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 Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]

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Ailier Fort
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MessageSujet: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Jeu 29 Sep - 10:16

...
Rainbow Day
avec Akina Hideaki



Assis sur le sol de son petit studio face à une table basse relativement bon marché, Shuzo Nijimura gardait les yeux rivés sur un objet. C’est fou comme un simple petit objet peut parfois être chargé d’une multitude de souvenirs. Certains heureux, d’autres beaucoup moins, malheureusement.

La barrette à cheveux en forme d’étoile et aux couleurs de l’arc en ciel constatait étrangement avec la couleur imitation pin de la table. De sa main droite, Shuzo n’arrêtait pas de la faire tourner en rond avec précaution. Perdu dans ses pensées, il aurait été incapable de dire depuis combien de temps il était là, à contempler le petit accessoire.

Vu de l’extérieur, c’était pourtant qu’une simple barrette. Ses couleurs flashy et sa forme girly en faisait un accessoire davantage destiné aux enfants qu’aux adolescentes. Shuzo se souvenait parfaitement de la première fois où il l’avait vu dans la vitrine d’une boutique de mode pour jeune fille. Elle lui avait immédiatement plus et il avait su à qui il pourrait en faire cadeau. Akina Hideaki….

Quand on est gamin, on nous demande souvent « c’est quoi ta couleur préférée à toi ? ». Une simple question à laquelle Shuzo n’avait jamais trouvé de réponse. Pour lui, impossible de choisir une couleur parmi toutes celles existantes. Il n’y en avait pas une qui surpassait les autres. Pas même le jaune du puissant soleil. Ni le rouge ardent d’un feu brulant. Pas non plus le vert de la riche nature ou le bleu pacifique d’un océan déchainé. Le noir des ténèbres, le blanc de la pureté…. Chaque couleur avait une importance capitale et il trouvait ca stupide de devoir faire un choix. Alors, quand on lui posait la question, il répondait «  je les aimes toutes ! ». Cela lui avait souvent valut bien des railleries. Il n’y avait que Na-chan qui ne s’était pas moquée de lui.

De toutes les merveilles que pouvait offrir ce monde, il en était une que Shuzo appréciait particulièrement. Les arcs-en-ciel. Ils étaient imprévisibles. Ephémères. Insaisissables. Mystérieux. La légende dit qu’aux pieds de l’arc-en-ciel se trouve un chaudron rempli d’or. Mais Shuzo laissait cette quête stupide aux gens cupides. Il préférait largement rester là où il était à contempler les couleurs majestueuses qui se découpaient dans le ciel bleu jusqu’à les voir s’atténuer puis disparaitre. C’était tellement beau que ça relevait presque de la magie.

Alors, il n’y avait rien d’étonnant à ce que les couleurs de cette barrette lui aient plus. Rien d’étonnant non plus à ce qu’il veuille l’offrir à sa précieuse amie avec laquelle ils avaient déjà contemplé ensemble plusieurs arcs-en-ciel.

Akina Hideaki, alias Na-chan, n’était pas sa meilleure amie. Il aurait même trouvé ça péjoratif de la qualifier ainsi. Dans la société actuelle, tout le monde et l’ami de toute le monde et ce mot ne voulait en définitive plus rien dire. Les amis se collectionnaient comme les photos sur les murs des réseaux sociaux. C’était à celui qui aurait le plus d’amis…. « Meilleure amie » ? ha ! qu’une vaste blague, autant dire « la moins pire »

Non. Na-chan s’était autre chose. Elle était sa confidente. Une épaule sur laquelle Shuzo pouvait se reposer. Elle était un soutient, un pilier. Elle était sa conseillère. Elle était sa petite maman, toujours bienveillante, protectrice et maternelle. Elle était sa pâtissière, toujours à essayer de le régaler de ses gâteaux délicieux.

Elle était son âme sœur. Parce que pour lui, cela ne pouvait pas s’appliquer aux amoureux. On pouvait être frère et sœur par les liens du sang. On pouvait aussi être frère et sœur liés par une forme indescriptible qui ne peut être compris que par les deux personnes concernées.

Voila. Shuzo Nijimura n’était pas amoureux de Na-chan mais il l’aimait. Il l’aimait d’une autre manière. Profondément. Sincèrement.
La vie de Shuzo avait basculé quand la maladie de son père avait gagné un niveau de gravité. Son pronostic vital était maintenant engagé et il lui fallait la chaleur aride d’un climat plus chaud s’il souhaitait voir une chance de rétablissement aboutir. Les Nijimura auraient pu choisir de déménager à Okinawa. Mais le meilleur service de chirurgie cardio-respiratoire se trouvait à Los Angeles. Alors quitte à casser la tirelire et à faire péter le taux d’emprunt aux banques, autant y aller franco. C’est donc aux Etats Unis que la famille allait s’exiler pour donner au père les meilleures chances de rétablissement.

Quand Shuzo avait appris cette nouvelle, il en était resté sans voix. Cela voulait dire tellement de chose. Quitter son collège, son équipe de basket, la bande des potes du QG, le Japon…. Na-chan. Pour autant il n’avait pas le droit de faiblir ou de faire un caprice. Saeko et Naoki avaient déjà longuement pleurés à l’idée de partir. Il se devait d’être un modèle et un réconfort pour son petit frère et sa petite sœur. Et pour sa mère, qu’il entendait souvent pleurer le soir…  

Il avait malgré tout été décidé, avec l’accord de Shuzo, qu’il resterait seul au Japon jusque-là fin de l’année scolaire en cours afin d’avoir la possibilité d’obtenir ses examens de fin d’années. Sa famille partirait en Amérique avant lui et il les rejoindrait six mois plus tard.

6 mois…. C’était le temps qu’il possédait pour mettre Na-chan au courant de son départ. S’il savait que ce n’était pas quelque chose de facile pour lui, il savait aussi que ça serait encore plus dur pour elle.

6 mois…. C’’est long et c’est court à la fois.

Plus le temps s’égrainait et moins Shuzo arrivait à lui avouer la vérité. Le jour de son départ était ressenti comme la dead line de sa vie japonaise. Et plus il passait des moments agréables avec elle, et moins il avait le courage de lui dire que c’était une des dernières fois que cela arrivait….

Il lui avait bien parlé de l’état de santé dégradé de son père. Il lui avait expliqué son hospitalisation aussi…. Mais il ne lui avait jamais dit vivre seul et devoir partir d’ici peu sans certitude de pouvoir un jour remettre les pieds au japon.

La dernière fois que Shuzo vit Na-chan, c’était au QG. En guise de quartier général il s’agissait surtout d’un vieux banc à la peinture écaillée et sur lequel les membres de la bande avaient tous gravé leur nom dans le bois à la lame d’un Opinel. C’était un banc un peu en retrait dans une partie du parc où d’autres personnes ne s’approchaient pas parce que trop fréquenté par «  ces vauriens, ces traîne-misère ».

Ce jour-là, Na-chan lui avait apporté des cookies. Ceux avec du caramel bien sûr. C’était une recette toute nouvelle qu’elle avait inventée et dont Shuzo raffolait. Presque autant que ses ichigo daifuku d’ailleurs. Ils avaient mangé ensemble les biscuits en discutant de leur journée. Hideaki avait trouvé Shuzo bien morose et même si elle lui avait demandé ce qui n’allait pas, Shuzo lui avait souri en expliquant que ce n’était rien. Au bout de quelques heures, Na-chan avait dû partir pour rentrer chez elle. Elle ne s’était pas rendu compte que la barrette en forme d’étoile arc-en-ciel que Shuzo lui avait offert il y a bien longtemps s’était décrochée de ses cheveux noirs. Shuzo l’avait ramassé. Et il l’avait gardé….

La petite barrette étoilée avait suivi Shuzo jusqu’à Los Angeles. C’était un moyen comme un autre de se sentir un peu plus proche d’Hideaki. Finalement, il était parti en catimini, sans trouver la force ni le courage de la prévenir. C’était peut-être mieux ainsi. Elle allait le détester, le haïr. Elle allait pleurer…. Elle aurait certainement très mal une bonne fois mais après, elle le haïrait tellement que ça ne serait plus douloureux.
Son téléphone japonais ne pourrait plus émettre à Los Angeles. Na-chan ne connaissait pas son adresse mail étant donné qu’ils ne communiquaient jamais par ce biais. Quant aux réseaux sociaux, Shuzo en était tout simplement allergique. Il ne possédait donc aucun compte sur tweeter, Facebook et autre Snapchat carrément débile. Na-chan ne posséderait aucun moyen d’entrer en contact avec lui…. Et certainement mieux ainsi. Pour tous les deux.

Shuzo soupira. Maintenant qu’il était de retour pour de bon au Japon, il ne pouvait pas continuer à faire comme si elle n’avait jamais existé. Elle lui manquait…. Cela faisait quatre ans qu’elle lui manquait terriblement. Il aurait fallu être le pire des lâches pour continuer à faire comme si de rien n’était. Il n’avait pu être pas été capable de faire preuve de courage en lui cachant son départ. Mais il n’était pas un couard non plus.

Finalement, Nijimura se leva. Il attrapa la petite barrette qu’il serra dans sa main droite. Il prit les clefs de son appartement qu’il quitta en prenant soin de refermer derrière lui. Il n’avait pas été bien difficile de retrouver la trace d’Hideaki. C’est presque par hasard même qu’il avait appris qu’elle était devenue la manager d’une équipe de basket d’un lycée. Le lycée Kirisaki Daiichi. Par l’un des plus commode d’après les dires de Shintaro.

