'est pour les potes.

"- Tu pensais pas revenir mais maintenant t'es là. T'es là en face de moi et tu m'dis, j'entends bien, que t'es parti sans rien m'dire parce que tu voulais pas m'le dire. Tu m'dis que c'était plus confortable pour toi de disparaître comme ça en laissant tout c'que t'avais construit derrière toi. Ah, nan, pardon : tout ce qu'ON avait construit. Toi et moi. Ensemble, comme des frères. C'était bien la peine de t'faire chier tiens ! Tout c'que tu m'as mis sur la gueule parce que tu pensais bien faire, toutes ces fois où, putain, tu m'as emmerdé pour que j'fasse des choses "bien". Ça a servi à quoi, finalement, tout ça ? Hein, Niji ? Ça a servi à quoi de faire en sorte que j't'aime pour que finalement tu t'barres en catimini comme le pire des lâches sans rien m'dire ? À moi, ton pote, ton frère. Tu savais très bien c'que ça allait faire. Tu l'as fait quand même. Et maintenant t'es là d'vant moi, mais tu m'as trahi. J'te faisais confiance et tu m'as trahi."

J'le regarde, j'observe. J'vois des milliers d'trucs : du remord, d'la souffrance, de l'injustice. D'la colère. D'la rage même. Des souvenirs qui passent quand j'les évoque et oh... est-ce que ce s'rait une larme au coin d'ses yeux ?

"- Finalement, c'est une bonne chose que tu sois r'venu ici. Tu t'manges dans la gueule tout c'que tu pensais pouvoir éviter. Ça t'atterrit d'ssus comme ça : boum. Ptet que ça va t'apprendre une leçon. Mais, franchement, quelqu'un comme toi... je pensais t'connaître, Niji, mais en fait pas tant que ça. Quelqu'un comme toi, est-ce que ça peut apprendre de ses conneries ? Hein ? Réponds."

J'tremble. J'suis tellement en pétard putain. J'ai envie d'lui fracasser la gueule, d'lui péter les dents une à une, d'les lui faire bouffer, qu'ça perfore son estomac et qu'il crève noyé dans son sang. Et encore j'suis gentil. Trahir Haizaki Shougo, ça mérite un sort bien plus douloureux. Surtout quand, comme lui, on a été mon meilleur pote. La personne en qui j'avais le plus confiance, la meilleure personne que j'ai jamais connue et qu'j'aimais comme j'ai jamais aimé qui qu'ce soit.

Et merde. Quand j'y r'pense, j'ai envie d'chialer. J'pensais pas qu'un jour j'aurai envie d'lui faire aussi mal. Ça aurait jamais dû arriver que j'veuille le voir mort. Ça fait un mal de chien à l'intérieur.
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MessageSujet: Re: Rendez vous arrangé peu arrangeant [PV Haizaki ]   Jeu 16 Fév - 21:59

...
Rendez-vous arrangé peu arrangeant...
avec Haizaki Shougo


Je le sais. Je n’ai pas la peine de regarder Shougo pour savoir dans quel état il doit être ou ce qu’il doit penser de moi. Je sais qu’il est furieux et qu’il m’en veut plus qu’à quiconque sur cette planète. Je pense avoir réussi l’exploit de me faire détester de lui encore plus que son minable de père. Mais en fait, de minable, je ne vaux pas mieux que son paternel. C’est pour ça que j’avais besoin d’une clope, promesse ou pas promesse à Shintaro, je m’en fou. J’ai besoin de quelque chose pour essayer de me calmer…. Une camomille ça aurait aussi pu faire l’affaire peut-être…. Ou un narcoleptique ? ça m’aurait évité de débiter des conneries ou d’entendre les horreurs que Shougo me balance à la gueule

Ha parce que ça fait mal, ses paroles, et pas qu’un peu. J’aurai tout autant préféré qu’il me foute un coup de genou dans le ventre ou qu’il m’éclate la tête contre un mur. Je suis sure qu’au bout du compte j’aurai eu moins mal qu’avec ces mots assassins qu’il me lance avec une telle haine dans son regard.

Je ne sais pas c’est quoi qui me fait le plus mal. Est-ce que c’est l’entendre m’appeler par mon nom de famille. Il était le seul à m’appeler «  Shuzo » et non pas «  Nijimura-senpai ». Je ne l’avais jamais présenté ainsi mais il a entièrement raison en disant avoir été comme mon frère… Et je m’en aperçois que maintenant, trop aveuglé autrefois par mon avis de le tirer de la merde dans laquelle il était en train de s’enliser. Je pensais avoir réussi. Je pensais que le basket était un tremplin formidable pour Haizaki, tout comme il l’avait été pour moi avant lui. Mon frère… oui… un frère de cœur avec lequel j’avais plus d’affinité que mon propre frère de sang. Un frère que j’ai aidé, avec lequel on a construit une amitié, construit une vie rien qu’à nous deux…. Un frère que j’ai laissé de côté, que j’ai abandonné sans plus lui donner de nouvelles… un frère que j’ai tout simplement rayé de ma vie. Et pour quoi ? Parce que c’était plus facile pour moi…. Parce que j’ai songé qu’à me protéger au lieu de le protéger lui. Tu parles d’un senpai…. Je suis qu’un connard… et Shugo m’en fout plein la gueule pour bien me faire prendre conscience de ce que je lui ai fait endurer.