Mais si Akina était à KiriDai, c’est là-bas que Shuzo allait la retrouver.

~~~~~~~~~~~~~~

Arrivé devant le lycée, Shuzo s’immobilisa un instant. Il était conscient que beaucoup d’étudiants le regardaient de haut en bas, s’interrogeant sur la présence de cet inconnu dans leur bahut. Ca lui était égale. On pouvait bien critiquer ou baver sur lui, il en avait rien à faire. Sa démarche était déterminée. C’était maintenant ou jamais. S’il reculait, alors, il le savait, jamais plus il aurait le courage d’affronter Na-chan.

Shuzo n’eut aucun mal à identifier le gymnase. D’après les informations qu’il avait obtenues, l’équipe de basket devrait être en train de s’entrainer en ce moment même. Le crissement des chaussures sur le parquet et le bruit des ballons venaient confirmer cette théorie. Il entra de façon discrète et il se plaça dans les tribunes, sélectionnant avec soin une place relativement ombragée pour ne pas être vu.

Son regard se porta sur le parquet et sur les joueurs en train de s’entrainer. Leurs visages ne lui disaient rien. Peut être les avaient-ils déjà vu dans des vidéos de matchs mais pour être honnête, Shuzo n’en gardait pas un réel souvenir. Son regard gris parcourait tout le gymnase. Il ne voyait Na-chan nulle part…. Peut-être qu’elle ne prenait pas part aux entrainements ? Auquel cas, devait-il y voir un signe du destin pour lui faire comprendre qu’ils ne devaient jamais se revoir ? C’est vrai que c’était égoïste…. Egoïste et cruel. Il partait d’un seul coup pour finalement réapparaitre comme un cheveu sur la soupe, se fichant éperdument des bouleversements que cela pouvait causer dans la vie de la jeune fille.

Shuzo soupira et se leva, prêt à s’en aller. Un coup de sifflet retentit et Shuzo tourna la tête vers le parquet. C’était elle. Na-chan…. Il l’aurait reconnu entre mille malgré les années s’étant écoulées. Ses cheveux noirs, dissimulant une partie de son visage. Sa petite taille. Son attitude. Son regard…. C’était elle.

Finalement, Shuzo se rassis. Il attendit la fin de la session d’entrainement sans la quitter du regard. Trois coups de sifflets secs annoncèrent la fin de la séance. Les joueurs se dirigérent vers les bancs, ils prirent leurs gourdes et leurs vêtements avant d’aller dans les vestiaires. Na-chan, elle, restait assise à la table de match. Elle était occupée à écrire dans une sorte de bloc note. Sans doute les résultats de ses constatations suite à l’entrainement.

Shuzo se leva. Il emprunta les escaliers qui permettaient de sortir des tribunes puis il se dirigea vers le couloir sombre qui menait au terrain. Lorsqu’il arriva, Na-chan était toujours plongée dans ses notes. Studieuse. Il la voyait de dos et son regard restait planté sur la nuque de la jeune fille. Shuzo était immobile. Tout son corps paraissait soudain s’être changé en plomb. C’était bien plus difficile que ce qu’il avait imaginé.

Et puis, prenant son courage à deux mains, il s’approcha jusqu’à se trouver juste derrière elle. Il leva son bras et posa la barrette en forme d’étoile arc-en-ciel sur la table, juste à côté de son cahier.

« Je crois que c’est à toi….. Na-chan »



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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Dim 2 Oct - 19:12

Rainbow days


with Shuzo

Hideaki aimait ça.

Elle aimait vraiment ça, le basket. Et c’est ce qu’elle se disait à chaque début d’entrainement, quand elle pouvait voir tous ces joueurs commencer à s’activer sur le terrain. A aucun moment elle ne regrettait de ne pouvoir se joindre à eux, elle avait déjà essayé plusieurs fois, de jouer. On avait tenté de lui apprendre, et certains joueurs de l’équipe lui avait même donné des cours intensifs, même Hanamiya avait essayé ! Mais rien à y faire, un tel manque de talent pour ce sport relevait presque du miracle.

Elle s’était fait une raison, et au final, elle n’était pas triste, puisque son poste de manager lui suffisait amplement. Et elle était vraiment douée pour ça. Les bases du basket, elle les avait acquise grâce à Shuzo, et elle avait ensuite étudié plus en profondeur la théorie des attaques et de la défense, soit en regardant jouer ce même garçon soit en visionnant des matchs à la télé avec son frère. Et c’était passionnant de décrypter chacun des gestes des joueurs, essayé de remarquer leurs faiblesses et leurs forces, pour ensuite s’en servir.

Et pour ça, l’équipe de Kirisaki Dai Ichi était parfaite, et notamment grâce à son capitaine. Ce n’était pas une équipe qui se basait sur les aptitudes exceptionnelles de leurs joueurs, car il n’y en avait pas particulièrement, mais c’était surtout au niveau de la stratégie. Des maitres en la matière, et elle était fière de pouvoir participer à cela et de pouvoir aider Hanamiya dans la mise en place de ses plans.

Alors oui, elle savait très bien que leur jeu n’était pas toujours fair play, et qu’il y avait plus honnête comme façon de joueur, mais elle n’en avait que faire. Elle aimait les voir sur le terrain, peu importe qu’on les critique et qu’on les déteste. Ces joueurs étaient ses joueurs, et elle les aimait vraiment.

Cela n’avait pas été très facile pour Akina au début, notamment à cause du capitaine qui lui faisait vivre un véritable enfer... Mais elle en avait vu d’autres et elle avait l’habitude des garçons turbulents. Du coup, elle ne s’était pas laisser faire, et elle avait finis par gagner le respect des joueurs et de Makoto, même si e dernier c’était fait à coups de gâteaux au chocolat qu’il dévorait en cachette pour ne pas avouer sa faiblesse...

Elle ne regrettait aucunement de s’être présenter l’année dernière, et si elle avait su, elle l’aurait même fait bien avant !

Et puis dans un sens, cela la rapprochait de Shuzo, même s’il était toujours aussi loin d’elle. Enfin, ça elle s’en savait rien au final, puisqu’elle ne savait pas où il était. Haizaki lui avait parler de Los Angeles mais c’était il y a 4 ans déjà, maintenant, il était peut-être ailleurs...

Peu importe, elle ne devait pas y penser, sinon elle allait encore avoir mal. Et elle ne pouvait pas se permettre de souffrir encore pour lui, lui qui s’en fichait pas mal de sa pomme pour être parti comme ça, sans rien dire, sans donner de raison. Alors il pouvait bien être où il voulait qu’elle s’en foutait comme de sa première culotte.

Pour le moment elle devait surtout se concentrer sur l’entrainement en cours. On était au début de l’année et il était indispensable de voir comment se débrouille les rookies. Et elle devait bien avouer que ce n’était pas trop mal, surtout pour deux d’entre eux qui tiraient leur épingle du jeu. Il serait facile de mettre en place une stratégie pour se servir de leur talent. Enfin elle en parlerait avec Hanamiya en temps voulu.

La pause venait de se terminer et elle rangea les boites de cookies maintenant vides, c’est dingue de voir à quelle vitesse ils pouvaient les enfourner... Les garçons étaient tous les mêmes...

-Aki-chan tu pourras en faire au caramel la prochaine fois ? j’adore quand tu fais ceux la...

-Hm... Je vais y réfléchir~

-Han...quand tu dis ça tu demande toujours un truc impossible après... Tu es cruelle...Pire que Makoto-senpai...

-Ne dis pas ça si fort, il va t’entendre... et tu auras l’occasion de voir lequel est le pire entre nous~

-Bon t’as finis de jacasser toi ? Va faire tes tours de terrain !

-Oui oui...


Un petit rire s’échappa des lèvres de la jeune fille qui reprenait son carnet pour observer le terrain. Chacun s’entrainait seul pour développer ses forces ou améliorer leurs points faibles. Puis ensuite venait le tour des matchs qui permettaient de renforcer le travail d’équipe et la mise en place de leurs combines.

Hanamiya étaient un coach tortionnaire, et Hideaki était fatiguée rien qu’à les regarder se donner à fond sur le terrain. Et à chaque fois qu’elle donnait les derniers coups de sifflet, c’était des soupirs de soulagement. Cependant son travail à elle n’était pas fini, et elle devait rester un peu après pour mettre au propre ses idées et remplir les fiches des joueurs pour ainsi les donner ensuite au capitaine.

Tout le monde retournait au vestiaire, et elle prit place devant sa table pour écrire certains détails du dernier match dans son bloc note. La jeune fille était tellement concentrée dans ses notes qu’elle n’entendit pas les pas qui se rapprochaient du bureau, elle n’entendit que cette phrase, prononcée de cette voix qu’elle ne connaissait que trop bien...

-Je crois que c’est à toi….. Na-chan.

Ses doigts se crispèrent sur son stylo.

« Na-chan »... Depuis quand n’avait elle pas entendu ce surnom ? 4 ans... Et il n’y avait que lui pour l’appeler comme ça... Sauf que... Non... Ce n’était pas possible, cela ne pouvait pas être lui.

Le cœur d’Hideaki battait à la chamade, et elle n’osait pas bouger, ni même tourner la tête vers cette main ou même la personne à ses côtés. Elle avait peur. Peur que ce soit lui, mais aussi peur que ce ne soit pas le cas.

Akina finit par relever la tête, et ce qu’elle vu la pétrifia sur place.

C’était bien lui, c’était Shuzo. Là. Dans le gymnase de Kirisaki. C’était Shuzo avec quelques années de plus, quelques centimètres, une coupe de cheveux un peu trop longue et sa petite moue caractéristique.

La manager se releva de sa chaise mais l’écart de taille ne changea pas de beaucoup, elle lui arrivait tout au plus à la poitrine, s’en était presque ridicule. Mais le plus ridicule c’était surement sa réaction.... Ou son manque de réaction. En fait elle n’arrivait pas à y croire, son corps refusait de bouger, son cerveau refusait de fonctionner. Elle ne pouvait que le fixer, comme un fantôme. Son œil rouge le scrutait, il le fixait avec ardeur, comme s’il allait pouvoir voir à travers.

Trop d’émotions en même temps... la colère en premier lieu, mais aussi la joie, un peu, le soulagement, la rancune,...

La jeune fille baissa finalement la tête pour le lâcher des yeux, ses yeux qui se remplissaient de larmes. Elle avait les lèvres tremblantes, mais elle réussit tout de même à articuler un peu.

-Shu...Shuzo... ?

Et Hideaki releva la tête vers lui pour le fixer à nouveau afin d’être sûre de ne pas rêver. Elle le fixa quelques instants avant de froncer les sourcils et que son corps ne bouge tout seul pour asséné un coup de poing au garçon devant elle, en plein milieu de a joue.

-Connard !

Et celui là, elle avait rêver de lui donner depuis qu’il était parti sans la prévenir.


(c)codée par hanameow

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Ailier Fort
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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Ven 7 Oct - 11:43

...
Rainbow Day
avec Akina Hideaki



Shuzo s’était imaginé cet instant un nombre incalculable de fois. Il avait imaginé un peu tous les scénarios possibles et inimaginables en sachant pourtant qu’aucun d’eux ne se réaliseraient. Lorsqu’il avait quitté le Japon, c’était avec la certitude de ne jamais y revenir. L’état de santé de son père était mauvais et les pronostics n’étaient pas encourageants. Sans l’avouer, Shuzo et le reste de la famille Nijimura s’étaient préparés à la pire des éventualités….

C’est pour cela que Shuzo avait préféré ne rien dire à Na-chan. Pour cela aussi qu’il était parti comme un voleur, préférant disparaitre de sa vie comme s’il n’y était jamais apparu. Elle n’allait pas comprendre. Elle allait souffrir mais finalement, c’était ce qu’il y avait de mieux pour elle. Si Shuzo lui avait parlé de son départ définitif pour les états unis, elle aurait pleuré, elle se serait accrochée à l’espoir de le revoir un jour… Et Shuzo ne voulait pas lui donner un espoir auquel lui-même ne croyait pas. Ça aurait été cruel. Bien plus que la laisser comme ça, sans nouvelle….

Parmi les scénarios qu’il avait imaginé, Shuzo avait envisagé bien des choses. Il l’avait imaginé pleurer de joie et tomber dans ses bras tellement elle était heureuse de le retrouver. Il l’avait imaginé indifférente, le regardant avec mépris pour lui faire comprendre qu’elle n’avait plus besoin de lui. Il l’avait imaginé furieuse, lui hurlant toute sa colère avec velléité.

Une fois, Shuzo avait même fait un rêve…. Dans ce dernier, il arrivait au QG d’autrefois qui n’avait pas changé d’un iota. Akina était là, sa barrette étoilée aux couleurs de l’arc-en-ciel dans ses cheveux. Les mains sur les hanches, elle se tenait droite, prête à lui faire l’une des leçons de moral dont elle avait le secret. Comme l’idiot qu’il était, Shuzo était arrivé et elle l’avait regardé de ses yeux carmins si particuliers. Sa voix, même en rêve Shuzo s’en souvenait. Elle lui avait dit « Et c’est à cette heure-ci que tu arrives ? », comme n’il était en retard à l’un de leurs rendez-vous….

Ce jour-là, quand il s’était réveillé et qu’il avait compris que Na-chan n’était qu’un souvenir lointain dans sa mémoire, Shuzo avait été peiné. Toute la journée, le visage de Na-chan n’avait cessé de le hanter. Il la revoyait parfaitement et il n’avait cessé de se demander ce qu’elle pouvait être advenue. Est-ce qu’elle allait bien. Est-ce qu’elle réalisait son rêve de poursuivre des études en rapport avec la pâtisserie pour ouvrir un jour sa propre boutique ? Est-ce qu’elle allait encore au QG ? Est-ce qu’elle l’avait remplacé ?

Nijimura avait beau s’appliquer à ne plus penser à elle, il n’y arrivait pas. Elle était là, présente dans chacun de ses souvenirs. Et le remord qu’il ressentait d’être parti si lâchement ne faisait qu’alourdir la culpabilité qu’il ressentait.

Et finalement, les miracles, ça existent…. Beaucoup diront que non mais lui, il se plaisait à y croire. L’état de santé de son père s’était arrangé. Sa rémission quasi complète permettait aux Nijimura de pouvoir échafauder un nouvel avenir au Japon. Ils allaient enfin pouvoir revenir au pays ! Et Shuzo pourrait retrouver ceux qu’il aime et qui sont restés la bas. Shintaro…. Na-chan….

Il lui avait fallu un certain temps pour réussi à se décider d’affronter ses responsabilités. Il était parti la queue entre les jambes. Il ne pouvait pas continuer à la fuir et à être un lâche le restant de ses jours. Il lui devait au moins ça. Il lui devait de la prévenir de son retour à Tokyo. Après…. Quel que soit sa décision… il l’accepterait. Avait-il le choix ? Il aurait fallu être un putain d’égoïste pour disparaitre et revenir imposer sa présence à la jeune fille.

Mais maintenant que Na-chan était devant lui, le monde de Shuzo semblait s’effondrer sous ses pieds. Elle n’était pas comme il l’avait tant de fois imaginé. Elle avait changé…. Son visage n’était plus empreint de la même douceur maternelle qu’autrefois. Il était fermé. Hideaki paraissait s’être forgée une carapace impénétrable qui lui donnait un coté austère et peu sociable.

Elle avait toujours les mêmes cheveux et cette mèche qui cachait une partie de son visage. Combien de fois Shuzo lui avait dit qu’elle ne devait pas se cacher de la sorte, qu’elle était bien plus jolie quand son visage n’était pas dissimulé ?

Elle avait toujours les mêmes yeux…. Ce rouge rubis qui les rendait si précieux. Mais son regard froid et pénétrant n’avait plus rien de celui chaleureux et protecteur d’il y a quatre ans….

Hideaki avait elle changée à ce point ? Est-ce à cause de lui que la douce petite maman de la bande avait disparu au profit de la jeune lycéenne remplie de violence et colère qui se tenait devant lui ?

Nijimura ne dit rien. Il la laissa se retourner et lui faire face. L’effet de surprise était visible sur son visage. Et il n’y avait rien d’étonnant à cela. Quatre ans que les deux adolescents ne n’étaient plus vu. Quatre longues années qu’ils ne s’étaient même pas parlé. Aucun contact. Aucun mot. Aucune explication…. Le néant.

-Shu...Shuzo... ?

Sa voix étranglée dans sa gorge avait visiblement du mal à franchir la barrière de ses lèvres. Nijimura, lui, ne répondit pas. Il ne pouvait s’empêcher de la regarder. De la détailler. De se demander si ce n’était pas un rêve comme cette fois là….

Et puis soudain, sans qu’il n’ait le temps de réagir ni d’esquiver, Hideaki lui assena un violent coup de poing en plein visage. La tête de Shuzo partit sur le côté et la douleur cuisante se fit immédiatement ressentir

-Connard !

Ha Nijimura avait participé à bien des bagarres. Il en avait donné des coups. Il en avait reçu aussi. Mais aucun ne lui avait fait aussi mal que celui qu’il venait de se prendre. Au delà de la belle couleur pourpre qui colorait son visage, c’est une douleur toute différente qu’il avait l’impression d’avoir reçu en plein cœur. Et pourtant il n’en voulait pas à Hideaki. Elle pouvait le frapper encore et encore si cela la soulageait.

Shuzo releva la tète. Elle donnait l’impression d’être entrée dans une colère noire que rien ne pourrait calmer. Elle l’insultait de connard ? Et elle avait entièrement raison….

« Moi aussi…. Je suis content de te revoir Na-chan »
dit-il d’un ton plat qui n’avait rien d’une provocation.

Il dirigea ses yeux gris dans ceux d’Hideaki.

« Tu peux me haïr autant que tu veux. Tu peux me frapper autant que tu as envie… Je ne vais pas essayer de m’excuser pour ce que je t’ai fait. Je sais que j’ai été qu’un salaud… qu’un enfoiré… »

Il secoua un peu la tête de gauche à droite avant de reculer d’un pas.

« Mais ne crois pas que tu es la seule à avoir souffert de tout ça. Je n’ai pas cessé de penser à toi et de culpabiliser pour le choix que j’ai fait. C’était peut être nul de me tirer sans te prévenir…. Et pourtant… »


Shuzo hésita un instant avant de prendre une inspiration

« Si c’était à refaire…. Je refais le même choix de partir de la même manière. Parce que je pensais et je pense toujours que c’est ce qu’il y avait de mieux pour te protéger…. »



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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Sam 8 Oct - 12:24

Rainbow days


with Shuzo

Combien de fois ?

Combien de fois Hideaki avait espérer ce moment, combien de fois avait-elle prié pour que cet instant arrive ?

Elle avait eu le temps en 4 ans, de s’imaginer le retour de son ami, elle l’avait fait de toutes les façons possibles. Et durant ces années, elle était passée par toutes les émotions concernant cette fuite. D’abord la tristesse, une profonde et insondable tristesse qui l’avait brisée, complètement. La jeune fille s’était sentie trahie, du plus profond de son être. Et cette tristesse s’était lentement mutée en culpabilité. Peut être que c’était de sa faute à elle s’il était parti... Elle avait surement fait quelque chose de mal...

Puis vint la colère, ce n’était pas de sa faute, mais c’était bien lui, lui qui l’avait abandonné ! Il l’avait laissé sans rien dire, elle l’avait attendu des heures, des jours près du banc, sans rien. Rien pendant 4 longues et interminables années. Cette colère la fatiguait à force, et cette dernière s’estompait à mesure que le temps passait, et que d’autres personnes rentraient dans sa vie, pour au final n’être plus qu’un amas de regrets infects quand elle prenait la peine d’y penser. Elle préférait essayer d’oublier, car cela lui faisait encore trop mal.

Mais difficile d’oublier quand chaque rue de la ville constitue un souvenir avec l’être aimé. Nijimura avait été trop présent et trop important dans sa vie et dans son cœur pour pouvoir tirer un trait sur lui aussi facilement. Et rien n’y faisais... Elle avait cru qu’en quittant sa chambre d’enfant où elle avait passé tant de temps avec lui cela se calmerait, elle pensait qu’en habitant ailleurs, avec son amie Kureha, cela serait moins douloureux de rentrer chez elle... Mais non, ce n’était pas différent, parce qu’elle l’avait encore dans la peau et dans la tête.

Changer d’endroit, de fréquentations, de comportement, rien n’y faisait.

Shuzo était en elle, et loin d’elle, c’était tout. Elle s’était presque fait une raison, elle s’était habituée à la douleur.

Akina se demandait d’ailleurs ce qui lui faisait le plus de mal dans tout ça... Le fait d’avoir appris la cause de son départ de la bouche de Haizaki ? Le fait qu’il n’ai pas assez confiance en elle pour le lui dire ? Ou ce silence radio, ce néant pendant 4 ans ? Jamais il n’avait cherché à lui parler, à lui expliquer ou même à s’excuser. Jamais il n’avait donné signe de vie, jamais rien. Comme s’il n’avait jamais existé, comme un fantôme.

Et il était là, aujourd’hui, à cet instant, devant elle.

Hideaki s’était imaginé des retrouvailles comme un film, en lui sautant dans les bras, un arc-en-ciel et des licornes en arrière plan. Mais la réalité était tout autre. Tout ce qu’elle avait ressenti durant ces 4 années lui revenaient en plein cœur, toute cette tristesse, cette colère, cette rancœur, tout ce qu’elle s’efforçait de renfermer en elle remontait dans un torrent dévastateur.

L’impulsivité de la demoiselle n’était plus à prouver et son poing était partit tout seul sans qu’elle ne puisse se contrôler. On était loin du câlin espéré. Mais elle avait besoin de lui faire mal, rien que pour qu’il comprenne ce qu’il lui avait fait.

-Moi aussi…. Je suis content de te revoir Na- chan...


La manager ne répondit pas, elle se contentait de le fixer avec intensité de ses iris rouges comme le sang. Elle en connaissait d’ailleurs beaucoup qui auraient fuit sous ce regard plein de colère. Hideaki se contenta de le fixer, le détaillant des yeux pour être certaine que c’était bien la réalité et non un de ses nombreux rêves... Mais c’était bel et bien lui, elle le sentait.

-Tu peux me haïr autant que tu veux. Tu peux me frapper autant que tu as envie… Je ne vais pas essayer de m’excuser pour ce que je t’ai fait. Je sais que j’ai été qu’un salaud… qu’un enfoiré… Mais ne crois pas que tu es la seule à avoir souffert de tout ça. Je n’ai pas cessé de penser à toi et de culpabiliser pour le choix que j’ai fait. C’était peut être nul de me tirer sans te prévenir…. Et pourtant…

Elle écoutait sa voix, ses paroles, et elle se détestait d’y trouver un côté rassurant, sa voix grave résonnait encore dans sa tête en faisant écho à celle qu’il avait à l’époque. Elle se détestait de trouver un bon côté aux horreurs qu’il pouvait pestiférer, aux mots tellement blessant qu’il pouvait avoir.

-Si c’était à refaire…. Je refais le même choix de partir de la même manière. Parce que je pensais et je pense toujours que c’est ce qu’il y avait de mieux pour te protéger…

-Me protéger... ? C’est une blague j’espère... ?


Un petit rire nerveux passa la barrière de ses lèvres, elle devait sûrement ressembler à une folle actuellement, les yeux et les joues remplies de larmes et ce rire de psychopathe. Elle détournait le regard sans s’arrêter de rire alors qu’elle sentait son cœur lui faire de plus en plus mal.

-Tu pensais vraiment me protéger ? Mais putain sur quelle planète tu vies Shuzo ?

Il ne pouvait sérieusement pas penser que ce qu’il avait fait eu un impact positif dans la vie de son amie. De toute façon ce fut totalement le contraire, et elle avait même parfois le sentiment qu’il lui avait gâcher sa vie plutôt que tout le reste. Le ton de la jeune fille monta.

-Me protéger...Mais tu te fou de ma gueule ? Tu sais pas par quoi je suis passée après ton départ... Tu m’as brisé et tu dis avoir voulu me protéger... ? C’est incroyable... Incroyable que tu fasses preuve d’un tel égoïsme, te cacher derrière cette excuse alors qu’en fait tu avais juste peur...parce que t’es qu’un lâche...


Elle passa son bras sur son visage pour s’essuyer sommairement les yeux avant de reprendre, elle avait tellement à lui dire...

-Je t’ai attendu toute la nuit sur le banc, et le lendemain aussi... Il a fallu me ramener de force chez moi, mais j’y suis retourné tout les jours pendant une semaine... Je t’ai cherché dans toute la ville, chez toi...Mais c’était vide...bien sûr... Et tu sais quoi ? Personne n’a voulu me répondre dans ton collège de nazes...  Sauf Shougo... Tu imagines ce que j’ai ressenti en apprenant tout de la bouche d’un mec à qui tu foutais des coups de pieds au cul ?

Elle en avait souvent entendu parler à l’époque, et Nijimura n’était pas toujours élogieux envers Haizaki, sans pour autant être méchant, elle avait bien compris qu’il appréciait le garçon dans un sens. Et si cette dernière avait d’abord eu un mauvais à priori quand il l’avait dragué sans vergogne, elle avait finit par lier une relation amicale avec lui, et elle l’appréciait énormément.

-Tu sais, j’ai mal encore aujourd’hui, il m’arrive de pleurer dans mon lit des nuits entières sans que Kureha arrive à me calmer... Et dis avoir voulu me protéger...Mais de quoi ? C’est de toi que tu aurais du me protéger... Et des sentiments que j’avais à ton égard... Parce que...tu le savais n’est-ce pas ? Il aurait fallu être aveugle pour ne pas s’en rendre compte...


Elle poussa un profond soupir avant de détourner à nouveau le regard. Lui dire tout ça lui faisait du bien, même si c’était dur, même si elle avait encore tant à lui dire.

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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Sam 8 Oct - 15:19

...
Rainbow Day
avec Akina Hideaki



Shuzo s’était souvent demandé ce que faisait Akina à Tokyo pendant que lui était à Los Angeles. Est-ce qu’elle allait bien ? Est-ce qu’elle continuait d’aller au QG, est ce qu’elle avait trouvé une autre personne vers qui se tourner quand elle allait mal ? Est-ce qu’elle avait toujours le même sourire ? Dans quel lycée allait-elle étudier ?

Souvent, c’est le soir que Shuzo pensait à elle. De la fenêtre de sa chambre, il se plaisait à croire qu’à des milliers de kilomètres, Akina était peut-être la, contemplant le même ciel que lui. Ça lui donnait l’impression de n’être pas si éloigné d’elle.

Il avait fallut beaucoup de temps et de réflexion à Nijimura pour prendre la décision qu’il avait prit. Une décision qui ne cessait de le hanter chaque jour qui passait. 4 ans. 1460 jours….. Et chacun d’eux Nijimura avait eu une pensée pour Na-chan. Elle le hantait sans même s’en doutait. Les liens qu’ils avaient tissés ensemble avaient été tellement forts qu’ils en étaient devenus indéfectibles.

Mais alors, si Shuzo ne cessait de penser à elle, est ce qu’Akina aussi pensait à lui ? Est-ce qu’elle souffrait de cette distance les séparant ? Est-ce qu’elle ressentait l’envie douloureuse de le serrer dans ses bras ? Est-ce qu’elle pleurait les soirs, étouffant ses sanglots dans l’oreiller, tellement il lui manquait ? Parce que derrière son sourire et sa bonne humeur, Shuzo cachait une tristesse profonde. Celle d’avoir perdu Hideaki…. Et celle d’être pleinement responsable de cette séparation désastreuse et lâche.

Pourquoi ne rien lui avoir dit ? Il aurait pu lui parler de la maladie de son père et du déménagement que cela impliquait. Quand sa famille était déjà en Amérique, Shuzo s’était appliqué à ne pas lui avouer vivre seul. Parce qu’elle se serait inquiété. Parce qu’elle aurait commencé à angoisser son départ inévitable. Shuzo voulait lui épargner ce compte à rebours même si lui-même comptait les jours restant à passer ensemble. Et plus la date fatidique arrivait et moins Shuzo avait le courage de lui avouer. C’était déjà tellement dur pour lui. La peur de quitter son pays. La peur de tout recommencer dans un endroit qu’il ne connait pas. Où il ne parle même pas la même langue. Où il n’y a même pas la même culture. Dans un endroit où elle n’était pas là….

Alors il avait rien dit. Et il était parti. Silencieusement. Il n’avait mis dans la confiance que quelques personnes de son club de basket. Jusqu’à la dernière minute il avait eu envie de parler à Akina sans réussir à faire sortir les mots de sa bouche. Lorsqu’il l’avait vu pour la dernière fois, Shuzo l’avait serré dans ses bras tout en sachant que jamais plus il lui serait permis de le faire. Elle, ignorante, l’avait trouvé étrange sans réellement comprendre. Elle n’allait pas se plaindre de voir Shuzo si câlin. Elle avait profité de cet instant et lui…. Il avait souffert silencieusement.

Il était parti sans rien dire pour la protéger… C’est ce que Shuzo n’avait cessé de se répéter. Et c’est ce qu’il venait de lui dire une nouvelle fois. La protéger…. S’il devait être lucide, Shuzo reconnaitrait que c’était un argument bidon pour essayer d’apaiser sa conscience. Comment pouvait-il la protéger depuis un autre continent ? Mais Shuzo s’était accroché à cette excuse…. Parce que sans ça, il aurait sombré dans le désespoir. Il aurait sombré dans la tristesse de savoir tout le mal qu’il avait fait à Hideaki….

-Tu pensais vraiment me protéger ? Mais putain sur quelle planète tu vies Shuzo ?

L’ancien capitaine de Teiko ne répondit pas. Sa joue gauche lui donnait une sensation de picotement brulante et désagréable. Face à lui, Akina était furieuse. Elle paraissait entrée dans une rage incontrôlable et il préféra la laisser vider son sac une bonne fois pour qu’elle puisse aller mieux ensuite….


-Je t’ai attendu toute la nuit sur le banc, et le lendemain aussi... Il a fallu me ramener de force chez moi, mais j’y suis retourné tout les jours pendant une semaine... Je t’ai cherché dans toute la ville, chez toi...Mais c’était vide...bien sûr... Et tu sais quoi ? Personne n’a voulu me répondre dans ton collège de nazes...  Sauf Shougo... Tu imagines ce que j’ai ressenti en apprenant tout de la bouche d’un mec à qui tu foutais des coups de pieds au cul ?


Nouveau mutisme. Shuzo était incapable de se défendre. Qu’aurait-il pu lui dire ? oui ! Bien sure que oui elle avait raison ! Bien sure qu’il s’était comporté comme un enfoiré en ne lui expliquant pas qu’il partait. Bien sure aussi que les garçons de la Génération Miracle de lui ont rien dit…. Et pour une fois, Shuzo ne savait plus s’il devait remercier ou pas Haizaki.

Shuzo était perdu. Il ne cessait de regarder Akina dont ses yeux carmins paraissaient vouloir le fusiller sur place. Il ne lui avait jamais connu une telle expression ni un tel regard. Et ça faisait mal. Terriblement mal. Bien plus qu’un coup de poing.

En la voyant ainsi, Shuzo prenait pleinement conscience qu’elle avait changée. Que la souffrance qu’il lui avait fait endurer avait transformé Akina… Elle n’était plus de rage, que colère, que haine….  Il se mordit l’intérieur de la joue alors qu’il l’écouta encore parler des nuits blanches sur le banc du QG, des heures inconsolables où elle avait pleuré, des recherches infructueuses qu’elle avait menée….

-Tu sais, j’ai mal encore aujourd’hui, il m’arrive de pleurer dans mon lit des nuits entières sans que Kureha arrive à me calmer... Et dis avoir voulu me protéger...Mais de quoi ? C’est de toi que tu aurais du me protéger... Et des sentiments que j’avais à ton égard... Parce que...tu le savais n’est-ce pas ? Il aurait fallu être aveugle pour ne pas s’en rendre compte...

Shuzo serra les poings. Il s’était retenu de laisser échapper le moindre mot de ses lèvres mais là, il ne pouvait plus se taire. Il se passa nerveusement la main dans les cheveux tout en pinçant les lèvres. Il riva ses prunelles grises à celles de Na-chan

«  Oui ! Oui je le savais ! Bien sure que je savais que tu étais amoureuse de moi. C’est bien pour ça que c’était encore plus difficile ! Parce que tu crois que pour moi c’était joie et bonheur tous les jours. Tu penses que j’étais heureux pendant toutes ses années sans toi ? Avant de partir, je n’avais qu’un seul but : te rendre heureuse ! Voir ton sourire ! J’avais besoin de toi ! Tous les jours ! »

Shuzo recula d’un pas mais maintenant qu’il était lancé, il n’arrivait plus non plus à arrêter le courant de ses mots

« Tu l’as dit ! Je ne suis qu’un enfoiré d’égoïste ! Je ne t’ai rien dit parce que… Parce que je n’y arrivais pas ! J’ai espéré jusqu’à la dernière minute qu’on allait me dire que je pouvais rester. Je ne voulais pas partir ! Je n’ai jamais voulu m’en aller ! Parce que tu crois quoi ? Hein ? Tu crois que c’était facile d’arriver là-bas et de ne connaitre personne ? Si tu savais le nombre de fois où j’ai eu envie de t’appeler ? Si tu savais ce que je m’en suis voulu de ne pas pouvoir te serrer dans mes bras. Combien je me suis haïe et combien de me déteste encore maintenant pour n’être qu’un putain de lâche d’avoir pas su te parler »


La respiration de Shuzo était devenue erratique. Ses mains tremblaient tant il était submergé par l’émotion. Il posa ses mains sur les bras que Na-chan qu’il maintenait fermement pour qu’elle ne lui échappe pas