Je suis en colère. En colère contre lui… en colère contre moi surtout… Je sais que je ne devrais pas mais je n’arrive plus à contenir mes sentiments. Les yeux de Haizaki sont fixés sur moi et son attitude est clairement provocante et accusatrice. Je bondis d’un coup sur mes jambes et j’écrase le reste de mon mégot sur le cendrier avec rage. J’ai mal… je me sens blessé au plus profond de moi-même. J’ai fait une connerie dans ma vie, celle d’avoir essayé de me protéger en quittant le Japon sans rien dire à personne. Parce que pour une fois, une seule et unique fois dans ma vie j’ai pensé un peu à moi et pas aux autres. Voilà le résultat : tout le monde me le colle dans la gueule maintenant que je suis de retour ! Na-chan, Haizaki… A qui le tour ? Next, je vous attends !

J’avance vers lui et je le choppe par le col. Mes mains tremblent et je ressert davantage ma poigne pour essayer de me contrôler sans qu’il ne voit à quel point je suis hors de moi. A quel point je l’attaque pour essayer pathétiquement de me défendre. Ma voix est plus nerveuse, j’ai du mal à la contrôler et je lui hurle presque dessus sans quitter son regard de mes yeux dans lequel on doit discerner un amalgame de tristesse, de rage, d’amertume, de douleur… surtout la douleur…

«  Oui j’ai quitté le Japon sans rien te dire ! Et oui j’ai rien dit non plus à Na-chan ! Parce que j’en ai plein le cul de jouer les nounous à longueur de temps. Marre de penser à tout le monde alors que personne ne se soucie jamais de moi. Tu t’es demandé une seule seconde ce que je devais ressentir à l’autre bout du monde ? Tu croyais quoi ? Que j’étais en vacances aux Etats Unis, pépère sous le soleil à me dorer la pilule tranquillement ? C’est ça que tu croyais Shougo ? Mon père était mourant ! Ca va rentrer dans ton crane de piaf ou bien. Mourant ! Ca te parle ? Tu saisis le concept ou t’es trop con pour ça ? Tu comprends ce que j’ai vécu ? La tristesse, les hôpitaux, un pays que je connais pas, aucun amis, une langue que je maitrise pas, tout recommencer à zéro ! Ca te parle ça ? tu vois ce que j’ai vécu ? »

Je rapproche son visage encore plus du mien alors que c’est à mon tour de déverser toute ma rancœur sur lui. Je ne demandais pas grand-chose… juste un peu de compréhension et de compassion. Que pour une fois quelqu’un se mette à ma place et comprenne le pourquoi de ce choix que j’ai fait envers et contre tous.

« Non, bien sure, sa sainteté Haizaki est trop habitué à ne voir pas lui loin que son nombril. Lui demander de se poser les bonnes questions en se mettant à ma place trente secondes ça doit être trop compliqué… Et puis quoi ? J’avais besoin de me protéger ! Moi !!! J’ai passé ma vie à m’occuper des autres ! La génération miracle là ! Tous ! Je les ai tous aidé ! Tous soutenus ! TOUS ! Toi avec !!! Et moi ??? Qui était là pour moi quand j’en avais réellement besoin ? Tu comprends pas que j’étais mort de peur ! Vous alliez tous continuer votre vie ici comme si de rien n’était, insouciant du fait que je n’étais plus là à vos côtés ! Je vous ai facilité la tâche ! Voilà tout ! Et je me suis protégé pathétiquement ! Parce que si t’es con et bien je le suis tout autant que toi !!! J’avais besoin de toi ! Vraiment ! Et ça n’aurait plus jamais été possible ! Tu comprends ça !!! »

Oh et merde ! Merde de putain de merde ! C’est quoi ces larmes la qui coulent d’un seul coup sur mes joues. Je chiale c’est la honte quand même…. Je vais pas me mettre à chialer à chaque fois que je revois quelqu’un…. Mais pourtant c’est ce que je fais.. et je n’arrive pas à m’arrêter. Ca fait mal… vraiment trop mal… je ne pensais pas voir un jour autant de haine dans le regard de Shougo… par contre moi…

Je ressuis mon visage d’un revers de manche rageur et je pousse sans ménagement Haizaki avant de m’éloigner de lui.

« T’es qu’un abruti…. Je sais parfaitement à quel point tu as eu mal. J’ai eu mal de la même façon. Tu dis que je t’ai trahi… Pense le si tu veux. Je m’en fou… Déteste moi, frappe-moi, hais-moi si ca te fait plaisir. Ca changera rien au fait que je me suis tiré sans te donner de nouvelles…. Et ca changera rien au fait que si c’était à faire, je recommencerai… »

Et d’un seul coup, sans que je sache pourquoi je sors ça, les mots m’échappent sans que je puisse les retenir

« Et puis t’as pas été si malheureux sans moi.. hein ? Le basketteur trahi et la manager abandonnée. C’est cool avec Na-chan ? Vous vous êtes mouché le nez mutuellement en évoquant les vieux souvenirs du pauvre capitaine arc en ciel disparu ? Je vous ai pas tant manqué que ça apparemment… C’est facile de charger l’âne. Mais si vous vouliez vraiment reprendre contact vous auriez pu ! Il suffisait d’aller jeter un coup d’œil aux mecs de la Génération miracle pour vous rendre compte qu’une personne avait mes coordonnées ! Il vous les aurait donnés ! Mais c’est tellement plus simple d’avoir le rôle du petit frère abandonné plutôt que de se donner réellement les moyens de chercher à renouer contact si tu l’avais tellement souhaité ! »



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