« Je n’ai jamais voulu te faire du mal. Jamais. JAMAIS ! »

Shuzo pinça les lèvres et ferma les yeux. Il posa son front contre celui d’Akina.

« Je ne croyais pas possible de revenir un jour à Tokyo…. Et quand on me l’a annoncé… Je n’ai même pas voulu y croire…. »

Shuzo retira ses mains des bras de la jeune fille

« Pardonne moi…. Je te demande pardon Na-chan…. »



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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Sam 8 Oct - 19:30

Rainbow days


with Shuzo

Hideaki connaissait beaucoup de monde.

Il y avait des gens qu’elle aimait, comme les gars de la bande ou de l’équipe de basket, certains même qu’elle aimait très fort comme Kureha ou sa famille. Il y avait aussi bien sûr des gens qu’elle n’appréciait pas vraiment comme les filles de sa classe ou Akashi Seijuro...

Et il y avait Shuzo. Lui, il était dans toutes les catégories et dans aucune en même temps. Elle l’aimait, profondément, et elle le détestait quasiment autant. Une haine qui est née de l’avoir trop aimé surement, mais bien présente pour l’aider à soigner son cœur. Personne n’avait réussi à prendre sa place, il n’y en avait pas deux comme lui, dont l’odeur et la voix étaient rassurantes, dont le rire était communicatif, dont la moue était adorable, dont les yeux étaient brillants et dont la présence était nécessaire.

D’un côté... C’était peut-être un peu de sa faute à elle aussi, si elle avait aussi mal maintenant, elle n’avait qu’à pas s’attacher autant à lui. Quelle idée aussi, il y avait des milliards de mecs sur Terre, des millions au Japon et des centaines dans son entourage. Elle en connaissait pleins, certains étaient même mignons et gentils, des petits copains parfaits. Mais non, elle s’était attachée à lui, elle avait fait graviter son monde autour de lui.

Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle n’arrivait même pas à regretter, parce que Shuzo lui avait apporté tellement de choses, tellement de bonheur avant qu’il ne parte. Elle ne compte plus leurs fous rires, leurs après-midi au QG ou chez elle en train de se goinfrer de pâtisseries, ces moments partagés rien que tout les deux, ces câlins, ces petites attentions, ces sourires, tout était si parfait.

Elle ne pouvait que se dire qu’elle avait eu de la chance de le connaître, et le remercier d’être apparu dans sa vie pour la rendre meilleure. Elle aurait pu. Mais elle lui en voulait trop pour ça. Et c’était franchement fatiguant de ressentir cette haine permanente, c’était usant de se forcer à le détester, Akina en avait marre.

Elle voulait reprendre le cours normal de sa vie, elle voulait pouvoir faire pleinement confiance aux gens et ne pas vivre dans la peur de se faire à nouveau abandonné, elle voulait rencontrer encore plus de monde et partager avec les autres au lieu de se renfermer derrière ce visage froid afin qu’on ne l’approche pas.

Hideaki avait peur de ne plus réussir à aimer après lui.

-Oui ! Oui je le savais ! Bien sure que je savais que tu étais amoureuse de moi. C’est bien pour ça que c’était encore plus difficile ! Parce que tu crois que pour moi c’était joie et bonheur tous les jours. Tu penses que j’étais heureux pendant toutes ses années sans toi ? Avant de partir, je n’avais qu’un seul but : te rendre heureuse ! Voir ton sourire ! J’avais besoin de toi ! Tous les jours !

La rendre heureuse ? Ha... Il y arrivait, très bien même. En fait il n’avait rien besoin de faire pour ça, rien que son existence était une cause de joie, et sa présence le comble du bonheur. Alors oui, il la rendait vraiment heureuse, chaque jour, chaque minute que la vie leur avait donnée. Mais c’était avant...

-Tu l’as dit ! Je ne suis qu’un enfoiré d’égoïste ! Je ne t’ai rien dit parce que… Parce que je n’y arrivais pas ! J’ai espéré jusqu’à la dernière minute qu’on allait me dire que je pouvais rester. Je ne voulais pas partir ! Je n’ai jamais voulu m’en aller ! Parce que tu crois quoi ? Hein ? Tu crois que c’était facile d’arriver là-bas et de ne connaitre personne ? Si tu savais le nombre de fois où j’ai eu envie de t’appeler ? Si tu savais ce que je m’en suis voulu de ne pas pouvoir te serrer dans mes bras. Combien je me suis haïe et combien de me déteste encore maintenant pour n’être qu’un putain de lâche d’avoir pas su te parler.

Hideaki ne sentait même plus les larmes couler sur ses joues pendant qu’elle l’écoutait, avec la plus grande des attentions. Son regard était moins dur et s’emplissait de tristesse à mesure que les mots sortaient de sa bouche.

Elle avait bien compris que cela n’avait pas été facile pour lui non plus, et le voir dans cet état lui faisait un petit pincement au cœur, en plus du chamboulement que son retour avait provoqué.

Elle le laissa faire quand il s’approcha d’elle, elle n’avait même pas la force de réagir, elle ne faisait que le fixer et boire ses paroles. Parce que d’un côté, c’est ce qu’elle voulait. Elle avait beau le détester et lui en vouloir, il était quand même revenu, et il était là, bien en face d’elle. Son cœur ayant ses raisons que la raison ignore, Akina ne pouvait s’empêcher d’être soulagé et rassurer qu’il soit sain et sauf devant lui.

-Je n’ai jamais voulu te faire du mal. Jamais. JAMAIS !

Hideaki senti le front de Shuzo se poser contre le sien. Ils faisaient souvent ça à l’époque, c’était surtout elle, quand elle voulait le rassurer avant un contrôle, ou le calmer après une grosse colère. Mais aujourd’hui c’était différent, elle le sentait à la façon dont son cœur battait.  

-Je ne croyais pas possible de revenir un jour à Tokyo…. Et quand on me l’a annoncé… Je n’ai même pas voulu y croire… Pardonne-moi…. Je te demande pardon Na-chan….

-Je ne sais pas...


Elle n’était surement pas encore prête à lui pardonner, elle avait encore trop mal, c’était trop fort, trop tôt. Et même si elle lui pardonnait, avait-elle la certitude que tout reviendrait comme avant ? Non, parce que c’était tout bonnement impossible et trop tard, parce que les deux avaient changé. Trop de choses et trop de temps c’était passé, ils ne pouvaient que reconstruire une nouvelle relation, au meilleur des cas.

-Je suis perdue actuellement... J’essaye depuis 4 ans à me faire à ton départ et tu reviens, comme ça sans prévenir comme un cheveu sur la soupe... Ne m’en demande pas trop d’un coup s’il te plait...

La demoiselle soupira avant de faire un pas en direction de son ami d’autrefois, tout en s’essuyant à nouveau les yeux. Sa voix était bien plus calme, elle était seulement emprunte d’une profonde tristesse.

-Tu sais, pas plus tard qu’hier j’espérais encore ton retour... Je n’ai cessé de le faire... Mais je ne pensais pas que t’avoir en face de moi me ferait aussi mal, je croyais qu’au contraire j’allais être submergée de bonheur... mais quand je t’ai vu, je n’ai réussi qu’à repenser à ces années de galère à cause de toi, et tous ces moments où tu n’étais pas là alors que je ne voulais que ça...

Son œil rubis fixait son vis-à-vis avant de se détourner et de se poser dans le décor, balayant tout le gymnase avec tristesse.

-J’ai essayé de te remplacer, de faire quelque chose pour combler le vide que tu as laissé... Mais... Mais rien n’y fait... J’ai tout essayé pour aller mieux, mais la douleur était toujours présente, et elle est si forte, j’ai peur de ne jamais réussir à men défaire, même si tu es là.

Elle se rapprocha encore de lui jusqu’à se blottir contre son torse, posant sa tête sur sa poitrine, pile à la bonne hauteur.

-Je suis tellement faible que je n’arrive même pas à te détester...

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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Dim 9 Oct - 9:58

...
Rainbow Day
avec Akina Hideaki



Shuzo avait besoin de Na-chan. Autrefois, il ne se passait pas une journée sans qu’il ait un contact avec elle. Lorsqu’ils ne pouvaient pas se voir, c’est par message que les deux jeunes communiquaient. Des fois pour ne rien se dire de particulier. Le message ne comportait qu’un cœur, qu’un smiley, mais ça leur suffisait.

Avant, Akina avait toujours su avoir les bons gestes ou les bonnes paroles pour apaiser Shuzo dans les moments les plus difficiles. Elle s’approchait de lui, elle prenait son visage entre ses mains et elle posait son front contre le sien. Dans cette intimité restreinte, Shuzo se calmait presque instantanément. C’est presque une formule magique. Un enchantement…

Lorsqu’il était arrivé à Los Angeles, tout ça avait disparu. L’enchantement d’Akina s’était transformé en malédiction puissante. Elle lui manquait…. Et Shuzo était retombé dans nombreux de ses mauvais travers. Il avait recommencé à fumer. Il passait beaucoup de temps à se bagarrer. Quant aux garçons, il avait eu une sale période où il avait enchainé les coups d’un soir sans sentiments par pure envie d’oublier la douleur de l’instant présent. Evidemment, il n’avait jamais parlé de tout ça à Midorima. Il n’y avait qu’Himuro comme témoin de la déchéance dans laquelle Shuzo s’était laissé entrainer. Et loin d’Akina, la pente n’avait pas été facile à remonter.

Bien des fois, Shuzo avait eu envie de prendre son ordinateur et de chercher à reprendre contact avec elle. Il avait même failli demander à Midorima de mener une enquête pour récupérer son numéro de portable afin de lui téléphoner. Mais finalement il s’était abstenu. Parce que s’il faisait ça, c’était prendre le risque de la faire souffrir encore davantage. Shuzo s’accrochait à l’espoir d’imaginer Akina heureuse. Il espérait du fond du cœur qu’elle ne souffrait pas autant que lui. Qu’elle avait trouvé une autre personne pour le remplacer. Et paradoxalement, l’imaginer passer d’agréables moments avec un autre que lui ne faisait qu’accroitre la douleur qu’il ressentait. Shuzo était perdu. Plongé en plein paradoxe, il ne savait plus ce qui était bien et ce qui ne l’était pas. La seule certitude qu’il avait c’est qu’Akina lui manquait….

Et maintenant qu’elle était là, devant, en chair et en os, Shuzo sentait revenir pour la complicité qui les unissait auparavant. Elle avait beau avoir changé. Elle avait beau l’avoir frappé. Elle avait beau lui vomir ses paroles difficiles à entendre et pourtant pleine de vérité. Au bout du compte, Akina était toujours la même. Elle était et elle restait encore maintenant sa petite maman. Sa meilleure amie. La personne qui le connaissait le mieux. Elle restait son âme-sœur

-Je suis perdue actuellement... J’essaye depuis 4 ans à me faire à ton départ et tu reviens, comme ça sans prévenir comme un cheveu sur la soupe... Ne m’en demande pas trop d’un coup s’il te plait...

Shuzo la regarda et il lui fit un petit signe de tête. Si elle avait besoin de temps, il lui en donnait autant que nécessaire. Elle n’était même pas obligée de lui pardonner. Si elle lui demandait de partir sans plus jamais revenir, Shuzo s’exécuterait … Parce que c’était la volonté d’Akina. Parce qu’il lui avait déjà tellement fait de mal qu’il ne souhaitait pas la faire souffrir encore davantage. Elle avait mis tellement de temps à se reconstruire qu’il ne pouvait pas débouler dans sa vie et demander égoïstement de tout reprendre comme autrefois…
Autrefois…. Etait-ce seulement possible de toute reprendre là où ils avaient laissé leur relation ? Akina avait refait sa vie sans lui. Avec d’autres personnes. D’autres visages. Cette Kureha dont elle avait déjà mentionné le nom plusieurs fois. Qui était-elle ? Une amie ? Une camarade de lycée ? Et puis elle avait aussi parlé de Haizaki…. Et Shuzo avait la désagréable impression qu’il y avait quelque chose entre elle et son kohai de jadis. Pour le coup, Shuzo n’était pas rassuré. Haizaki était loin d’être un garçon modèle. Violent, menteur, manipulateur, orgueilleux et insolent…. Akina n’avait vraiment pas à trainer avec ce genre d’individu. Même si Shuzo ne pouvait pas nier avoir une certaine forme de sympathie envers Haizaki. Disons qu’autrefois, il lui faisait penser à lui. Quand il le regardait, c’est comme si Shuzo se voyait dans un miroir. C’est aussi pour cela qu’il avait essayé de l’aider et qu’il s’était montré stricte et intransigeant avec lui. Il espérait qu’au travers le basket, Haizaki pourrait trouver une échappatoire à sa vie compliquée. Qu’à travers le capitaine de l’équipe, il pourrait trouver une épaule sur qui se reposer….  Mais finalement c’est peut-être auprès d’Akina qu’il avait trouvé tout ça…

Akina fit un pas vers lui tout en gardant le regard dans le vide. Shuzo l’écoutait silencieusement. Presque religieusement… Il comprenait que malgré son absence, Akina avait continué à chercher à se rapprocher de lui. Peut-être que cela expliquait son poste de manager dans une équipe de basket. Shuzo ne cachait pas sa surprise. Il avait essayé un nombre impressionnant de fois à lui apprendre à jouer. Mais un tel manque de talent relevait presque de l’exploit ! Par contre, Akina était une fine observatrice. Un fin stratège aussi. Nul doute qu’elle devait être d’une aide précieuse pour son équipe. Et quelle équipe….. Kirisaki Daiichi… L’une des plus détestée du championnat…. Une équipe de joueurs sans scrupule…. Des têtes brulées qui n’étaient pas sans rappeler la bande de copain du QG… Comme quoi, Akina n’avait pas réellement changé…. Shuzo aurait mis sa main à couper qu’elle manageait son équipe de la même façon qu’elle maternait la bande ! Il imaginait sans peine qu’elle devait les gâter à coup de pâtisseries … Qu’elle devait être aux petits soins pour chacun d’eux…. Nijimura en aurait presque été jaloux…

-J’ai essayé de te remplacer, de faire quelque chose pour combler le vide que tu as laissé... Mais... Mais rien n’y fait... J’ai tout essayé pour aller mieux, mais la douleur était toujours présente, et elle est si forte, j’ai peur de ne jamais réussir à men défaire, même si tu es là.

Shuzo la regarda tout en pinçant les lèvres. La même mimique qu’autrefois, lorsqu’il était contrarié. Il tourna à son tour les yeux sur le côté. Il se sentait mal… Avoir fait tellement souffrir Akina… Et revenir comme une fleur devant elle des années après… Il avait envie de s’en aller, de s’enfuir, de courir…. Loin…. Très loin…

Shuzo avait fait un pas en arrière, prêt à s’échapper. Mais comme si elle venait de ressentir ce qu’il éprouvait, Na-chan vint se blottir contre lui. Elle posa sa tête contre son torse et Shuzo garda le silence tout en la regarda. Il y eut un moment d’hésitation. Un moment durant lequel il était perdu entre ce qu’il avait envie de faire et ce que sa conscience lui dictait. Il la sentait là, contre lui, si petite, si précieuse, si fragile….

Finalement, Shuzo referma ses bras autour du corps de son amie. Il la gardait précieusement contre lui dans une étreinte dont il avait rêvé des années durant. Il ne voulait plus que cet instant s’arrête. Ce câlin, Shuzo en avait besoin. Et Akina aussi. Ça faisait du bien… C’était une vague de bonheur qui le submergeait tout entier. Comme autrefois…. Comme si rien ne les avait séparés….

Shuzo ferma les yeux et pencha la tête pour déposer un baiser doux dans ses cheveux. Un petit sourire étira ses lèvres. Ses cheveux sentaient le caramel…. Comme avant…

-Je suis tellement faible que je n’arrive même pas à te détester...

Il gardait la jeune fille dans ses bras. Que devait-il répondre à cela ? Shuzo sélectionna ses mots et il lui parla à demi voix

« Tu n’as jamais été faible… Tu es même la personne la plus courageuse que je connaisse. Si tu veux me détester, je ne t’en empêcherai pas… Tu peux m’insulter, me haïr…. Mais je t’interdis de te rabaisser comme tu viens de le faire. Tu n’es pas faible… »

Shuzo hésita encore. Dans sa tête, tout se bousculait. Il ne savait plus ce qu’il devait faire, ce qu’il devait dire. Il était divisé entre la raison et son égoïsme. Entre son envie et ses droits….

« C’était tellement dur sans toi…. Je ne veux pas avoir à revivre ça. Et en même temps… Je ne peux pas t’imposer ma présence…. Je n’arrête pas de me dire que je n’ai pas le droit de faire irruption de ta vie et d’exiger de retrouver ma place comme si de rien n’était…. C’est dégueulasse de faire…. C’est égoïste….Et put-rée ça me ressemble tellement pas…. »

Shuzo se défit de l’étreinte d’Akina et il recula de plusieurs pas. Les épaules voutées, la respiration un peu plus rapide, il s’appliqua à garder une certaine distance avec elle. Il passa nerveusement sa main dans ses cheveux et sur son visage. Il était perdu…. Complétement….

« Mais je ne peux pas accepter que tu me rejettes. Non…. Si tu ne veux plus de moi dans ta vie, le mieux serait sans doute que je me fasse une raison. Sauf que je n’ai pas envie ! Je ne veux pas ! Je me battrai pour toi s’il le faut ! Je m’en fou que tu me trouve lâche ! Que tu me déteste ! Je veux pas….je ne veux pas te perdre encore une fois….. »

Shuzo recula jusqu’à se retrouver acculer au mur qui se trouvait derrière lui. Il pinça les lèvres et fronça les sourcils avant de se laisser glisser le long du mur jusqu’à se retrouver assis par terre. Il se cacha le visage entre ses mains

« Je suis tellement désolé…. Je ne sais plus quoi faire…. J’ai besoin de toi…. Et je ne veux pas te faire souffrir…. Si je reste à auprès de toi, tu souffriras…. Et si je reste loin… ça sera aussi le cas… Qu’est ce que je dois faire pour te rende le sourire ? »



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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Mar 11 Oct - 14:16

Rainbow days


with Shuzo

Hideaki se trouvait idiote.

C’était de sa faute à elle si elle avait eu mal aussi longtemps. Quelle idée de rentrer dans le club de basket alors qu’elle savait parfaitement qu’elle allait penser à Shuzo tout les jours de cette façon ? C’est vrai, elle aurait simplement pu rentrer au club de cuisine, elle en serait même devenue rapidement la présidente vu ses talents, elle aurait appris pleins de choses utiles... Mais non, au lieu de ça elle était manager de l’équipe de basket de son lycée... C’était bête.

A moins qu’elle soit masochiste ? Elle aimait peut-être avoir mal, qui sait.

C’était comme si elle avait tout fait ces dernières années pour se rapprocher de lui. Si Akina avait quasiment toujours fait partie de la bande, elle n’était jamais mêlé à leurs histoire, elle restait un peu à l’écart de cette violence... Mais depuis quelques années elle avait fait exprès d’y plonger, d’y plonger profondément pour qu’il soit le seul à pouvoir la rattraper. C’était un appel à l’aide... Mais il ne l’avait pas entendu, c’était Kureha qui lui avait tendu la main dans ces ténèbres. Oh, jamais elle ne lui serait assez reconnaissante pour ça.

Mais elle voulait que ce soir Shuzo qui la sauve... Lui et lui seul... Mais il n’était pas là.

C’était quand même pas malin, comme s’il allait faire des centaines et des milliers de kilomètres pour empêcher une idiote de se battre ou de voler, pour lui dire d’aller en cours et de ne pas fumer... Pauvre cruche. En plus elle s’était forcée à fumer, c’était dégoutant !! Heureusement cela n’avait pas duré longtemps, elle se dégoutait elle-même...

Mais les bagarres et les vols, ça continuait encore un peu... Surtout les bagarres en fait. La jeune fille ne prenait plus la peine d’expliquer calmement ses points de vue, si quelqu’un l’énervait, c’était une tarte, et cette fois elle ne parlait pas de pâtisserie. Il résultait tout de même un avantage à toute cette violence, c’est qu’elle ne se faisait pas racketter ni agressée, elle pouvait passer dans les petites ruelles sans avoir peur et aucun pervers ne la tripotait dans le bus. En plus, elle se faisait respecter par es garçons de l’équipe, au début les messieurs avaient voulu jouer aux durs mais ils ont vite compris qu’il ne fallait pas se frotter à elle.

C’était une façon de voir les bons côtés de la chose, mais il y en avait beaucoup de mauvais. Déjà, ses notes avaient beaucoup chuté et elle avait du se reprendre pour conserver son niveau scolaire. Et puis elle avait faillit se faire prendre par les flics une paire de fois... Hors de question qu’elle ne fasse honte à sa mère...

Maintenant elle était le cul entre deux chaises, elle ne savait pas si elle était une bonne ou une mauvaise personne, elle était simplement perdue. Elle voulait juste être heureuse. Pouvait-elle l’être maintenant qu’il était revenu ?

Dans ses bras elle sentait la colère s’atténuer. Elle n’avait rien oublié de cette sensation, c’était comme si son corps retrouvais de vieilles habitudes. C’était doux, c’était chaud, c’était tellement bon. Hideaki se sentait aller mieux qu’avec cette étreinte, celle là aussi elle en avait rêver, peut-être même plus que ce coup de poing.

-Tu n’as jamais été faible… Tu es même la personne la plus courageuse que je connaisse. Si tu veux me détester, je ne t’en empêcherai pas… Tu peux m’insulter, me haïr…. Mais je t’interdis de te rabaisser comme tu viens de le faire. Tu n’es pas faible…

Akina ne répondais pas, elle l’écoutait seulement, et à cette hauteur, le tête contre son torse, elle pouvait entendre le battement rassurant de son cœur. Il était là, contre elle, elle pouvait le sentir, le toucher, l’entendre, c’était tellement rassurant. Elle l’impression de retomber en enfance, elle revoyait ces journées sur le banc à critiquer les gens qui passent par ennuis ou les après-midi sur son lit à simplement discuter de tout et de rien. Chacun de ces instants était si précieux, elle les chérissait plus que sa propre vie.

-C’était tellement dur sans toi…. Je ne veux pas avoir à revivre ça. Et en même temps… Je ne peux pas t’imposer ma présence…. Je n’arrête pas de me dire que je n’ai pas le droit de faire irruption de ta vie et d’exiger de retrouver ma place comme si de rien n’était…. C’est dégueulasse de faire…. C’est égoïste….Et put-rée ça me ressemble tellement pas…

Elle l’écoutait, et ses paroles lui faisaient tellement mal. Pas parce qu’elles étaient blessantes, mais parce qu’elle sentait à quel point il pouvait souffrir en les disant. Elle était bien consciente que ces dernières années n’avaient pas été faciles pour tout les deux, et elle s’en voulait de ne penser qu’à elle et à sa propre souffrance.

Elle le sentit se reculer, et elle le regarda, en ramenant ses bras contre elle. Hideaki était soudainement prise d’un sentiment de culpabilité de lui avoir dit toutes ces horribles choses.

-Mais je ne peux pas accepter que tu me rejettes. Non…. Si tu ne veux plus de moi dans ta vie, le mieux serait sans doute que je me fasse une raison. Sauf que je n’ai pas envie ! Je ne veux pas ! Je me battrai pour toi s’il le faut ! Je m’en fou que tu me trouve lâche ! Que tu me déteste ! Je veux pas….je ne veux pas te perdre encore une fois…

-Shuzo...

-Je suis tellement désolé…. Je ne sais plus quoi faire…. J’ai besoin de toi…. Et je ne veux pas te faire souffrir…. Si je reste à auprès de toi, tu souffriras…. Et si je reste loin… ça sera aussi le cas… Qu’est ce que je dois faire pour te rende le sourire ?


Ha...et voila elle sentait à nouveau les larmes monter, elle ne voulait pas le voir comme ça, c’était encore pire que s’il n’était pas là.

Elle s’avança vers la table sur laquelle elle écrivait plus tôt et elle attrapa une boite en plastique pleine de petits lapins. C’était un cadeau de l’équipe, ils lui avaient offert une énorme boite pour qu’elle puisse y mettre encore plus de gâteaux... Oui, c’était un cadeau totalement intéressé, mais cela l’avait rire sur le moment. Elle fut soulagée d’y trouver deux cookies restant, elle leur avait bien dit d’en laisser au moins un pour sa colocataire et elle fut presque surprise de voir qu’ils l’avait écouté.

Elle en prit un et s’accroupie devant Shuzo en lui tendant le biscuit caramélisé.

-Ce ne sont pas tes préférés, mais je sais que ça fait toujours du bien...

Elle prit son visage dans ses mains après qu’il se soit saisi du gâteau. Elle le leva vers le siens et lui fit un bisou sur le front et un sourire tout tendre comme elle en avait l’habitude.

-Arrête de te poser trop de questions... Tu es revenu...Tu es là... C’est le principal. Même si je t’en veux, et que je ne te pardonne pas tout de suite... Tu es près de moi et c’est ce qui compte hm ?

Elle sentit des larmes mouiller ses joues mais elle ne le lâcha pas du regard.

-J’ai mal aujourd’hui mais ça ira mieux demain... Tout ira mieux, parce qu’on est à nouveau ensemble... C’est tout ce que je souhaitais de toute façon... Alors... Souris-moi... Shuzo...

Elle lui caressa la joue tendrement, comme avant.

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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Mer 12 Oct - 14:14

...
Rainbow Day
avec Akina Hideaki



Du temps de Teiko, Nijimura Shuzo avait été rapidement remarqué par ses talents d’observation. C’est entre autres pour cela qu’il avait été appréhendé par le directeur de l’équipe de basket. Jamais il n’avait pensé qu’on lui confierait un poste à si hautes responsabilités mais il s’en trouvait flatté. Son application dans le basketball faisait écho à son absentéisme pour tout autre matière. Lui proposer un poste de Capitaine était aussi un moyen de l’obliger à un comportement exemplaire, Shuzo le savait bien. La perspective de devoir rentrer dans le moule ne lui plaisait pas vraiment et il savait qu’en acceptant d’être capitaine il allait aussi devoir espacer ses visites au QG.

Avant de donner une réponse, il avait tenu à en parler à Akina. Il avait peur de la blesser si elle apprenait qu’ils allaient moins se voir. Mais non. Na-chan avait été ravie. Elle lui avait sauté au cou en s’extasiant sur le fait que c’était génial, qu’il ne devait pas hésiter et accepter sur le champ. Et c’est ce que Shuzo avait fait. Dès le lendemain il avait accepté et il se retrouva donc propulsé à la tête de l’équipe A du club de basket Teiko

Au début, il avait eu l’impression que le costume était taillé bien trop grand pour lui. C’était beaucoup lui demander de devoir chapoter tous ces joueurs. Surtout les nouveaux. C’était la première fois depuis la création du collège que cinq prodiges du basket entrent directement dans l’équipe A. Shuzo n’en revenait pas. Il avait l’impression de voir des diamants à l’état brut. Il allait falloir les guider, les conseiller, les épauler….

Au fur et à mesure, Shuzo s’était montré moins rebelle. Plus studieux. Il ne séchait plus les cours et ses notes avaient finies par remonter en flèche. C’était aussi dû en grande partie à Na-chan qui l’aidait en lui donnant des cours de soutiens pour combler les lacunes que ses absences avaient formés. Au sein du club de basket, il avait fini par pleinement assumer son poste. Son avis et ses remarques pertinentes suffisaient à elles seules à justifier qu’il soit capitaine. Il ne se trompait que rarement dans la sélection des joueurs qu’il faisait pour les matchs ou dans l’attribution des entrainements personnels. Finalement il se faisait respecter. Il était devenu exemplaire. Un modèle à suivre. Et…. Il aurait menti s’il disant que ça ne lui plaisait …

Quant à Akina, c’est vrai qu’ils se voyaient un peu moins. Shuzo désertait aussi le QG du parc… Mais à chaque fois qu’ils se retrouvaient, c’était un moment qu’ils étaient heureux de partager. Shuzo avait essayé de lui apprendre à jouer au basket. Il se souvenait même qu’il la portait à bout de bras pour qu’elle essai de mettre des paniers. C’était drôle parce même comme ça elle n’y arrivait pas. Akina venait très souvent le voir pour les matchs de Teiko. Elle attendait qu’il sorte des vestiaires même si certaines fois ca prenait beaucoup de temps. Il fallait débriefer, vérifier que personne n’ait rien oublié… Shuzo était très souvent le dernier à s’en aller mais Akina avait toujours été là, l’attendant sagement avec une boite de gâteaux qu’elle avait préparés pour le féliciter ou le réconforter après s’être autant dépensé.

Voilà…. C’était ça sa vie d’autrefois. Et putain ce qu’elle lui plaisait cette vie-là. Shuzo était heureux. C’était sans l’ombre d’un doute le moment de sa vie qu’il avait préféré. Il était entouré des personnes qu’il aimait. D’Akina, de son collège, de ses joueurs.... Et c’est aussi à cette période qu’il avait commencé à comprendre qu’il n’était pas comme les autres mecs. Lui… il ne craquait pas devant les jupettes des uniformes d’étudiantes. C’est plutôt sur les fessiers bien moulés dans les pantalons à pinces de ses camarades masculins qu’il craquait… Son homosexualité, Shuzo l’avait facilement accepté mais il en avait fait son secret. Un secret qu’il avait voulu partager qu’avec une seule et unique personne : Na-chan. Ça n’a été que plus tard qu’il avait trouvé le courage de l’ébruité aux oreilles de Shintaro, de Saeko, d’Himuro, de Kagami….

C’était cette vie-là que Shuzo espérait pouvoir retrouver en revenant à Tokyo. Il n’était pas naïf au point de croire que ça serait possible… Na-chan avait toutes les raisons du monde de le rejeter… Et elle aurait été bien stupide de ne pas le faire. Mais ça faisait mal… Affreusement mal…. Elle était si près de lui. Il aurait suffi d’un claquement de doigt pour tout oublier et tout reprendre là où ils en étaient restés. Si seulement la vie était si facile…

Recroquevillé à même le sol du gymnase de Kirisaki Daiichi, Shuzo ne savait plus quoi faire. Na-chan avait changé et il savait parfaitement que tout était de sa faute à lui. Cette colère qu’il venait de lui découvrir. Cette violence dont elle avait fait démonstration. Cette haine qu’elle semblait lui vouer…. Tout était de sa faute. A cause de lui, Akina avait changé à tout jamais…. Elle avait dû traverser des moments difficiles et douloureux. Shuzo n’osait même pas imaginer ce qu’elle avait pu ressentir quand elle avait compris qu’ils ne se reverraient plus. L’image de sa précieuse amie l’attendant une nuit entière sur le banc ne cessait de le hanter. Elle avait dû avoir froid… Elle avait dû pleurer… elle avait dû l’appeler…. L’espérer…. Le supplier….

Le dos du garçon se vouta sous tant de culpabilité. Son visage dissimulé entre ses mains, il n’entendait qu’a peine la voix tremblante de Na-chan prononcer son prénom. Ce n’est que lorsqu’il la sentit s’accroupir face à lui qu’il releva un peu la tête pour que ses yeux anthracites croisent les siens

-Ce ne sont pas tes préférés, mais je sais que ça fait toujours du bien...

Le regard de Shuzo se baissa et tomba sur un cookie au caramel qu’elle tenait dans ses mains. Non.. Ce n’était pas ses préférés c’est vrai. Ceux qu’il aimait c’était les cookies avec des gros éclats de macadamia. Na-chan faisait exprès de ne pas trop concasser les noix pour qu’elles restent croquantes sur la dent. Ca constatait avec le moelleux et le sablé du gâteau… Il n’y avait pas à dire, Na-chan était faire pour être pâtissière. Elle avait une sorte de don… Au-delà même de la fabrication des gâteaux, elle avait un don pour que ses créations gourmandes arrivent à apaiser les gens et leur redonner le sourire dans les moments les plus sombres.

Shuzo prit le biscuit mais il ne le mangea pas pour autant. Il la remercia simplement

Les mains d’Hideaki encadrèrent son visage. Il pouvait sentir leur chaleur sur chacune de ses joues. C’est à la fois doux et brulant…

-Arrête de te poser trop de questions... Tu es revenu...Tu es là... C’est le principal. Même si je t’en veux, et que je ne te pardonne pas tout de suite... Tu es près de moi et c’est ce qui compte hm ?


Shuzo n’arrivait pas de détacher son regard du sien. Il y avait toujours cette mèche de cheveux qui tombait le long de son visage et derrière laquelle elle se dissimulait. Shuzo l’avait jamais aimé cette mèche. Il lui avait dit cinq cent fois. Elle était tellement jolie qu’elle méritait d’être vue toute entière. C’était d’ailleurs pour retenir cette mèche qu’il lui avait offert la fameuse barrette en étoile arc en ciel…

Les joues de Na-chan s’humidifièrent encore. Des larmes roulaient sur sa peau diaphane et Shuzo en avait le cœur encore plus serré. Il était incapable de parler et il sentait ses propres larmes remonter jusqu’au bord de ses yeux. Pleurer devant Na-chan, ça ne serait pas la première fois. Pleurer pour elle non plus… Mais là, il n’avait décemment pas le droit de pleurer. Elle avait besoin d’être soutenue et non pas besoin de le consoler…

-J’ai mal aujourd’hui mais ça ira mieux demain... Tout ira mieux, parce qu’on est à nouveau ensemble... C’est tout ce que je souhaitais de toute façon... Alors... Souris-moi... Shuzo...


La main d’Akina glissa sur sa joue. C’était une caresse douce, à peine plus forte qu’un effleurement. S’en était trop… Beaucoup trop. Shuzo ferma les yeux et les larmes ruissèlement sur ses joues sans qu’il puisse les retenir davantage. Il l’attrapa contre lui et la serra fortement dans ses bras. Sa tête se calla dans le creux de son épaule et il resta ainsi quelques minutes sans réussir, sans vouloir, la lâcher.

« Oui… Je suis de nouveau là. Et je ne partirai plus. Je t’avais fait cette promesse d’être toujours présent pour toi et je n’ai même pas été foutu de la tenir…. »


Shuzo se redressa et d’un revers de main il effaça ses larmes encore présentes sur son visage. Il s’était pourtant promis de ne pas pleurer. Décidément, les promesses n’étaient pas son fort….  Malgré ses yeux rougis, il lui offrit le sourire qu’elle lui avait demandé.

« J’aimerai te voir sourire aussi. J’aimerai… te revoir heureuse. J’aimerai, qu’on prenne le temps de se retrouver, qu’on réapprenne à se connaitre… Est-ce que tu crois que dans cette nouvelle vie que tu t’es construite il y aurait… une petite place pour moi ? »


Shuzo baissa le regard et il coupa en deux le cookie qu’il tenait dans ses mains. Elle lui avait dit que ça faisait toujours du bien mais et elle semblait en avoir besoin tout autant que lui. Avec un petit sourire il lui tendit une partie du gâteau avant de porter l’autre morceau à ses lèvres. C’était délicieux, évidemment. Et elle avait raison une nouvelle fois : ca faisait un bien fou…

N’y tenant plus, il prit la mèche de cheveux de la jeune fille et il la glissa derrière son oreille. Voilà, elle était parfaite. Elle était adorable. Un sourire étira les lèvres du garçon

« Tu es encore plus mignonne qu’avant »

Shuzo se leva doucement et il alla récupérer la barrette qu’il avait posé sur la table. Il se pencha pour la remettre dans les cheveux de son amie. Elle n’avait plus vraiment l’âge de porter ce genre d’accessoire mais ce n’était pas grave. Finalement, Shuzo avait un petit pincement au cœur en la regardant avec la barrette dans ses cheveux sombres.

«  Ca fait quatre ans que je voulais te la rendre… Elle ne m’a jamais quitté depuis »

Ha… Non… stop ! Il n’allait pas repartir dans ses souvenirs tristes. Le passé, c’est le passé. Si Na-chan le désirait, ils pourraient ensemble aller de l’avant et écrire de nouvelles pages de leur histoire.

Shuzo avait aperçu un bloc note sur la table où Akina était occupée avant qu’il n’arrive. Il se retourna et se pencha. Il attrapa un crayon et commença à écrire sur une page blanche qu’il lui tendit ensuite

« C’est mon adresse. Ma famille est encore aux états unis alors pour le moment j’ai un petit studio en ville. Ce n’est vraiment pas très grands mais tu y es la bienvenue aussi souvent que tu voudras… Je t’ai également laissé mon numéro. Tu peux en user, en abuser ou même l’effacer…. Enfin si tu veux me contacter…. C’est comme tu veux… »




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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Sam 15 Oct - 10:50

Rainbow days


with Shuzo

Shuzo avait toujours été un garçon un peu capricieux.

Il était jaloux et demandait beaucoup d’attention. Mais ça, jamais il ne l’avouerait évidemment... Mais Akina le savait bien. C’était à elle qu’il confiait ses problèmes familiaux comme les disputes avec ses parents ou le fait qu’ils préféraient soit disant son frère et sa sœur à lui...

C’était par manque d’attention qu’il avait rejoins la bande, il voulait que ses parents s’occupent de lui, le remarque... Mais il n’avait pas choisi la meilleure des méthodes, c’était encore pire. Alors pour qu’il soit heureux, Hideaki avait décidé de devenir sa maman de substitution. Cela n’avait pas réellement été un choix car tout s’était opéré naturellement, mais pour rien au monde elle n’aurait laissé sa place à qui que ce soit.

Au début c’était un peu compliqué de comprendre ses réactions parfois abusives sur certains points, mais rapidement elle avait rassembler les armes pour faire du petit rebelle un véritable agneau sans défense devant elle. La demoiselle avait bien compris comment l’amadouer, le calmer, et le faire aller mieux.

Elle était là pour le soigner après une bagarre, et aussi lui donner quelques remontrances, on ne se bat pas à son âge et encore moins quand on est dans un collège comme le sien ! Bien que la jeune fille s’en fiche royalement de l’apparence (de toute façon Shuzo était toujours le plus beau), il aurait été mal vu de se ramener avec des bleus partout...
Akina avait aussi ce don pour les pâtisseries, elles n’étaient pas seulement bonnes, mais elles étaient un vrai moteur sociale qui rapprochait les gens et réchauffait le cœur. Sa mère lui disait que c’était grâce à l’amour qu’elle mettait dans leur préparation. Et Shuzo c’était celui qui en profitait le plus de ces sucreries, elle lui donnait souvent le choix quant à la pâtisserie qu’elle allait ramener le lendemain, au grand damne des autres garçons.

Hideaki était aussi un soutien moral pour le jeune adolescent, elle ne cessait de le soutenir quand il n’avait pas confiance en lui, ou de le gronder quand il avait un peu trop confiance justement... Bien qu’elle aussi traine avec des voyous, elle ne cautionnait pas forcément toutes leurs activités, et encore moins quand cela concernait son petit protégé. Du coup, ce n’était pas rare que le brun se prenne un petit coup sur la tête quand il se prenait pour plus fort qu’il n’était et ne fasse n’importe quoi.

Elle avait aussi été là pour l’aider quand il avait été menacé d’être viré de l’équipe de basket si ses notes ne remontaient pas. Ses notes à elle étant excellentes, elle lui avait prodigués des cours particuliers afin de reprendre les bases et approfondir certaines choses. Elle avait faillis s’arracher les cheveux à plusieurs reprises mais cela restait de bons souvenirs avec des moments de franche rigolade.

Aussi et surtout, elle avait su lui apporté l’affection dont Shuzo avait pu manquer. Jamais elle ne lui avait refusé un câlin, et mieux encore, elle lui en donnait sans qu’il ne demande. Un câlin de réconfort, de félicitation, pour se réchauffer, ou juste parce que ça fait du bien. Les deux jeunes adolescents étaient pleins d’affection l’un envers l’autre et elle aurait donné tout l’or du monde pour que cela continue.

Il n’y avait aucun sous-entendu derrière leurs gestes tendres et leurs bisous, même si Akina était folle amoureuse de son ami, elle savait que la réciproque n’était pas vraie. Et elle s’en fichait, parce que le savoir heureux à ses côtés était bien plus important que tout le reste, et il l’aimait, c’était le principal.
Elle n’avait pas mal pris la nouvelle de son homosexualité, elle avait été un peu triste, car cela avait définitivement enterré tout espoir de relation plus poussée, mais cela n’avait pas duré longtemps. Elle avait été submergée par la joie de savoir que c’était à elle, et seulement à elle qu’il l’avait dit. Une preuve de confiance irréfutable qui avait suffit à réchauffer son petit cœur.

Tout comme l’avoir en face d’elle, même si cela lui faisait mal, elle sentait quelque chose de chaud en elle. C’était agréable.

-Oui… Je suis de nouveau là. Et je ne partirai plus. Je t’avais fait cette promesse d’être toujours présent pour toi et je n’ai même pas été foutu de la tenir…

-Tu n’avais pas le choix...


Il ne pouvait pas rester à ses côtés, il avait fallu un certain temps à Hideaki pour le comprendre, et c’était égoïste de faire comme si tout était de la faute de Shuzo. Mais il ne pouvait pas laisser son père juste pour être avec elle, c’était donc normal qu’il parte pour le rejoindre. La seule chose pour laquelle la demoiselle lui en voulait aujourd’hui, c’était ce silence, aussi sur son départ que pendant ces longues années d’absence. Il aurait pu la prévenir, au moins pour qu’elle se prépare à ce départ, mais aussi rentrer en contact avec elle, c’était facile avec toutes les technologies à leur disposition. Il aurait pu changer les choses.

-J’aimerai te voir sourire aussi. J’aimerai… te revoir heureuse. J’aimerai, qu’on prenne le temps de se retrouver, qu’on réapprenne à se connaitre… Est-ce que tu crois que dans cette nouvelle vie que tu t’es construite il y aurait… une petite place pour moi ?

-Baka...

Elle lui assena la même pichenette sur le front qu’autrefois quand il disait une bêtise plus grosse que lui, cela arrivait quasiment tout les jours d’ailleurs...

-Il y aura toujours une place pour toi dans ma vie... Toujours...

Les joues de la demoiselle prirent une légère teinte rosée après ses mots et elle pris le morceau de cookie qu’il lui tendit avant de croquer dedans en essayant de ne pas mettre des miettes partout. Un coup d’œil en sa direction lui indiqua qu’il semblait apprécier leur goût, elle était rassurée. D’ailleurs elle avait tellement de nouvelles recettes à lui faire gouter, il avait intérêt à se préparer l’estomac !

Elle sentit la main du garçon passer sa mèche derrière son oreille, c’était quelque chose qu’il faisait souvent avant afin de dégager son visage et pouvoir admirer ses yeux.

-Tu es encore plus mignonne qu’avant

Akina sentit ses joues chauffer d’un coup, il n’avait finalement pas changer, toujours en train de dire des bêtises plus gênantes les unes que les autres. La demoiselle ne répondit pas, et Shuzo se rapprocha d’elle pour lui mettre sa vieille barrette, c’était un cadeau qu’il lui avait offert il y a de nombreuses années. Elle l’avait chéri comme la prunelle de ses yeux, jusqu’à ce qu’elle la perde sans l’avoir jamais retrouvé.

-Ca fait quatre ans que je voulais te la rendre… Elle ne m’a jamais quitté depuis...

-Je l’ai cherché partout...


Elle passa ses doigts fins sur la barrette qui était exactement comme la dernière fois qu’elle l’avait vu. Elle se sentait beaucoup mieux de savoir qu’elle n’était pas perdue, et surtout qu’elle avait accompagné son cher Shuzo pendant toutes ces années.

-C’est mon adresse. Ma famille est encore aux états unis alors pour le moment j’ai un petit studio en ville. Ce n’est vraiment pas très grand mais tu y es la bienvenue aussi souvent que tu voudras… Je t’ai également laissé mon numéro. Tu peux en user, en abuser ou même l’effacer…. Enfin si tu veux me contacter…. C’est comme tu veux…

Hideaki se saisit du papier en question et le regarda un instant avant de lever les yeux vers son vis-à-vis.

-Merci Shuzo... Je vais garder ça précieusement et... On se recontacte rapidement... Je pense que nous avons énormément de choses à nous dire et à nous raconter... Mais pas aujourd’hui... Je suis fatiguée... je pense que cela fait beaucoup d’émotions pour une seule journée...

Elle lui fit un sourire à la fois tendre et désolé. Bien sûr qu’elle voudrait le revoir, et le plus vite possible. Mais elle devait déjà se remettre de toutes ces émotions avant.

-Je... Je vais ranger le gymnase... Ils sont tous partis comme des voleurs en laissant tout en plan... Quand je vais les choper demain ils feront moins les malins d’ailleurs.

Elle rangea le papier dans sa poche et avança vers le centre du gymnase avant de se tourner vers Shuzo.

-Tu peux m’aider si le cœur t’en dit... Ou rentrer chez toi... Dans tout les cas... Je t’envois un message rapidement...

Et elle attrapa un ballon pour le mettre dans son bac.


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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Lun 17 Oct - 9:14

...
Rainbow Day
avec Akina Hideaki



Il y avait un contraste saisissant entre avant et maintenant.

Avant, Shuzo ne se posait aucune question. Il agissait comme lui dictait de le faire son naturel et son impulsivité. C’était à la fois une bonne et une mauvaise chose. Associé à son tempérament rebelle, cela le conduisait souvent à des situations compliquées desquelles Na-chan l’avait tiré un nombre incalculable de fois.

Vraiment, Nijimura n’était pas fier du garçonnet qu’il avait été. Il répondait à ses parents, il était insolent, violent, colérique, impulsif, voleur…. Bien des fois, les parents Nijimura s’étaient sentis dépassés par les évènements avec leur fils incontrôlable. Pour sa mère, le laisser sortir seul était une source d’angoisse parce qu’elle ne pouvait pas savoir ce qu’il allait faire. Se rendait-il bien à l’école ? Allait-il finir la journée au poste de police ou dans ce parc en compagnie de ces autres garçons plus âgés et peu fréquentables ?

Pour Shuzo, ses parents n’avaient que ce qu’ils méritaient. Il s’était toujours senti abandonné… Son père était un homme particulièrement prit par son travail et Shuzo ne lui avait jamais pardonné de passer plus de temps auprès de ses mangakas ou ses collaborateurs plutôt qu’auprès de lui. Combien de repas de famille avaient-ils fait sans lui ? Combien d’anniversaire son père avait-il loupé ? Il n’était pas là les soirs quand Shuzo rentrait de l’école et il était déjà parti le matin quand l’heure était venue de se réveiller. Etait-il seulement rentré dormir à la maison ? Il lui arrivait bien trop fréquemment de découcher pour aider ses auteurs à tenir leurs délais… Et sa famille dans tout ça ? Shuzo n’avait pas su gérer ce manque d’affection paternel…. Et ce n’était pas auprès de sa mère qu’il avait pu trouver du réconfort. Trop occupée par les deux cadets de la famille, par la tenue de la maison et les autres taches quotidiennes, elle avait tendance à oublier que son fils ainé aussi, du haut de ses neuf ans, avait besoin de câlin, de baiser, d’attention…. Et de temps…

Lorsque la colère et la jalousie de Shuzo avait pris le dessus, ses parents avaient cru utile de l’inscrire dans un dojo pour lui apprendre le karaté. Une méthode qui, selon eux, lui aurait permis de canaliser sa colère et de la contrôler… Au lieu de ça, Shuzo avait appris les rudiments du combat qu’il n’avait pas hésité d’utiliser plus tard dans la rue pour se défendre et attaquer ceux qui lui cherchaient des noises.

C’est sa rencontre avec Na-chan qui avait tout bouleversé. Dans un premier temps, elle avait essayé de le comprendre. Il avait trouvé en elle une oreille à qui se confier, une épaule sur laquelle se reposer, ses bras dans lesquels pleurer…. Na-chan le grondait parfois…. Souvent même. Elle ne supportait pas qu’il se bagarre et qu’il revienne avec des blessures qu’elle se précipitait immédiatement de panser. Na-chan lui faisait la morale parfois…. Souvent même. Elle essayait de lui expliquer à quel point il était important qu’il cesse de sécher les cours surtout quand on a la chance d’avoir obtenu une bourse d’étude permettant d’intégrer le collège Teiko.  Son collège de «  bourge » comme elle disait. Na-chan le consolait parfois… souvent même. Elle le prenait dans ses bras lorsque ça n’allait pas. Elle avait été première spectatrice de ses moments de faiblesses, de ses interrogations, de ses peurs….

Elle avait été pour lui comme une maman. Sa petite maman.

Et maintenant, il avait l’impression que tout avait changé. Quatre ans s’étaient écoulés sans qu’il puissse la voir, lui parler, l’écouter, la toucher…. Shuzo ne cachait pas sa joie et sa vive émotion d’avoir pu enfin la retrouver. Si cela ne tenait qu’à lui, il la garderait prisonnière de ses bras toute la nuit pour se prouver qu’il ne rêvait pas, qu’elle était là….

Quelle hérésie d’avoir pu penser qu’il la retrouverait identique à celle qu’elle était. Il avait dû se passer bien des choses durant ses quatre années. C’était valable pour lui comme pour elle…. Et maintenant qu’ils étaient enfin l’un auprès de l’autre, Nijimura prenait pleinement conscience que tout ne serait peut-être plus jamais comme avant. Leur amitié allait peut être avoir la chance de se poursuivre mais… différemment. C’était un sentiment à la fois heureux et incroyablement douloureux. Toujours cette même impression d’être scindé en deux… Est-ce que ça allait finir par passer avec le temps ? Est-ce que le naturel allait revenir comme avant ? Il était bien trop tôt pour le dire….

-Baka…Il y aura toujours une place pour toi dans ma vie... Toujours...


Shuzo avait fermé son œil droit quand elle lui avait mis une pichenette sur le front. Ce n’était pas douloureux, cela ressemblait presque à une caresse même. Et ça, ça c’était quelque chose qu’elle lui faisait souvent autrefois quand il disait une ineptie plus grosse que lui… c’est-à-dire souvent !

Shuzo s’était légèrement frotté le front plus par reflexe qu’autre chose. Il s’était défait de son étreinte et s’était relevé pour lui donner un morceau de papier sur lequel il avait préalablement inscrit ses coordonnées. Libre à Na-chan d’en faire ce qu’elle voulait. Le garder, le jeter, le bruler…

-Merci Shuzo... Je vais garder ça précieusement et... On se recontacte rapidement... Je pense que nous avons énormément de choses à nous dire et à nous raconter... Mais pas aujourd’hui... Je suis fatiguée... je pense que cela fait beaucoup d’émotions pour une seule journée...

Beaucoup d’émotion, c’est le moins que l’on puisse dire. Shuzo se sentait épuisé, vidé de toute énergie.

« C’est vrai, ça fait beaucoup…. On pourrait… je ne sais pas s’il existe encore mais… Ça te dirait qu’on essaie de se donner rendez-vous sur le banc du parc ? A notre QG ? Ce n’est pas que je suis nostalgique… enfin si.. Je le suis… mais c’était notre endroit à nous… et je n’en vois pas de meilleur pour donner un nouveau départ à notre amitié… »


Peut-être que le banc avait été démonté et jeté dans une décharge. Cette perspective n’était pas des plus réjouissantes pour Nijimura. Il aurait eu l’impression qu’on aurait arraché et bafoué tout ce pan de son passé. Mais ce sont malheureusement des choses qui arrivent dans les villes. Pourquoi s’encombrer d’un vieux banc en bois à la peinture écaillée et gravée de noms divers et variés ? Si pour Shuzo ce banc signifiait beaucoup, pour la municipalité, il ne devait rien signifier du tout…

-Je... Je vais ranger le gymnase... Ils sont tous partis comme des voleurs en laissant tout en plan... Quand je vais les choper demain ils feront moins les malins d’ailleurs. Tu peux m’aider si le cœur t’en dit... Ou rentrer chez toi... Dans tous les cas... Je t’envoie un message rapidement...

«  Je vais t’aider…. »

Un petit sourire étira les lèvres de l’ancien capitaine. Laisser un gymnase en bordel…. Quand il avait débuté le basketball à Teiko c’était monnaie courante. Mais lorsqu’il était passé capitaine, personne n’aurait ne serait-ce qu’eut l’idée de vouloir partir sans rien ranger. Une seule et unique fois c’était arrivé. Les garçons, épuisés, avaient regagnés les vestiaires en laissant le gymnase désordonné. Shuzo était leur capitaine et pas leur femme de ménage. D’un pas décidé, il était donc allé les rechercher dans les vestiaires et c’est sans ménagement et par le col de leur maillot – pour les plus chanceux et par un coup de pied au derrière pour les autres - qu’il les avait ramené sur le paquet non sans leur épargner un discours bien salé ! Non mais !!!!

«  Tu as l’air d’avoir réussi à trouver ta place dans cette équipe. Une équipe avec un fort caractère si je ne me trompe pas…. Je t’admire. Tu as toujours été une fine stratège. Et tu as toujours eut un don avec les garçons paumés… avec les enfants perdus qu’on était …. »


Shuzo vérifia l’état des semelles de ses chaussures. Il s’agissait de basket de ville qui n’avaient rien à faire sur un parquet de basket mais comme elles n’étaient pas sales, il se risqua dessus en prenant garde de ne pas l’abimer. Evidement qu’il allait l’aider à ranger. Il n’y avait que quelques ballons, des gourdes, des serviettes et des dossards jetés par terre. Mais il ne pouvait pas la laisser ranger seule. Ajouté au fait que cela prolongeait encore un peu le temps à passer ensemble.

Shuzo se pencha pour attraper les chasubles. Certaines étaient bleues, d’autres étaient jaune fluo. Il les démêla un peu, les secoua avant de les plier sommairement pour que Na-chan puisse ensuite les ranger à leur place. Puis il se pencha et attrapa un ballon. Shuzo le regarda longuement, perdu dans ses pensées.

Il commença à faire rebondir la balle. Le son assez puissant fut amplifié par le silence qui régnait. Shuzo en sursauta presque. Mais ça ne l’empêcha pas de continuer à dribler. Au début avec une certaine timidité et lenteur. Puis plus rapidement. Plus précisément. C’était presque comme si ses mains et tout son corps se rappelaient soudain de quelque chose qu’ils avaient oublié. Un sourire étira les lèvres de Shuzo. Ça faisait du bien…. Tellement de bien…. Juste dribler, jouer, s’amuser avec le ballon…. C’était un basique exercice d’agilité mais c’était comme si toute la tristesse et la culpabilité qu’il portait sur ses épaules venaient un peu de s’envoler.

Nijimura avança sur le paquet en direction du panier. Il s’arrêta juste à la ligne des trois points avant d’effectuer un tir parfait. La balle fonça en direction du filet dans lequel elle rentra sans même effleurer l’arceau. Shuzo laissa éclater sa joie avant de courir pour récupérer son ballon. Tout en drillant, il s’approcha d’Hideaki. Le petit sourire à la fois malicieux et enfantin traduisait clairement qu’il avait une idée derrière la tête. Il calla son ballon sous le bras avant de tendre la main à son amie

« Viens Akina… S’il te plait, viens jouer avec moi »

Ce n’était pas une proposition de duel en un contre un. Ce n’était pas non plus pour l’écraser grâce à la supériorité de son talent. C’était juste pour jouer. Comme ils le faisaient ensemble avant sur les terrains de street basket disséminés dans Tokyo. Rien que jouer au ballon. Se faire des passes, quelques fois réussies, souvent ratées. Se risquer devant le panier, s’amuser…. Rien que s’amuser… Parce que ça faisait du bien… et parce que l’un comme l’autre en avait grandement besoin….

« Je me demande si tu as progressé en quatre ans. Je dois encore te porter pour marquer des paniers ? »

Un léger rire lui échappa alors qu’il lança le ballon à Hideaki.



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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Lun 17 Oct - 16:48

Rainbow days


with Shuzo

Le QG... Hideaki ne comptait plus le nombre d’heures passées sur ce petit banc tout pourri.

Tout avait commencé un jour, sa mère devait faire un extra au boulot, et elle ne voulait pas laisser sa tendre jeune fille toute seule à la maison, cela avait donc été à son frère de la garder. Sauf que bon, Ayato avait lui aussi des trucs à faire, alors il l’avait prise avec lui pour aller voir sa bande de copains. Il lui avait bien sûr demandé de ne rien dire sur ce qu’elle pouvait voir ou entendre la bas, sinon leur pauvre mère serait morte d’inquiétude...

Et elle n’avait rien dit. Ni là-bas, ni à la maison. Elle avait passé son après-midi à les regarder, tous, ces garçons paumés, sans repères, qui voulaient seulement attirer l’attention et vivre des choses différentes de ce à quoi ils étaient tous destinés. Ce n’était pas grandiose, mais ils étaient contents d’être là, malgré le fait qu’ils passaient des heures à se plaindre... Que ce seoit de leurs parents, dy système, des cours auxquels ils n’allaient pas...

Hideaki les écoutait et elle ne pouvait que ressentir un peu de compassion et de peine pour eux, ils voulaient seulement qu’on les aime, et qu’on les accepte. Et c’est ce qu’elle fit. Elle suivait son frère tous les jours, silencieusement, et elle écoutait. Parfois, elle parlait, et de plus en plus. Tout le monde l’adorait et la protégeait.

C’était d’ailleurs encore le cas aujourd’hui, même si elle savait très bien se défendre elle-même. Ils avaient été témoins de la chute de jeune fille après le départ de Shuzo, et ils avaient tous essayer de la soutenir, de plusieurs manières différentes, et cela lui avait fait chaud au cœur. Malheureusement aucun d’eux n’avait la force nécessaire pour ça, et elle ne pouvait que plonger inexorablement dans le désespoir de sa propre existence.

Tout avait moins de saveur dans sa vie, ses gâteaux lui paraissaient fades, les câlins de sa mère froids, les blagues de son frère moins drôles... C’était comme s’il lui manquait une partie d’elle, la meilleure partie d’elle.

Peut-être qu’elle ne s’était pas entourer des bonnes personnes à chaque fois, tout le monde vous dira que c’est une mauvaise idée de trainer avec Haizaki Shougo, Hanamiya Makoto ou les voyous d’une bande... Mais elle retrouvait un peu de Shuzo en chacun d’eux.

Et il y avait ce banc, ce banc où tout avait commencé, la première et la dernière fois qu’elle l’avait vu, il y avait eu leur premier câlin aussi, et ils avaient gravés leurs noms dessus. Ils avaient manger des gâteaux ici, et passer des après-midi à n’en plus finir. C’était un endroit rassurant, qui ravivait des souvenirs profonds en elle. Pour rien au monde elle ne l’aurait laissé partir

-C’est vrai, ça fait beaucoup…. On pourrait… je ne sais pas s’il existe encore mais… Ça te dirait qu’on essaie de se donner rendez-vous sur le banc du parc ? A notre QG ? Ce n’est pas que je suis nostalgique… enfin si... Je le suis… mais c’était notre endroit à nous… et je n’en vois pas de meilleur pour donner un nouveau départ à notre amitié…

-Il est toujours à sa place... Exactement comme avant. Ou peut-être un peu plus abimé... Mais... C’est toujours le même. En fait ce parc est considéré comme « malfamé » du coup il est complètement laissé à l’abandon et aucun travaux n’est fait... Mis à part la pelouse qui est tondue 3 fois par an...


La demoiselle haussa les épaules en repensant à ces vieilles qui avaient été jusqu’à contourner le parc afin de ne pas le traverser. Comme si ses amis étaient des sauvages assoiffés de sang près à se jeter sur n’importe quelle personne passant par là... N’importe quoi.

Enfin malheureusement les esprits étriqués ce n’était pas ce qu’il manquait à Tokyo, ni même dans tout le pays, et au final Akina en avait fait une habitude, elle ne faisait plus attention.

Tout comme elle ne faisait même plus attention au fait que le gymnase était souvent dans cet état en ce moment. Visiblement les garçons de l’équipe prenaient bien leurs aises et ils allaient avoir besoin d’une bonne remontrance comme elle en avait le secret. Elle était certaine de le retrouver niquel chrome dans les prochains jours.

-Je vais t’aider…

-Merci c’est gentil.


Elle lui servit un petit sourire avant de commencer son rangement.

-Tu as l’air d’avoir réussi à trouver ta place dans cette équipe. Une équipe avec un fort caractère si je ne me trompe pas…. Je t’admire. Tu as toujours été une fine stratège. Et tu as toujours eut un don avec les garçons paumés… avec les enfants perdus qu’on était …

-C’est vrai... C’est peut-être parce que j’étais moi-même une gamine paumée... Je ne sais pas... Mais je pense qu’il y a du bon en chacun de nous, il suffit juste de le trouver et de le toucher du doigt... Ca peut paraître grotesque mais même Makoto... Il n’est pas si terrible que ça quand on le connaît...


Mais c’est vrai que ce n’était pas évident. Le salaud il lui avait donné du fil à retordre. Vous savez, il est ce genre de garçon à faire très bonne impression, toujours des notes excellentes et ce sourire faux-cul auprès des profs... Il n’y avait qu’une fois dans le gymnase qu’il montrait son vrai visage et la moitié des élèves du lycée n’en savaient rien. Enfin Hideaki aurait pu écrire une thèse complète sur le capitaine, sans omettre bien sûr son amour du chocolat qui était surement aussi puissant que celui de Shuzo... Ce qui la fit sourire un peu.

Elle fut tirée de ses pensées par le bruit de la balle contre le parquet et elle tourna la tête vers lui. Hideaki se demandait s’il avait continué le basket en Amérique... Après tout, c’était le meilleur endroit pour le faire non ? D’ailleurs, il allait rejoindre l’équipe de son lycée ? Et à quel lycée il allait ? Tant de questions auxquelles elle n’avait pas encore de réponses.

Le regarder dribbler, rien que ça lui ravivait des souvenirs impérissables dans son esprit. Les matchs auxquels elle avait assisté, et la joie de la victoire qui pouvait se lire sur son visage.

-Viens Akina… S’il te plait, viens jouer avec moi

-Tu sais très bien que je suis nulle...


Elle fit une petite moue, mi-timide mi-boudeuse, et s’étonna qu’il ne l’ai pas appelé par son surnom. Cela lui donnait un air beaucoup trop solennelle vis-à-vis d’elle (manquerait plus qu’il y rajoute un suffixe tiens...)

La demoiselle s’approcha quand même après avoir ranger quelques serviettes qui trainaient.

-Je me demande si tu as progressé en quatre ans. Je dois encore te porter pour marquer des paniers ?

-Absolument pas...


Elle rigola doucement en attrapant le ballon. En 4 ans, beaucoup avaient essayé de lui apprendre quelques trucs, c’était presque comme un défi pour les garçons de son entourage, que ce soit son capitaine Hanamiya, Hazaiki, Kiyoshi, Aomine, et même son frère... Personne n’avait réussi.  

La manager commença par essayer de dribbler, mais au bout de deux rebonds, le ballon se cogna à son pied et partit dans un coin du gymnase.

-Merde...

Et elle trottina pour aller le chercher avant de le lancer en direction de son ami, mais le geste était trop fort et il lui passa au dessus.

-Fais chier...

Elle fit une nouvelle petite moue avant de lui faire un sourire désolé.

-Je te jure que je fais pas exprès...Mon corps rejette le ballon...

Elle rigola doucement avant d’aller le chercher à nouveau et elle s’approcha de Shuzo en s’appliquant vraiment afin de pouvoir jouer plus de 3 minutes consécutives. C’était vraiment difficile et elle se demandait comment ses joueurs pouvaient tenir le temps d’un match...

Hideaki essaya de le stopper mais Shuzo marqua quand même, après tout elle n’allait pas stopper grand-chose avec sa taille de microbe...

-Moi aussi je veux marquer en fait... Tu m’aide ?

L’adolescente lui fit un petit sourire en sachant très bien ce qu’il allait se passer. A l’époque, elle était tellement petite et nulle en tirs que Shuzo la portait pour qu’elle puisse atteindre le panier et ainsi mettre le ballon directement dedans. C’était de la triche pure et dure, mais cela lui faisait du bien. Et aujourd’hui elle voulait renouer avec ces souvenirs, afin d’en recréer de nouveaux avec lui.

(c)codée par hanameow

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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Lun 24 Oct - 16:46

...
Rainbow Day
avec Akina Hideaki



Ce banc, Shuzo y tenait tant. Parce que c’était là-bas que tout avait commencé. Là-bas qu’il avait rencontré Akina pour la première fois et ce jour-là il ne l’oublierait jamais. Elle faisait partie de la bande bien avant son arrivée. Tout le monde la connaissait comme la petite sœur d’Akito qu’il fallait protéger.

Ce jour-là, Shuzo s’était assis sur le banc. Il savait pertinemment que c’était le point de ralliement d’une bande de garçons au tempérament bien trempé mais il s’en fichait complétement. S’il avait envie de poser son cul ici, il le ferait et personne ne lui interdirait. Et puis elle l’avait rejoint…. Elle s’était assise à côté de lui et elle lui avait demandé comment il s’appelait. Simplement. Naturellement. Elle ne lui avait pas demandé de s’en aller du banc. Elle ne lui avait pas fait la morale non plus. Elle n’avait pas rit de ses cheveux décolorés. Elle ne l’avait pas rouspété parce qu’il fumait. Non… Elle lui avait juste sourit. Elle lui avait parlé.

Quand les autres gars de la bande étaient arrivés, Shuzo s’était attendu à une bagarre pour avoir eut le toupet de s’assoir à leur place. Mais rien. Sans doute qu’ils avaient pensé qu’il était un ami d’Hideaki.

C’est ainsi qu’à partir de ce jour-là, Shuzo vint de plus en plus régulièrement sur le banc. Il sympathisa avec les autres garçons malgré leur différence d’âge. Il venait aussi, et surtout, pour Na-chan. Parce qu’entre eux, le courrant était immédiatement passé et qu’il avait rapidement ressenti le besoin de se trouver à ses côtés. Un besoin partagé

-Il est toujours à sa place... Exactement comme avant. Ou peut-être un peu plus abimé... Mais... C’est toujours le même. En fait ce parc est considéré comme « malfamé » du coup il est complètement laissé à l’abandon et aucun travaux n’est fait... Mis à part la pelouse qui est tondue 3 fois par an...

Shuzo retint un soupir de soulagement. Il se fichait pas mal de la pelouse ou de la mauvaise réputation du parc. Seul comptait leur banc et tous les souvenirs qui y étaient rattachés. En Californie, Shuzo avait un peu retrouvé ce genre de chose. Ce n’était pas un banc mais un terrain de street basket sur lequel il se retrouvait régulièrement avec la bande d’Himuro avec qui il jouait de temps à autre. Ce n’était pas du tout la même ambiance…. C’était agréable avec Tatsuya mais c’était…. Différent

-C’est vrai... C’est peut-être parce que j’étais moi-même une gamine paumée... Je ne sais pas... Mais je pense qu’il y a du bon en chacun de nous, il suffit juste de le trouver et de le toucher du doigt... Ca peut paraître grotesque mais même Makoto... Il n’est pas si terrible que ça quand on le connaît...

Makoto…. Encore un nouveau prénom qui revenait dans la bouche de son amie. Mais lui, à l’instar de Haizaki, Shuzo savait qui il était. Le capitaine redoutable et redoutée de Kirisaki Daiichi. Nijimura l’avait jamais rencontré mais sa réputation avait précédé le joueur peu fair play… Autant dire qu’il avait été surpris d’apprendre que Na-chan s’était mise au service de cette équipe de basket. Bien que stratégiquement irréprochable, Kirisaki n’était pas des plus appréciée… Shuzo le savait, il ne pourrait jamais jouer dans une telle équipe. Question d’éthique.

Pour Shuzo le basket avait été une révélation. Il n’avait pas commencé au plus jeune âge. C’est dans son école primaire, lors des cours de sport, qu’il avait découvert le ballon orange. Ça lui avait immédiatement plus. Ça l’avait attiré sans qu’il ne sache l’expliquer. Il n’y avait qu’en jouant au basket qu’il se sentait aussi bien. Et, avantage à ne pas négligé, il était doué. Ca ne faisait que participer à augmenter son plaisir

Il n’avait pas hésité une seule seconde à s’inscrire dans le club de son collège. Il avait passé les qualifications haut la main et il était entré directement dans le groupe B. Son transfert vers le groupe A s’effectua moins de deux mois plus tard. Une fierté pour lui.

La réponse qu’Hideaki lui fournit le fit éclater de rire. Il ne put se retenir de venir poser sa main sur sa tête pour la patpater avec tendresse

« Tu n’es pas nulle. Tu es…. Douée à ta manière ! »


Shuzo lui sourit pour qu’elle comprenne bien que sa remarque n’avait rien de méchant. Il la taquinait juste comme il le faisait avant. Et puis, le basket, c’est lui qui l’avait initié. Il avait donc eut tout le loisir de constaté l’étendue de sa nullité….  A noter qu’être nulle à ce point-là, c’était presque un art !

La première fois que Shuzo avait parlé de basket avec Akina c’était le jour de son anniversaire. Un 10 juillet ensoleillé. Il était arrivé tout fièrement sur le banc en tenant sous son bras un ballon orange tout neuf que son père et sa mère lui avait offert pour son anniversaire. Et Shuzo en était pas peu fier ! C’était un Spalding édition limitée aux couleurs de l’équipe de la NBA qu’il préférait : les Bulls de Chicago. Nijimura s’était souvent prit à rêver de faire partie de la Dream Team comme Mickeal Jordan. Ce n’était qu’un rêve de gamin inavoué mais le soir, dans son lit, il se plaisait à l’espérer.

Ce jour-là, Shuzo avait délicatement prit la main de Na-chan et il l’avait entrainé jusqu’à un terrain de la ville. Il lui avait montré comment jouer, comment dribler, comment tirer. Il lui avait expliqué les règles et il lui avait parlé de son club de basket. Na-chan l’avait écouté. Peut être s’était-elle ennuyée. Ou peut être avait elle été captivée. Toujours est-il que ce fut le début de leur petite histoire avec le ballon rond. Environ une fois par semaine ils se retrouvaient sur un terrain pour s’amuser et Hideaki ne manquait jamais l’occasion de venir le soutenir ou l’encourager lors des matchs de Teiko. Ça avait duré jusqu’à son départ….

Shuzo avait redoublé d’effort pour lui apprendre les rudiments du basket. Il lui avait montré cinquante fois comment dribler, comment tirer, comment avancer sans perdre le ballon. Il lui avait même montré ses petites astuces secrètes. Il avait décortiqué avec elle la meilleure façon de prendre ses appuis pour bouger sans risquer de se faire voler le ballon. Shuzo avait vraiment tout essayé… Mais rien n’y faisait. La pauvre Na-chan perdait constamment le ballon et chacun de ses tires arrivaient loin à côté du panier…. Et pourtant, elle ne s’était jamais découragée. Elle n’avait jamais voulu arrêter. Elle continuait chaque semaine à s’entrainer. Ou bien était-ce juste pour passer un moment ensemble qu’elle venait ? Dans un cas comme dans l’autre, cela avait participé à resserrer encore davantage les liens qui les unissaient.

Le ballon ripa contre les doigts de la belle manager avant d’aller plus loin. Shuzo courut pour le rattraper puis il fit une passe parfaite à son amie. Une passe ni trop rapide ni trop lente et extrêmement bien centrée. Impossible de la manquer…. Ou pas…. Une nouvelle fois Na-chan n’arriva pas à l’intercepter

-Fais chier...

Shuzo haussa un sourcil. Elle était devenue bien plus grossière que dans ses souvenirs. Les gros mots c’étaient lui qui en avait le monopole avant. Et chaque fois qu’il en disait un, Na-chan ne manquait pas de lui asséner une petite pichenette sur le front. Alors, Shuzo s’approcha d’elle et il se pencha un peu pour lui mettre une pichenette toute légère

« Hep, ton vocabulaire. Je t’aurai bien piqué la menace suprême de la privation de gâteau mais étant donné que  je pâtisse comme un pied… »

Il croisa les bras sur le torse et la regarda. Il avait soudainement l'impression de se prendre pour Midorima. Trop le fréquenter déteignait sur lui....

« Est-ce que je dis des gros mots moi ? Hein ? Putain de bordel de merde ! »


Il rit avant de s’abaisser pour ramasser la balle. Il commença à dribler avant de la regarder

« Je sais que tu ne fais pas exprès. Et je ne pense pas que le ballon te rejette… Tout comme je ne pense pas que tu sois nulle au basket. Tu es manager n’est-ce pas ? Dans ce cas, tu es loin d’être nulle, crois moi »


Shuzo lui déposa le ballon entre les mains. Il lui fit un sourire tandis qu’elle relevait vers lui ses yeux grenats si brillants. Un sourire malicieux s’affichait sur son visage et elle n’aurait même pas eut besoin de parler pour qu’il devine ce à quoi elle pensait.

-Moi aussi je veux marquer en fait... Tu m’aide ?

Voilà ! Il savait que c’était ça ! Et elle était incroyablement mignonne quand elle faisait cette tète là. Une petite moue qui oscillait entre timidité et bouderie assumée. Un peu comme lui d’ailleurs, quand il pinçait les lèvres et qu’il faisait la tête….

Shuzo ne se fit pas prier. Il s’approcha d’elle alors qu’elle se trouvait déjà sous le panier. Il posa ses mains sur ses hanches et il la hissa à bout de bras pour qu’elle puisse atteindre l’arceau et glisser le ballon dedans. Quatre années s’étaient écoulées, mais Hideaki n’avait pas beaucoup grandit, contrairement à lui.

Shuzo la regarda faire et une vague d’émotion le traversa soudainement. C’était comme avant. Rien n’avait changé en finalité. Elle était peut être plus violente, plus grossière et plus caractérielle, mais elle restait la petite Na-chan qu’il fallait porter pour qu’elle mette un panier.

«  Bravo Na-chan ! »

Shuzo la reposa doucement sur le sol et il lui offrit un sourire. Ce panier ne comptait pas, c’était de la triche, mais il fit comme si de rien n’était et il la félicita comme si elle venait de créer un exploit.

«  En fait…. Je suis bien content que tu n’aies pas progressé. Parce que…. Ça me donne encore l’occasion de pouvoir t’aider à marquer des paniers…. »


Dit comme ça, c’était un petit peu égoïste mais c’était réellement ce que Shuzo ressentait. Depuis qu’il l’avait retrouvé, il prenait conscience que sa plus grande peur était de la voir lui échapper. Et il ne pourrait rien faire contre ça…. Rien….

Il alla ramasser la balle et il la lança sans effort dans le bac en tissus qui contenait tous les autres ballons. Voilà, le gymnase était maintenant parfaitement rangé.

« Je pense que je vais devoir y aller…. Je ne fais pas partie de ton lycée et si on me tombe dessus je vais me faire engueuler… »

Il combla en quelques pas l’espace qui les séparait puis il déposa un baiser léger dans ses cheveux avant de la regarder avec une certaine tendresse dans son regard gris

« Tu sais quoi faire pour qu’on se revoit…. Moi… Je n’attends que ça…. Il y a tellement de choses que j’aimerai te dire et apprendre sur toi… et tellement de temps à rattraper aussi …. »

Il prit une inspiration et recula d’un pas

« Appelles moi ok ? »

Un sourire se dessina sur son visage et il se retourna pour prendre la direction de la sortie du gymnase. Il tourna la tête pour lui adresser un dernier regard et un signe de la tête

« Et si je n’ai pas rapidement de tes nouvelles je viens te chercher maintenant que je sais où te trouver ! »

Il poussa la porte du gymnase avant de s’arrêter. Un sourire malicieux, amusé, étira ses lèvres alors qu’il la regarda en prenant appui nonchalamment contre la porte

« Ah et puis….. ca fait longtemps que je n’ai pas mangé de cookie macadamia…. Enfin je dis ca ca… je dis rien … »

Il se mit à rire après lui avoir fait un clin d’œil pour lui faire comprendre que son message subliminal n’était rien d’autre qu’un petit prétexte pour l’embéter plus que pour quémander. Il n’était pas du genre à exiger qu’elle lui fasse des gâteaux… enfin… pas tout à fait…. Mais au delà des cookies et des gâteaux, la seule et unique chose que Shuzo désirait, c’était de pouvoir retrouver leur complicité….



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MessageSujet: Re: Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]   Mar 25 Oct - 13:50

Rainbow days


with Shuzo

A l’époque, Shuzo avait toujours un geste tendre à son égard, cela pouvait aller de la plus petite des caresses au plus chaud des câlins. Et peu importe l’intensité de ce geste, c’était toujours une explosion de bonheur dans le cœur d’Hideaki. Et cette fois ne faisait pas défaut, sentir sa main sur sa tête avec tendresse après tout ce temps, c’était tout bonnement délicieux.

-Tu n’es pas nulle. Tu es…. Douée à ta manière !


Ou comment la caresser dans le sens du poil. C’était un peu comme dire « je ne suis pas roux mais blond vénitien » ou « je ne suis pas gros mais enrobé ». Une façon détournée de dire la chose un peu plus joliment, mais Akina le savait bien qu’elle était nulle... Ou alors on pouvait dire qu’elle était douée dans le pire... C’était presque mignon cette façon de ne pas vouloir la vexer.

Et puis si elle voulait se venger, elle pouvait seulement dire qu’elle était nulle à cause de lui car il ne savait pas apprendre voilà, vu que c’était lui qui avait tenté de lui enseigner les bases. Mais bon, vu que beaucoup avaient essayé ensuite cela revenait à dire qu’elle n’était pas entourée de gens très pédagogues... Et puis ce n’était pas son truc de retourner la faute sur les autres, elle était même le contraire et plutôt du genre à dire que c’était de la sienne alors qu’elle n’avait rien à voir la dedans... (mais seulement pour aider quelqu’un qu’elle appréciait hein, pas folle la guêpe).

Alors que le ballon lui avait encore ripé des mains, elle laissa échappé un juron comme elle en avait trop souvent l’habitude ces derniers temps. Faut dire, elle n’était pas entourée des garçons les plus polis et courtois de l’univers, du coup, immanquablement son comportement était influencé et son vocabulaire auquel elle faisait si attention commençait à se transformer en celui d’un charretier quand cela ne lui plaisait pas.

Elle fut surprise de sentir une petite pichenette sur le front quand Shuzo s’approcha d’elle.

-Hep, ton vocabulaire. Je t’aurai bien piqué la menace suprême de la privation de gâteau mais étant donné que je pâtisse comme un pied…


Ses joues prirent une teinte légerement rosée et un petit sourire étira ses lèvres, c’est dingue le nombre de souvenirs que ce simple petit geste pouvait faire remonter. Des souvenirs dont elle pensait avoir oublié l’existence, mais il arrivait à les faire revivre en elle, c’était agréable.

-Veuillez pardonner mon indélicatesse Nijimura-sama....

-Est-ce que je dis des gros mots moi ? Hein ? Putain de bordel de merde !


Un petit rire se fit entendre, faisant écho à celui de Shuzo, une douce mélodie qui n’avait pas ravie son oreille depuis trop longtemps. Une douce mélodie qui lui gonflait le cœur de la savoir retrouvée, et elle ne voulait jamais plus la perdre.

Si beaucoup de choses avaient changé, elle était heureuse de constater que d’autres avaient subsisté avec le temps, comme sa taille. Loin d’en faire un complexe, elle restait tout de même minuscule, même dans un pays comme le Japon où la taille moyenne n’est pas des plus hautes dans le monde. Et tout était accentué par le fait que la demoiselle ne choisissait quasiment que de grands amis qui jouaient au basket... C’était un peu ridicule parfois de voir Hideaki du haut de ses 1m56 à côté de gaillards qui avoisinaient les 1m80, voir même 90... Mais elle s’en fichait pas mal.

Et puis sa taille était aussi un prétexte pour pouvoir revivre certains moments comme celui là, sentir les bras de Shuzo la hisser jusqu’au panier sans trop de difficulté vu son poids plume, ses mains sur son corps sans rien y sentir de pervers, juste, des mains qui la protège et qui l’aide.

Hideaki glissa le ballon dans l’arceaux sans aucune difficulté et elle poussa un petit cri victorieux.

-Bravo Na-chan !

Elle attendit qu’il la repose au sol pour lui faire un grand sourire tout fier, comme la gamine qu’elle était encore au fond d’elle.

-En fait…. Je suis bien content que tu n’aies pas progressé. Parce que…. Ça me donne encore l’occasion de pouvoir t’aider à marquer des paniers…

-T’inquiète au pire j’aurais pu faire semblant pour que tu m’aides encore~


Mais de là à ce qu’elle en arrive à ce point, il lui faudrait s’entrainer pendant au moins 20 ans, et encore, pas sûr que cela change grand-chose à son niveau...

-Je pense que je vais devoir y aller…. Je ne fais pas partie de ton lycée et si on me tombe dessus je vais me faire engueuler…

-C’est possible en effet...


C’est que ce lycée n’était pas des plus laxistes dans tous les domaines qui soient, et il lui faudrait trouver une bonne excuse pour innocenter Shuzo de sa présence ici alors qu’il n’y avait aucun match qui inviterait sa venue... Mais bon, elle pouvait toujours faire confiance à ses talents de comédienne dans l’urgence.

Tout son corps frissonna légerement quand elle sentit son baiser dans ses cheveux, c’était doux, c’était comme avant. Hideaki était impressionnée de voir à quel point son corps se souvenait de Shuzo même après toutes ces années d’absence.

-Tu sais quoi faire pour qu’on se revoit…. Moi… Je n’attends que ça…. Il y a tellement de choses que j’aimerai te dire et apprendre sur toi… et tellement de temps à rattraper aussi … Appelles moi ok ?

-Dès que possible, je pense qu’on a beaucoup de choses à se raconter...


Elle lui servit un petit sourire un peu timide et repassa sa mèche derrière son oreille alors que cette dernière glissait pour reprendre sa place initiale sur son visage.

-Et si je n’ai pas rapidement de tes nouvelles je viens te chercher maintenant que je sais où te trouver !

-Fais attention je pourrais faire appel à un garde du corps...voir une armée complète !


Elle lui tira malicieusement la langue, comme si elle allait faire ça alors qu’elle n’attendait que de le revoir encore et encore.

-Ah et puis….. ca fait longtemps que je n’ai pas mangé de cookie macadamia…. Enfin je dis ca ca… je dis rien …

-Je vais faire comme si je n’avais rien entendu~


De toute façon elle avait déjà prévu de lui en faire à la seconde même ou le revoir avait été une option envisageable. Elle ne connaissait que trop bien l’amour qu’il portait pour cette recette.

Elle lui fit un signe de main avant qu’il ne parte définitivement et elle s’attela aux derniers rangements et à prendre ses affaires avant de partir a son tour, le cœur léger maintenant que la joie et le soulagement avaient pris la place de la colère et de la rancœur.

Ce con était déjà tout pardonné.

(c)codée par hanameow

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Rainbow Day [ PV Hideaki Akina ]
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